TAS-Maroc-Sénégal : Le président de la séance se prononce et entretient le suspense
The Court of Arbitration for Sport (CAS) is examining this Thursday in Lausanne the case opposing the Senegalese Football Federation (FSF) to the Royal Moroccan Football Federation (FRMF), in the context of the dispute related to the awarding of the title of African champion 2025.
The two federations were heard during a hearing whose proceedings are expected to conclude this afternoon. However, a verdict is not expected immediately, indicated Gérald Simon, the presiding officer of the session.
"I don't think it will be today, nor tomorrow. I'm pretty sure of that," the official said before the start of the hearing, in comments reported by RMC Sport.
According to him, the CAS could release more information after the hearings conclude. The decision could then be issued within a few days, or even several weeks, particularly if the arbitrators choose to draft a full decision with its legal reasoning.
"We may have to wait until this afternoon for more information from the court so that I can give more details," added Gérald Simon.
Commentaires (17)
Le fond du problème, à mon avis, réside dans l’interprétation faite des articles 82, 83 et 84 du règlement de la CAF, avant même de parler des lois de l’IFAB.
Les articles 82, 83 et 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de la CAF prévoient ce qui suit :
- Article 82 : si une équipe se retire de la compétition, ne se présente pas à un match, refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire sans l’autorisation de l’arbitre, elle est considérée comme ayant abandonné le match et est éliminée de la compétition.
- Article 83 : il définit les obligations des équipes, des associations nationales et des officiels concernant le maintien de l’ordre et la responsabilité liée au comportement de leurs joueurs, membres ou supporters.
- Article 84 : l’équipe qui enfreint les dispositions des articles 82 et 83 est définitivement exclue de la compétition et perd le match sur le score de 3 à 0, sauf si l’équipe adverse menait par un score plus avantageux au moment de l’arrêt.
Qu’est-ce qu’il faut comprendre ici ?
Pour qu’il y ait application du forfait prévu à l’article 84, il faut, à mon avis, comprendre que les violations des articles 82 et 83 doivent être établies cumulativement, et non alternativement, c’est-à-dire « 82 ou 83 ». Il y a une grande différence entre les deux interprétations.
Si l’on revient à la décision du Jury de la CAF, on constate qu’elle retient uniquement une violation de l’article 82 et en tire comme conséquence l’application de l’article 84.
Ensuite, même si l’on considère cette deuxième hypothèse, le Jury semble aller au-delà de ce que prévoit son propre règlement, dans la mesure où l’article 82 ne définit pas clairement le cas d’une interruption temporaire du match.
Cet article parle d’« abandon » dans le sens d’un refus de jouer ou d’une volonté de ne plus poursuivre la rencontre. Or, ce n’est pas ce qui s’est passé lors de la finale.
Revenons aux faits.
À la 95e minute, l’arbitre est interpellé après une pression exercée par Brahim, qui n’était pas capitaine et qui, d’ailleurs, aurait dû recevoir un carton.
L’arbitre va ensuite consulter la VAR et, à la 97e minute, siffle le penalty.
À ce moment-là, le match est interrompu. Les joueurs et les arbitres sont toujours sur le terrain et le chronomètre du match continue de tourner. Tout le monde discute sur le terrain.
À la 106e minute, Pape Thiaw demande à ses joueurs de rentrer aux vestiaires. Six d’entre eux y sont effectivement allés. Quatre autres sont restés sur le terrain, où ils continuaient même à discuter avec des joueurs marocains et d’autres personnes présentes.
Sadio Mané, qui se trouvait sur la main courante, consultait Claude Le Roy sur la conduite à tenir. Sans doute ce dernier lui a-t-il conseillé d’aller chercher les six joueurs qui étaient partis aux vestiaires.
C’est ainsi qu’à la 109e minute, Sadio Mané court vers les vestiaires pour aller les chercher et les ramener.
Ce point est important, car il touche directement à la question de l’intentionnalité, qui sera, à mon avis, essentielle dans l’appréciation que fera le TAS.
On ne peut pas, me semble-t-il, parler d’un abandon du match lorsqu’un joueur court dans les vestiaires pour aller chercher ses coéquipiers afin qu’ils reprennent la rencontre.
À la 110e minute, les six joueurs regagnent le terrain sous la supervision de l’arbitre et de son staff. Ceux-ci étaient visiblement soulagés et même contents de voir la situation se débloquer. Des officiels félicitaient même Sadio Mané d’avoir, en quelque sorte, sauvé la finale.
À la 113e minute et 13 secondes, car j’ai revu le match au moins trois fois afin d’avoir vraiment le cœur net sur le déroulement des événements, la situation évolue encore.
