Guinée Bissau : Des plateformes contestent le référendum et dénoncent le silence de la CEDEAO
La tension politique ne faiblit pas en Guinée-Bissau. Dans une déclaration commune datée du mercredi 22 juillet 2026, la Plateforme de l’Alliance inclusive – Terra Ranka (PAI‑TR) et l’Alliance patriotique inclusive Cabas Garandi (API‑CG) rejettent catégoriquement toute révision constitutionnelle ou référendum imposé par les autorités de la transition. Pour elles, « il ne peut y avoir de transition crédible sans légitimité », ni d’élections libres tant que les principaux acteurs politiques demeurent détenus ou exclus de la vie nationale.
Signée par António Samba Baldé et Jorge Fernandes, la déclaration accuse la CEDEAO d’avoir validé le coup d’État en Guinée Bissau. Les plateformes dénoncent un « ordre constitutionnel fabriqué dans les bureaux », estimant que le communiqué final du 69e sommet en Sierra Leone contredit les engagements pris lors du 68e sommet de décembre 2025, qui prônait une transition civile brève et inclusive.
Les coalitions rappellent que la situation politique et les droits fondamentaux n’ont pas progressé depuis décembre 2025 : détentions arbitraires, fermetures de sièges de partis, restrictions des libertés publiques. La détention de Domingos Simões Pereira par un tribunal militaire illustre, selon elles, le refus des autorités de respecter les décisions régionales. Sa libération, ainsi que celle de tous les détenus politiques, est présentée comme une obligation politique, juridique et morale, et non comme un geste de bonne volonté.
Le PAI‑TR et l’API‑CG exigent des mesures concrètes et vérifiables de la CEDEAO, assorties de sanctions individuelles et financières en cas de non‑respect. Elles réclament une médiation internationale « véritablement impartiale », transparente et inclusive, orientée vers la défense de la souveraineté populaire et non vers la légitimation du régime de transition.
Leur cahier de revendications est sans équivoque : reconnaissance de l’effondrement de l’ordre constitutionnel, libération immédiate de Domingos Simões Pereira et des détenus politiques, ouverture d’un dialogue national inclusif, organisation de référendums ou d'élections uniquement dans un climat de liberté et de sécurité, et l'envoi d’une mission internationale indépendante pour évaluer la situation des droits humains.
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