Effondrement d’un immeuble à Thiès : « Trois personnes sont sous les décombres », témoigne un ouvrier
Assane Ndiongue, a mason hired for finishing work on the building that collapsed this morning in the Sud Stade district of Thiès, gives a disturbing account of the tragedy.
According to him, three people are still under the rubble, including two masons from Dakar and a female vendor who was in the building at the time of the collapse.
Assane Ndiongue points out that the building in question is a five-story building (ground floor plus six upper floors). He explains that he was staying on the ground floor to carry out finishing work, along with his son and nephew. This morning, he had gone out with them to work on another construction site. It was upon his return, around 10 a.m., that he discovered the building had collapsed.
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The bricklayer also claims to have noticed, from the very start of construction, that the building did not meet all building codes. This statement raises questions about the conditions under which the building was constructed, while rescue operations continue to search for possible victims under the rubble.
At this stage, the presence and exact number of people buried remain to be confirmed by the competent authorities.
Commentaires (5)
Les difficultés rencontrées lors des opérations de sauvetage à la suite de l’effondrement d’un immeuble en chantier au quartier Sud Stade de Thiès doivent interpeller les pouvoirs publics sur les insuffisances éventuelles en matière de prévention des risques, de qualification professionnelle, de contrôle des travaux et de respect des normes de construction.
Au-delà de l’émotion suscitée par ce drame, il est indispensable d’engager une réflexion approfondie sur les mécanismes de prévention et de responsabilité susceptibles de garantir la sécurité des travailleurs, des futurs occupants et de l’ensemble des citoyens.
1. Renforcer la formation professionnelle dans le secteur du BTP
Les autorités éducatives et les pouvoirs publics doivent s’inspirer des bonnes pratiques développées dans d’autres pays, notamment en Chine, en France, en Iran et dans les pays du Maghreb, en matière de formation technique, d’apprentissage des métiers du bâtiment et de professionnalisation des acteurs du secteur.
Le BTP (Bâtiment et Travaux publics) constitue un secteur stratégique pour le développement économique et social. Il englobe la construction, la rénovation et l’entretien des bâtiments, ainsi que la réalisation des infrastructures publiques et privées.
Il est donc urgent de renforcer les établissements de formation professionnelle, les centres d’apprentissage et les dispositifs de certification des compétences. Une politique ambitieuse dans ce domaine permettrait de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes, de lutter contre le chômage et l’emploi informel, mais également de réduire les risques liés à l’intervention de personnes insuffisamment qualifiées sur les chantiers.
Les chiffres souvent avancés concernant la jeunesse et le manque de qualification doivent toutefois être étayés par des données statistiques officielles afin de mesurer précisément l’ampleur du phénomène et d’adapter les politiques publiques aux besoins réels du marché du travail.
2. Instituer une carte professionnelle obligatoire pour les métiers du BTP
Il serait pertinent d’étudier la mise en place d’une carte professionnelle pour les intervenants du secteur du bâtiment, selon des modalités définies par la réglementation. Cette carte pourrait permettre d’attester les qualifications, les compétences reconnues et, le cas échéant, les habilitations nécessaires à l’exercice de certaines activités présentant des risques particuliers.
Un tel dispositif contribuerait à améliorer la traçabilité des intervenants, à lutter contre l’exercice irrégulier de certaines professions et à renforcer la responsabilisation des entreprises et des professionnels.
Cette mesure devrait s’accompagner d’un système de contrôle effectif, de sanctions proportionnées en cas de manquement et de dispositifs accessibles de formation et de validation des acquis de l’expérience.
3. Renforcer les obligations d’assurance et la responsabilité des constructeurs
Les pouvoirs publics doivent également examiner le renforcement des mécanismes de responsabilité civile et des garanties applicables aux opérations de construction.
En particulier, il convient d’étudier l’instauration ou le renforcement d’une assurance obligatoire couvrant la responsabilité décennale des constructeurs, lorsque le droit applicable le prévoit, ainsi que des garanties adaptées aux risques liés aux travaux de gros œuvre.
Il importe néanmoins de distinguer la responsabilité décennale, qui concerne certains dommages graves affectant notamment la solidité de l’ouvrage ou son aptitude à sa destination selon les conditions légales applicables, de l’assurance qui peut être souscrite pour couvrir cette responsabilité.
L’objectif doit être de garantir une meilleure protection des maîtres d’ouvrage et des acquéreurs, tout en favorisant une prise en charge efficace des dommages relevant des garanties légales ou contractuelles.
Par ailleurs, les exigences relatives aux assurances, aux études techniques, aux contrôles et aux autorisations administratives devraient être intégrées de manière cohérente aux procédures de délivrance du permis de construire, de commencement des travaux et de suivi des chantiers, conformément aux textes en vigueur.
4. Faire du contrôle des chantiers une véritable priorité publique
La prévention des effondrements ne saurait reposer uniquement sur la formation ou sur les assurances. Elle exige également le respect des règles de construction, des études de sol lorsque celles-ci sont nécessaires, des calculs de structure, des prescriptions techniques et des procédures de contrôle.
Les autorités compétentes doivent disposer des moyens humains, techniques et juridiques nécessaires pour effectuer des inspections efficaces, faire cesser les travaux dangereux et engager les responsabilités appropriées lorsque des infractions sont établies.
Il convient également de promouvoir une culture de la prévention dans laquelle chaque intervenant, du maître d’ouvrage à l’entreprise exécutante, en passant par les techniciens et les responsables du suivi des travaux, connaît ses obligations et assume pleinement ses responsabilités.
Conclusion : il est temps d’agir.
Dans un pays où la jeunesse représente un potentiel humain considérable, l’absence de qualifications reconnues, le manque de perspectives professionnelles et les insuffisances éventuelles du contrôle des constructions ne peuvent être traités avec indifférence.
Il ne s’agit pas seulement de construire davantage, mais de construire mieux, dans le respect des normes, de la dignité humaine et du droit à la sécurité.
Les drames liés aux effondrements d’immeubles doivent conduire à des réformes concrètes : formation qualifiante, certification professionnelle, assurances adaptées, contrôles rigoureux et application effective des sanctions prévues par la loi.
Trop, c’est trop. La sécurité des citoyens ne doit jamais être sacrifiée au laxisme, à l’improvisation ou à la recherche du profit. La prévention des risques dans le secteur du BTP doit devenir une exigence nationale et une responsabilité collective.
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