Sur la côte vénézuélienne, une mère cherche à mains nues son fils sous les gravats
L'homme a disparu dans l'effondrement d'un immeuble de La Guaira, station balnéaire très durement touchée, située à 40 kilomètres au nord de Caracas. La localité a été déclarée zone sinistrée par les autorités et l'aéroport international voisin de Maiquetía, endommagé, a été fermé.
A Los Corales, un quartier de classe moyenne de cette ville d'environ 25.000 habitants prisée des habitants de la capitale, Amparo del Giudice tente l'impossible, désespérée.
"Il y a beaucoup trop de gravats, on ne peut pas y arriver à mains nues", se décourage-t-elle, impuissante, assise à quelques mètres de l'endroit où elle pense que son fils se trouve, et pestant contre le manque d'aide de la part des autorités.
Autour d'elle, les grands immeubles dotés de piscines ont pour la plupart été endommagés par les séismes de magnitude 7,2 puis 7,5 qui ont frappé mercredi soir le pays, le plus puissant tremblement ayant secoué le Venezuela depuis 1900, selon le Service géologique des Etats-Unis (USGS).
Alessandro del Giudice, 23 ans, s'est coiffé de son casque de pompier volontaire pour aider Amparo, sa grand-mère, à déblayer, espérant trouver un signe de vie de son père. "Il est là", sanglote-t-il.
Delcy Rodríguez, présidente par intérim depuis la capture de Nicolás Maduro par les Etats-Unis, s'est rendue jeudi dans cette région qu'elle a déclarée "zone sinistrée" et où l'AFP a constaté des pillages.
Le ministre de la Santé, Carlos Alvarado, a fait état jeudi soir d'au moins 235 morts et 4.300 blessés dans le pays.
Au lendemain du tremblement de terre, des nuages de poussière flottaient encore entre les luxueux immeubles avec vue sur la mer des Caraïbes, désormais réduits à des montagnes de décombres et de douleur.
Une grande partie des bâtiments encore debout le long de la côte menacent de subir le même sort en raison des nombreuses répliques. Les plus endommagés craquent à chaque secousse.
Deux hôtels cinq étoiles s'ajoutent aux constructions effondrées.
La route principale qui longe La Guaira s'est déchirée en plusieurs endroits.
Des équipes de secours et des bénévoles escaladent les monticules de décombres, qui étaient encore des immeubles de 15 étages la veille.
D'entre les parois lézardées, résonnent les cris appelant les prénoms des disparus. Sur les réseaux sociaux, des images glaçant le sang ont montré des voix désespérés sortant de terre.
"Famille Pérez, vivants", veut rassurer une inscription sur le côté d'une maison qui semble arrachée du sol.
Partout autour, des mines aussi détruites que les bâtiments.
AFP
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