Réseau routier de l’UEMOA : Le taux de dégradation a augmenté de 32 % entre 2022 et 2023
Le constat est sans appel et la situation « préoccupante et insoutenable » pour les pouvoirs publics. Malgré les investissements et les cadres réglementaires, le réseau routier communautaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) subit une dégradation alarmante.
À l’ouverture d’un atelier national sur la mise en œuvre du Règlement numéro 14 de l'UEMOA, ce mercredi à Dakar, Abdoulaye Guèye, secrétaire général du ministère des Infrastructures, a tiré la sonnette d’alarme. Entre 2022 et 2023, le taux de dégradation du réseau routier communautaire a bondi de 32 %. En cause : la persistance des surcharges et l’usage massif de camions modifiés ou non conformes.
Les chiffres du mois d'avril 2026 pour le Sénégal illustrent parfaitement l'ampleur de la crise. Sur 148 885 véhicules lourds contrôlés, 47,71 % étaient en situation de surcharge. Un ratio d’un camion sur deux contrôles. Ceci en dépit de la tolérance de 20 % actuellement appliquée lors du pesage, selon M. Guèye, repris par l’Agence de presse sénégalaise (Aps). Pour les finances publiques, le coût de cette indiscipline est immense. Des études de l’UEMOA démontrent que la surcharge à l’essieu réduit drastiquement la durée de vie des routes et fait exploser les budgets d’entretien.
Adopté en décembre 2005, le Règlement numéro 14 de l’UEMOA devait harmoniser le contrôle du gabarit et du poids des véhicules lourds, en fixant notamment la charge maximale à l'essieu à 11,5 tonnes. L’objectif à l'époque était de ramener le taux de surcharge sous la barre des 10 % en cinq ans.
« Quatorze ans plus tard, il est aisé de constater que l’atteinte de cet objectif demeure encore incertaine », a déploré M. Guèye, rappelant qu’à l'issue de la réunion des experts de l'UEMOA à Bamako en novembre 2024, aucun État membre n’appliquait encore l’intégralité de ce texte.
Faisant figure de leader dans la sous-région, le Sénégal qui applique ce règlement depuis le 9 février 2012 dispose de 24 postes de pesage fixes fonctionnels et 5 brigades mobiles. Notre pays affiche ainsi le maillage le plus dense de l’espace UEMOA. Des investissements qui ont permis de limiter l'agressivité des véhicules sur les routes.
Cependant, des efforts restent à accomplir pour atteindre une harmonisation totale. Le Sénégal applique toujours une tolérance de 20 % sur les surcharges, alors que la déclaration ministérielle de Lomé préconise un seuil de 15 %. De plus, le régime national des amendes n’est pas encore pleinement aligné sur les standards communautaires.
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