Le Burkina convoque l'ambassadeur de l'UE après les propos critiques d'un eurodéputé
L'ambassadeur de l'Union européenne (UE) au Burkina Faso a été convoqué lundi à Ouagadougou par le ministre des Affaires étrangères, après l'adoption d'une résolution par le Parlement européen et les propos critiques d'un eurodéputé dénonçant "l'échec" de la junte au pouvoir dans ce pays confronté à des violences jihadistes.
Le Burkina Faso est gouverné par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un putsch en septembre 2022, qui mène une politique hostile à l'Occident et répressive envers toute voix critique, en revendiquant que son pays n'est pas une démocratie.
Jeudi, l'eurodéputé Christophe Gomart avait porté devant le Parlement européen une résolution dénonçant la "répression de l'espace civique et des libertés fondamentales au Burkina Faso", appelant à des enquêtes indépendantes sur les allégations de "violations des droits humains" et faisant part "de graves préoccupations quant à l'influence de la Russie" dans ce pays.
Le texte, non contraignant, a été adopté par 476 voix pour, 11 voix contre et 75 abstentions.
"Suite à la résolution adoptée par le Parlement européen visant le Burkina Faso ainsi que les propos accusateurs, grossiers et mensongers livrés à l’occasion par l’eurodéputé, le Français Christophe Gomart, le gouvernement à travers le ministre des Affaires étrangères, a convoqué l’ambassadeur chef de la délégation de l’Union européenne à Ouagadougou, Philippe Bronchain, dans la matinée de ce 22 juin", a annoncé le ministère dans un communiqué.
"A travers cette démarche, le gouvernement du Burkina Faso a voulu exprimer sa désapprobation, sa déception et surtout le dégoût que cette résolution suscite", a-t-il écrit.
"En quatre ans, le pays s'est progressivement isolé de la communauté internationale, a été suspendu de plusieurs organisations régionales et internationales, tandis que les libertés fondamentales y sont méthodiquement réduites", a dépeint cet ancien chef du renseignement militaire français.
"La situation sécuritaire s'est aggravée, plus de la moitié du territoire échappe au contrôle de l'Etat", a-t-il ajouté, rappelant la présence de l'armée française engagée dans la lutte antijihadiste, forcée au départ en 2023.
Le pays est confronté depuis une décennie aux offensives meurtrières de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique sur de larges pans de son territoire que le régime peine à endiguer, et qui ont fait des milliers de morts.
AFP
Commentaires (5)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.