Washington veut exclure l'Afrique du Sud et le Rwanda de l'accord commercial Afrique-USA
L'AGOA est une pièce maîtresse des relations commerciales entre les États-Unis et les pays africains. Il permet aux pays africains d'exporter de nombreux produits vers les États-Unis sans droits de douane.
Une trentaine de pays sur la cinquantaine du continent africain bénéficient en théorie de l'accord, qui couvre un large éventail de produits allant de l'habillement à l'igname en passant par les voitures.
Il a été renouvelé en septembre dernier par le Congrès américain.
L'Afrique du Sud figure parmi les principaux bénéficiaires mais Pretoria est dans le viseur du gouvernement américain, qui lui reproche une prétendue persécution des Afrikaners - des descendants des colons blancs européens.
Le ministère du Commerce sud-africain espérait encore jeudi une décision positive de la part de la Maison Blanche, estimant que ce serait dans le meilleur intérêt des Etats-Unis et de l'Afrique du Sud.
Mais, "en se basant sur la revue annuelle" de l'accord réalisée ces dernières semaines, "le président Trump a estimé que les gouvernements du Rwanda et de l'Afrique du Sud ont pris part à des pratiques qui ne respectent pas les critères d'éligibilité à l'AGOA", a déclaré dans un communiqué M. Greer.
La décision sera effective au 1er janvier prochain.
Concernant Pretoria, Washington reproche notamment des limitations au commerce et investissements américains dans le pays, le niveau de corruption ainsi que des menaces à la sécurité nationale des Etats-Unis et à ses intérêts en terme de politique étrangère.
Dans un communiqué, l'association des producteurs d'agrumes d'Afrique australe a regretté une décision qui portera "un coup sérieux à l'industrie", "l'ensemble de la chaîne de valeur, de part et d'autre de l'Atlantique, est menacée", a regrette son directeur général, Boitshoko Ntshabele.
L'Afrique du sud est le deuxième producteur mondial d'agrumes derrière l'Espagne, ces fruits étant son principal produit agricole à l'exportation.
Les reproches sont différents à l'égard de Kigali, Le communiqué du USTR citant parmi les raisons l'Etat de droit, le pluralisme politique, les droits des travailleurs et plus largement le respect des droits de l'Homme.
Mais il pointe également du doigt des problématiques plus économiques, comme les barrières tarifaires et aux investissements, là encore.
Les relations entre les Etats-Unis et le Rwanda se sont particulièrement tendues ces derniers mois, Washington accusant Kigali de continuer à soutenir le groupe armé congolais M23, financièrement et militairement, et de profiter de la situation chaotique dans l'est de son grand voisin, la République démocratique du Congo (RDC).
La Maison Blanche tente de son côté de parvenir à y finaliser un accord de paix afin de mettre fin à un conflit de plus de 30 ans ayant fait des centaines de milliers de morts.
Début 2025, le M23, qui contrôlait déjà de vastes pans de territoire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, s'est emparé des grandes villes de Goma et Bukavu, au terme d'une offensive particulièrement meurtrière.
AFP
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