Kenya: des étudiantes seront inculpées pour 16 meurtres après l'embrasement d'un dortoir
Des étudiantes kényanes vont être inculpées pour les meurtres de 16 camarades dans l'embrasement dévastateur d'un dortoir fin mai, qui avait endeuillé le pays d'Afrique de l'Est, a annoncé mardi le parquet.
Seize élèves, âgées de 15 à 18 ans, ont péri et 132 ont été blessées dans l'incendie qui s'est déclaré peu après minuit le 28 mai dans un dortoir de l'école de filles Utumishi de Gilgil, à une centaine de kilomètres au nord de Nairobi.
Neuf élèves de cette académie, qui accueillait principalement des enfants de policiers, se trouvent toujours en garde à vue. La plupart d'entre elles avaient été arrêtées le 29 mai, au lendemain du drame, pour "incendie volontaire".
"Après un examen attentif des preuves" du dossier d'enquête préliminaire transmis par la direction des enquêtes criminelles, le parquet national a indiqué avoir "approuvé les poursuites contre les élèves impliquées."
"Les suspectes seront poursuivies pour seize chefs d'accusation de meurtre liés à cet incident", a-t-il ajouté sur X.
Un porte-parole du parquet a précisé à l'AFP que suite à l'approbation des charges, des étudiantes seront formellement inculpées au tribunal, "probablement demain", sans préciser combien d'entre elles le seront, car elles sont mineures.
Beaucoup d'élèves sont en pension au Kenya, héritage des missionnaires et de la colonisation britannique.
Le pays d'Afrique de l'Est a déjà connu d'innombrables incendies meurtriers dans les dortoirs de ces établissements scolaires : pas moins de 47 d'entre eux ont été recensés en 2026 seulement par la Croix-Rouge kényane.
Plusieurs autres incendies se sont déclarés depuis celui d'Utumishi et des dizaines d’internats ont renvoyé leurs élèves chez eux pour éviter des catastrophes similaires.
Les experts évoquent des attaques par mimétisme, mais aussi des années de frustration accumulée face à un système éducatif sous-doté et extrêmement exigeant.
Le parquet national a exprimé sa "profonde préoccupation face à la récente augmentation des incendies criminels et autres actes de délinquance dans les établissements d'enseignement du pays."
"Nous tenons à rappeler aux élèves et au public que les personnes reconnues coupables de tels délits seront poursuivies", a-t-il martelé.
AFP
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