Saisie de 50 tonnes de maïs à Bakel : L'UNACOIS/Yeesal crie au scandale et dénonce une vente aux enchères fantôme
C'est une affaire de saisie et de liquidation de marchandise qui suscite de vives tensions dans le département de Bakel. Les 50 tonnes de maïs appartenant au commerçant Aliou Camara, saisis le 12 septembre 2026 par la Sous-Brigade d'hygiène locale sous le prétexte qu’elles seraient impropres à la consommation humaine, ont été vendues dans des conditions que l'organisation patronale juge particulièrement suspectes. Face aux nombreuses zones d'ombre qui entourent cette procédure, les commerçants interpellent directement les plus hautes autorités pour que toute la lumière soit faite.
Lors d’un point de presse tenu par la section départementale de l'UNACOIS/Yeesal de Bakel, son secrétaire général, Daouda Ndiaye, a brandi un document officiel attestant que le maïs incriminé disposait d’un certificat phytosanitaire en bonne et due forme, délivré le 9 septembre 2026, soit trois jours à peine avant l'intervention des agents de l'hygiène.
À la suite de l'opération de contrôle, le chef de la Sous-Brigade d’hygiène a saisi le président du Tribunal d’instance de Bakel sur le fondement de l’article L.45 de la loi n° 83-71 portant Code de l’hygiène. Par ordonnance n° 342, la juridiction a prononcé la confiscation des 50 tonnes au profit du service d'hygiène, en précisant que le produit de la vente devait être directement reversé au Trésor public. L'organisation professionnelle s’interroge toutefois sur le fondement juridique réel de cette confiscation et sur les conditions dans lesquelles les droits de propriété de l'opérateur économique ont été sciemment ignorés.
Au-delà de la confiscation, le commerçant lésé s’est vu réclamer puis s'est acquitté d'une somme de 750 000 francs CFA au bureau de la Sous-Brigade d’hygiène de Bakel, un versement qui a fait l’objet de reçus. L'UNACOIS/Yeesal exige des explications sur la nature légale de cette perception et demande sa restitution immédiate si ce paiement ne repose sur aucun texte de loi.
Les conditions de la vente aux enchères suscitent tout autant d'incompréhension. Alors qu'un communiqué du Bureau des Domaines de Tambacounda annonçait la mise aux enchères publiques du maïs pour le 29 octobre 2026, la section patronale affirme n’avoir reçu l'avis que dans la nuit du 28 octobre, soit à quelques heures de l'échéance. De plus, le document restait très imprécis sur la localisation, mentionnant la commune de Bakel sans indication d'heure ni de lieu exact.
Le jour J, des émissaires de l'organisation se sont rendus au dépôt de stockage de la marchandise sans y constater la moindre animation de vente publique. Orientés ensuite vers les locaux du service d’hygiène, ils se sont heurtés aux déclarations d'un agent de la structure qui assurait n'avoir connaissance d'aucune enchère organisée sur place.
Ces contradictions s'accentuent avec l'attribution de la totalité du stock de 50 tonnes à un unique acquéreur. L'UNACOIS/Yeesal exige la publication officielle de l'identité de cet acheteur et des conditions de sa sélection, demandant qui l'a informé des modalités de la vente, combien d'enchérisseurs étaient présents et où l'opération a effectivement eu lieu. Sur le plan financier, le préjudice apparaît d'autant plus lourd que le propriétaire avait acheté le lot pour un montant de 10 000 000 de francs CFA, alors que le reçu de vente présenté fait état d'un produit d'adjudication de 2 575 000 francs CFA seulement.
Face à ce qu'elle qualifie d'anomalie administrative majeure, la section départementale de l'UNACOIS/Yeesal de Bakel réclame l’ouverture immédiate d’une enquête administrative et judiciaire, la communication de l'ensemble des procès-verbaux de saisie et d'adjudication, la justification des 750 000 francs CFA perçus ainsi que la suspension d'urgence de la livraison du maïs à l'acquéreur en attendant les conclusions des vérifications. Les commerçants rappellent qu'ils ne réclament aucun privilège mais exigent la stricte application de la loi et la protection des opérateurs économiques face aux dérives institutionnelles.
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