Les Marocains ont utilisé ce qu’on appelle l’estoppel en droit : comme ils avaient obtenu un penalty à la 98e minute — c’est-à-dire après les 90 minutes réglementaires et les huit minutes de temps additionnel — et qu’ils avaient la certitude que Brahim allait le transformer, ils n’ont pas jugé nécessaire de demander à l’arbitre de faire appliquer le règlement en distribuant des cartons jaunes.
C’est leur choix et, à mon avis, c’est leur responsabilité.
Mais, comme une justice divine qui semblait vouloir réparer malgré toutes les injustices que le Sénégal avait subies durant le match, Brahim allait finalement manquer le penalty.
Ce qui fut fait.
Les prolongations commencent alors. Pape Gueye marque à la 94e minute des prolongations.
Le match se poursuit ensuite jusqu’à la 125e minute et l’arbitre siffle finalement la fin de la rencontre.
Dans son rapport, publié par le journal Le Monde, l’arbitre a mentionné que le Sénégal avait gagné 1-0 contre le Maroc à l’issue des 120 minutes, malgré une interruption temporaire de quelques minutes due à des protestations.
Les récompenses individuelles et collectives sont ensuite remises, et le Sénégal est officiellement consacré vainqueur de la compétition.
C’est là que, selon moi, se trouve le cœur du problème.
Si le Sénégal avait réellement abandonné le match, pourquoi l’arbitre aurait-il autorisé la reprise de la rencontre ? Pourquoi aurait-il supervisé le retour des six joueurs sur le terrain ? Pourquoi aurait-il poursuivi la rencontre jusqu’au terme des prolongations ? Pourquoi aurait-il ensuite sifflé la fin du match en enregistrant une victoire du Sénégal 1-0 ?
Et surtout, comment peut-on parler d’une volonté définitive d’abandonner lorsque l’un des joueurs les plus importants de l’équipe, Sadio Mané, se rend lui-même dans les vestiaires pour faire revenir ses coéquipiers sur le terrain ?
C’est précisément ce comportement qui me paraît important dans l’appréciation de l’intention.
Enfin, vous avez évoqué un nouvel élément : le nouveau règlement de la FIFA publié en avril 2026, avant la Coupe du monde, qui prévoit désormais qu’une équipe, ou une partie de celle-ci, qui quitte le terrain sans l’autorisation de l’arbitre peut être déclarée forfait.
Si cette nouvelle disposition est bien directement applicable à cette situation, elle constitue justement un élément intéressant pour comprendre que les règlements antérieurs ne prévoyaient peut-être pas de manière suffisamment précise le cas d’une sortie temporaire du terrain suivie d’une reprise de la rencontre.
Autrement dit, si la FIFA a ressenti la nécessité de préciser expressément cette situation dans un nouveau texte, cela peut conforter ceux qui considèrent que l’ancien article 82 ne prévoyait pas clairement l’hypothèse d’une interruption temporaire suivie d’une reprise du match.
Voilà, à mon sens, le véritable problème.
Avant même de se lancer dans une interprétation complexe des lois de l’IFAB, il faut donc commencer par lire attentivement les articles 82, 83 et 84 du règlement de la CAF et se demander simplement si les faits de la finale correspondent réellement aux conditions permettant de déclarer le Sénégal forfait.
Car les faits sont têtus : le Sénégal n’a pas quitté définitivement le match. Les joueurs sont revenus sur le terrain, la rencontre a repris, les prolongations ont été disputées, le Sénégal a marqué, l’arbitre a poursuivi la rencontre jusqu’à son terme et a finalement sifflé la victoire sénégalaise 1-0.
C’est à partir de cette réalité factuelle qu’il faut, à mon avis, interpréter les textes. Ça c'était sur le fond.
Parlons de la forme qui, si c'est avérée, normalement peut faire l'objet de cassure du verdict. Il se dit que le quorum de 5/9 membres ne serait pas atteint car le jury etait de 4 membres dont le Président de la Fédération tunisienne de football dont même Motsepe disait qu'est-ce qu'il faisait là-bas? Si sa présence etait justifiée, on appelle ça, un conflit d’intérêts, de l'impartialité car on ne peut pas etre juge et partie. Un jury est toujours composé de nombre impair et le 4, est un chiffre pair. Enfin, on sait tous que dans un appel, on doit ecouter tous les parties et la délégation sénégalaise par l'entremise d'Abdoulaye Saydou Sow, son SG et représentant, avait dit, ne pas etre écouté. En justice, quand la forme n'est pas bonne, quelque soit la pertinence du fond, il ne doit pas compter. Encore une fois, si ce que je dis là, s'avère vrai.
Vive le Sénégal à JAMAIS!!!!!
Ne Tué pas le Football ⚽️
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