Vallée du fleuve Sénégal : le PRDC-VFS mise sur les chaînes de valeur agropastorales pour booster l’économie transfrontalière
Le Projet de résilience et de développement communautaire de la vallée du fleuve Sénégal (PRDC-VFS) entend accélérer le développement des filières agricoles et pastorales entre le Sénégal et la Mauritanie. Réunis à Saint-Louis dans le cadre d’un atelier régional de deux jours, les acteurs planchent sur les investissements prioritaires à réaliser pour renforcer la compétitivité des filières, améliorer les revenus des producteurs et favoriser la création d’emplois.
La vallée du fleuve Sénégal dispose d’un important potentiel agricole et pastoral, mais son exploitation reste confrontée à plusieurs obstacles structurels. Pour mieux valoriser ces ressources et renforcer les échanges économiques entre le Sénégal et la Mauritanie, le PRDC-VFS engage une nouvelle étape de son intervention, axée sur le développement des chaînes de valeur agropastorales.
C’est dans cette perspective qu’un atelier régional est organisé autour du thème : « Promouvoir la résilience, la connectivité et l’intégration transfrontalière des filières agropastorales ». La rencontre vise notamment à partager les résultats de la cartographie des chaînes de valeur de la vallée du fleuve Sénégal et à identifier les investissements prioritaires susceptibles de soutenir leur développement.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le coordonnateur du PRDC-VFS, Mamadou Diedhiou, a insisté sur l’importance de cette démarche pour passer du diagnostic à des actions concrètes. Il a rappelé que le projet, fruit d’une initiative conjointe du Sénégal et de la Mauritanie avec l’appui financier de la Banque mondiale, ambitionne d’améliorer l’accès des populations frontalières à des infrastructures et à des services intégrés, inclusifs et adaptés aux effets du changement climatique.
Le projet repose sur trois principaux axes d’intervention : le renforcement de la résilience communautaire et de l’inclusion, la réalisation d’investissements prioritaires pour améliorer la connectivité des territoires, ainsi que la coordination régionale et la gestion des connaissances.
Quatre filières au cœur des discussions
L’agriculture et l’élevage occupent une place stratégique dans l’économie des territoires riverains du fleuve Sénégal. Toutefois, les acteurs restent confrontés à des difficultés liées à la maîtrise de l’eau, à l’accès aux intrants de qualité, à la conservation et à la transformation des produits, au stockage, à la commercialisation et au financement des activités.
Pour mieux cerner ces contraintes, le PRDC-VFS a commandité une étude de cartographie des chaînes de valeur agropastorales, avec l’accompagnement technique de l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (IPAR).
Cette étude doit permettre de mieux identifier les potentialités des différentes filières, les acteurs impliqués et les obstacles qui freinent leur compétitivité. Ses conclusions serviront de base à la définition des investissements prioritaires dans le cadre de la sous-composante 2b du projet, consacrée au développement des chaînes de valeur agropastorales.
Durant les deux journées de travaux, les participants vont examiner quatre secteurs majeurs : la filière céréalière, notamment le riz ; l’horticulture, avec l’oignon, la tomate, le gombo et le piment ; l’élevage, à travers le lait, les petits ruminants et le fourrage ; ainsi que le secteur privé, les partenariats et l’emploi.
Au-delà des infrastructures, la question du financement et de la durabilité
Pour Mamadou Diedhiou, la réussite de cette initiative ne dépendra pas uniquement de la réalisation d’infrastructures. Le coordonnateur du PRDC-VFS a particulièrement attiré l’attention sur deux enjeux transversaux : la durabilité des équipements et l’accès à des financements agricoles adaptés.
Il estime indispensable de mettre en place des modèles économiques efficaces pour assurer la gestion, l’exploitation, la maintenance et le renouvellement des infrastructures. De même, les producteurs, les organisations professionnelles et les petites et moyennes entreprises doivent pouvoir bénéficier de mécanismes de financement correspondant à leurs réalités et à leurs capacités.
L’objectif est de faire en sorte que les investissements envisagés produisent des retombées économiques durables, notamment à travers l’amélioration des revenus des producteurs, la création de valeur ajoutée, le renforcement de la compétitivité des filières et la génération d’emplois.
Le Sénégal et la Mauritanie appelés à renforcer leur coopération
La dimension transfrontalière constitue également un enjeu majeur de cette initiative. Pour le coordonnateur du projet, le fleuve Sénégal ne doit pas être considéré comme une frontière séparant deux territoires, mais comme un espace commun de production, d’échanges et de solidarité.
Le développement des filières agropastorales nécessite ainsi une meilleure complémentarité entre les territoires sénégalais et mauritaniens, une fluidification des échanges commerciaux et une mutualisation des expériences.
À travers cet atelier, le PRDC-VFS ambitionne donc de faire émerger des recommandations opérationnelles et des priorités clairement définies, susceptibles d’orienter les futurs investissements.
Mamadou Diedhiou a, enfin, réaffirmé l’engagement de l’équipe de coordination à travailler avec l’ensemble des parties prenantes pour traduire les conclusions de la rencontre en réalisations concrètes au profit des populations de la vallée du fleuve Sénégal.
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