Environnement : "Le régime actuel ne fait pas mieux que les précédents", dénonce Seydi Gassama
Seydi Gassama, executive director of Amnesty International's Senegalese branch, is sounding the alarm about the country's environmental management. According to him, when it comes to protecting the right to a healthy environment, the current regime is doing little better than previous ones.
He points to the opening of cement plants, polluting quarries, and open-air garbage dumps, often located near residential areas. These facilities, he claims, are built with disregard for the concerns of local populations, who suffer the health and environmental consequences without being consulted or protected.
Gassama also denounces the methods used to push through industrial projects: threats, repression, division, exclusion, and coercion. These practices, according to him, serve to validate environmental impact studies commissioned and financed by the developers themselves, calling into question their impartiality and credibility.
Commentaires (11)
Il est incroyable que des entreprises comme Eramet puissent continuer leurs ravages dans le désert de Lompoul, avec des conséquences catastrophiques pour l'environnement, la population locale et leurs activités agricoles.
Pourtant, rĂ©cemment jâai Ă©tĂ© au courant d'actes pris pour la protection de la forĂȘt de Mbao et du Lac rose. Jâai aussi suivi un reportage sur le classement de la forĂȘt de Matam, une mesure salutaire selon les professionnels. Dâailleurs jamais un ministre de lâenvironnement nâa Ă©tĂ© aussi visible que lâactuel, un spĂ©cialiste reconnu. Jâai vu la grande mobilisation de lâEtat, des autoritĂ©s religieuses, de la jeunesse et des adultes, lors de la journĂ©e de lâarbre. Jâai vu toute la mobilisation nationale pour les journĂ©es de salubritĂ©, les challenges pour quartier propres, etc. Jâai vu les mesures prises ou prĂ©vues par les autoritĂ©s pour protĂ©ger la falĂ©mĂ© contre lâorpaillage clandestin. Jâai vu le PrĂ©sident se rendre dans la vallĂ©e pour protĂ©ger et valoriser des terres du Delta. J'ai vu les nouvelles autoritĂ©s stopper le dĂ©peçage de la bande des filaos de guediawaye et le braquage du littoral, pour nous rendre une partie de nos plages. J'ai vu ces autoritĂ©s intensifier la lutte contre le trafic de bois en Casamance et dans le Niokolo. J'ai vu les autoritĂ©s bloquer le razzia de Mbour 4.
Et tout cela ne vaut pas espoir et encouragements ?
Je suis de Saint-Louis et tout jeune lycĂ©en Ă Faidherbe, j'Ă©tais membre d'un club "jeunes nature", initiĂ© par un gĂ©nĂ©reux prof de sciences naturelles, un expatriĂ© qui nous inculqua trĂšs tĂŽt l'amour de l'environnement. AprĂšs le Bac et le supĂ©rieur, je rĂ©side Ă ThiĂšs malgrĂ© mes diffĂ©rentes affectations professionnelles. Que sâest-il passĂ© depuis lors dans cette ville ? Une nature saccagĂ©e, des forĂȘts massacrĂ©es. J'ai vu tous les rĂŽniers abattus derriĂšre le stade Lat Dior pour un lotissement "Sud stade" Ces arbres majestueux avaient contribuĂ© Ă construire les belles cases de la station naissante de Saly Portudal, du Domaine de Nianing, bref Ă l'essor de la si exotique petite cĂŽte Ă l'Ă©poque. Mes cousins Ă plaisanterie, les sĂ©rĂšres, furent dĂ©possĂ©dĂ©s de leur importante et sĂ©culaire source de revenus. Ă chaque fois que je passais avec mon vĂ©hicule de service, j'Ă©tais approchĂ© par un vieux, qui me conta et raconta beaucoup de secrets relatifs Ă cette zone, ses populations, son histoire, ses anecdotes, les malheurs de ces spoliĂ©s qui ne s'en remirent qu'au Bon Dieu. L'injustice administrative a de vieux os dans notre pays! Il fut un de mes premiers amis thiessois, malgrĂ© la diffĂ©rence d'Ăąge Ă l'Ă©poque (moi 28 et lui 70!). J'ai vu disparaĂźtre des forĂȘts Ă la Zac, Ă Thionakh, sur la route de mont Rolland, Ă Keur Issa, Ă Daral Peul, vers Polytechnique, Ă Mbour 3, Ă Keur Massamba GuĂšye. J'ai vĂ©cu le massacre de la forĂȘt classĂ©e de Mbour 4, un vrai scandale. A l'Ă©poque il pleuvait rĂ©guliĂšrement, mes parents bergers Ă©taient Ă©panouis, les produits d'Ă©levage accessibles. Aujourd'hui ils ont Ă©tĂ© chassĂ©s de ces pĂąturages et rĂ©duits Ă errer dans la ville, Ă couper les nimas sous la persĂ©cution des services de cet Ătat qui les a pourtant dĂ©pouillĂ©s de leurs espaces vitaux.
Aujourd'hui si vous avez un hĂŽte Ă ThiĂšs, il n'y aura qu'un cheval de fer Ă visiter. Point de bois de ville, point de jardins, aucune verdure, aucun lac. Les forĂȘts de Bandia et Aliou kagne Ă©loignĂ©es, inaccessibles et hostiles, une vĂ©gĂ©tation ainsi que des animaux sauvages, des reptiles dangereux, des arbres blanchis sous le phosphate et la poussiĂšre de bĂ©ton. Donc nulle part oĂč se reposer, se promener, respirer l'air pur. Sauf Ă se rendre sur les lointaines petite ou grande cĂŽtes.
Voilà le parcours environnemental d'une ville hideuse, défigurée par la boulimie fonciÚre, trahie par les spécialistes qui devaient la protéger.
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