Ressources humaines : Les gestionnaires invités à intégrer l'IA pour repenser le management en 2026
L’irruption de l’intelligence artificielle dans les organisations, l’émergence de nouveaux métiers et les défis croissants liés à l’employabilité obligent désormais les professionnels des ressources humaines à repenser intégralement leurs pratiques. Ces enjeux cruciaux ont largement dominé les échanges lors des panels axés sur le thème « La fonction RH en 2026 : bilan, mutations et perspectives », qui se sont tenus ce samedi 13 juin 2026.
Selon les organisateurs, les réformes de gouvernance, la digitalisation accélérée des entreprises, l’essor de l’intelligence artificielle et l’évolution rapide des attentes des travailleurs redessinent profondément les contours du métier de responsable des ressources humaines. Dans de nombreuses organisations sénégalaises toutefois, les méthodes de gestion traditionnelles demeurent insuffisamment adaptées à ces nouvelles réalités technologiques et managériales.
Intervenant au cours des échanges, l’enseignant-chercheur Pr Brahim Gaye a souligné que les bouleversements technologiques ne se limitent plus aux simples outils de travail. « L’IA bouleverse la manière de travailler, la manière de fonctionner et la manière d’être ensemble », a-t-il indiqué. À cette révolution numérique s’ajoutent de nouvelles exigences exprimées par les salariés, qui se montrent aujourd'hui davantage en quête de sens, d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que de meilleures conditions de rémunération.
Soutenant fermement l’initiative, l’administrateur général de la Fondation du Port autonome de Dakar (PAD), Diouma Tirera, estime que les entreprises doivent impérativement adapter leur gestion du capital humain aux mutations structurelles liées à l’intelligence artificielle et aux nouveaux métiers. « Le monde est en mutation », a rappelé le dirigeant pour situer les responsabilités des décideurs.
Le Dr Touba Fall, conseiller technique et expert en ressources humaines au PAD, a rappelé pour sa part que la fonction elle-même a radicalement changé de dimension. « On parlait autrefois de directeurs du personnel. Aujourd’hui, on parle davantage de directeurs du capital humain parce que les concepts et les pratiques ont évolué », a-t-il précisé face à l'assistance.
L’expert a notamment insisté sur les défis majeurs liés à l’emploi et à la formation continue. Face à l’émergence de nouveaux profils métiers et à l’obsolescence rapide des compétences recherchées, les professionnels des ressources humaines entendent contribuer activement à l’élaboration de référentiels de compétences et de formation beaucoup plus adaptés aux besoins immédiats et futurs du marché du travail.
Au-delà du simple diagnostic, ces assises ambitionnent de déboucher sur des recommandations opérationnelles concrètes destinées aux entreprises, aux instituts de formation et aux pouvoirs publics. L’objectif affiché est de mieux préparer les organisations sénégalaises aux transformations systémiques en cours tout en renforçant la compétitivité du capital humain national.
« Si le Sénégal veut être performant, il faut disposer de ressources humaines de qualité et en quantité », a soutenu le Dr Touba Fall, résumant ainsi l’un des principaux défis soulevés au cours des travaux.
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