En tournée à Saint-Louis : le ministre de l’Agriculture face aux défis de la campagne agricole
En tournée dans la région de Saint-Louis pour suivre la campagne agricole 2026, le ministre de l’Agriculture, Dr Cheikh Oumar Bâ, a échangé avec les acteurs de la filière. Aménagements, coût de l’électricité, mécanisation, endettement et mévente du riz : plusieurs défis ont été exposés, avec en toile de fond l’ambition de renforcer la souveraineté alimentaire du Sénégal.
Au cœur des discussions : l’état d’avancement de la campagne, les difficultés rencontrées par les acteurs et les solutions à mettre en œuvre pour renforcer la production et la souveraineté alimentaire.
Sur le terrain, le ministre a notamment relevé plusieurs défis liés aux aménagements agricoles. Il a insisté sur la nécessité de réhabiliter certains périmètres, d’en créer de nouveaux et surtout d’améliorer la qualité du drainage dans le delta du fleuve Sénégal.
Le coût de production figure également parmi les principales préoccupations. Selon le ministre, environ 40 % de ce coût seraient liés à l’électricité. Face à cette situation, la solarisation des équipements pourrait constituer une partie de la solution.
La mécanisation agricole reste également un enjeu majeur. Dr Cheikh Oumar Bâ a toutefois appelé à valoriser les initiatives qui fonctionnent déjà dans la vallée, citant notamment les expériences développées depuis le foyer de Ronk ainsi que les efforts réalisés par les riziers, les producteurs et les productrices.
Le ministre a aussi salué l’implication du secteur privé, notamment à travers des initiatives visant à mobiliser les différents acteurs de la chaîne de valeur. Il a rappelé que l’État doit jouer son rôle de régulateur et intervenir lorsque les producteurs ou les opérateurs rencontrent des difficultés qui empêchent leur développement.
12 000 tonnes de riz déjà écoulées
La commercialisation demeure toutefois l’un des principaux points de tension. Le ministre a indiqué que 12 000 tonnes de riz avaient déjà été enlevées, tout en reconnaissant que des efforts restent à faire pour résorber les stocks.
La situation est particulièrement préoccupante pour les riziers. Le président de l’Association nationale des riziers (ANR), Ali Diagne, a fait état d’une mévente qui dure depuis environ un an. Selon lui, près de 42 000 tonnes de riz étaient en souffrance, dont seulement 12 000 tonnes ont pour l’heure été enlevées par les importateurs.
Cette situation pénalise directement les producteurs qui attendent toujours que les riziers puissent acheter leur production. Mais ces derniers expliquent que les enlèvements déjà effectués ont servi à rembourser les banques.
Ali Diagne a ainsi appelé à une concertation avec l’État afin de trouver des solutions et de préserver la filière rizicole.
Autre difficulté soulevée lors des échanges : l’endettement du secteur, qui s’élève à 9 milliards de francs CFA. Le ministre a assuré que plusieurs pistes étaient actuellement étudiées pour apporter une réponse à cette situation.
Dr Cheikh Oumar Bâ a par ailleurs insisté sur la nécessité de clarifier les responsabilités entre l’État, le secteur privé et les différents acteurs de la filière. Selon lui, les problèmes pouvant être réglés immédiatement doivent l’être sur place, tandis que les autres doivent faire l’objet d’une concertation plus approfondie, fondée sur des données et des éléments scientifiques.
Les petites unités réclament un renforcement de leurs capacités
Les transformateurs ont également profité de la visite ministérielle pour exposer leurs difficultés. Mouhamadou Moustapha Mbodj, président des petites unités de transformation, a plaidé pour le relèvement du plateau technique afin de permettre aux unités de proximité de renforcer leurs capacités.
« Nous sommes des transformateurs de proximité », a-t-il rappelé, soulignant leur proximité avec les producteurs et leur rôle dans la chaîne de valeur.
Au terme de cette étape, le ministre a annoncé la poursuite des concertations avec les différents acteurs, notamment le Comité interprofessionnel du riz (CIRIZ), l’Association Nationale des Riziers (ANR) et l’Agence nationale de la recherche (ANR), tout en réaffirmant l’importance de la SAED dans le développement agricole de la vallée.
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