Sécheresse à Malem-Hodar et Koungheul : La détresse de producteurs sans récoltes
Dans plusieurs villages des départements de Malem-Hodar et Koungheul, l’espoir d’une bonne récolte s’est progressivement effondré. Dans les champs de mil, de maïs et d’arachide, les producteurs constatent l'ampleur des dégâts causés par un déficit pluviométrique sévère et de longues pauses sèches. Dans certaines zones, les agriculteurs parlent déjà d'une campagne agricole perdue.
La tournée de suivi effectuée par le mouvement Aar Sunu Moomeel a permis d'évaluer la gravité de la situation dans plusieurs localités, notamment à Malem Thialène et Malem Thiérine (commune de Sagna), à Fass Bamba (commune de Fass Thiéckène), ainsi qu’à Darou Salam et Médina Salam (commune de Saly Escale).
À Malem Thialène, Mor Ba ne cache pas son désarroi face à des parcelles dévastées : « Nous sommes très durement impactés cette année par le déficit pluviométrique. Nous n’avons plus aucun espoir pour cette campagne. Tous nos champs de mil, de maïs et d’arachide sont touchés, souffrant à la fois du manque d'eau et des attaques d’insectes. Nous interpellons l’État du Sénégal pour qu’il nous vienne en aide. Cette année, nous risquons de ne rien récolter. »
Des investissements colossaux partis en fumée
Le constat est tout aussi alarment à Médina Salam, dans la commune de Saly Escale. Devant une exploitation de maïs de plus de 80 hectares, Cheikh Omar Lo montre les séquelles d'une longue pause pluviométrique survenue en pleine phase de floraison : « La sécheresse s'est installée au moment où les plants avaient le plus besoin d’eau. Aujourd’hui, dans ce village, nous ne récolterons pas un seul kilogramme de maïs, de mil ou d’arachide. »
Derrière ces récoltes compromis, ce sont des capitaux importants qui s'envolent. Le producteur indique avoir engagé près de deux millions de francs CFA dans son exploitation. « Comment allons-nous surmonter cette crise et l’insécurité alimentaire qui s’annonce ? Le bétail aussi va en souffrir. C’est pourquoi nous invitons les autorités à prendre des mesures d’urgence pour nous aider à traverser cette épreuve. »
À Fass Bamba (commune de Fass Thiéckène), l’imam Abdoulaye Sall déplore également l'absence de soutien institutionnel sur le terrain : « Le mouvement Aar Sunu Moomeel est venu s’enquérir de la catastrophe qui frappe nos cultures. C’est une situation critique. Mais jusqu’à présent, aucune autorité administrative, locale ou ministérielle n'est venue constater les dégâts ni nous proposer un accompagnement. »
L'ombre d'une crise alimentaire et sociale
Pour les ménages de ces localités, dont la subsistance repose exclusivement sur la terre, la perte des récoltes menace directement la sécurité alimentaire, les revenus familiaux et la survie du cheptel.
Bassirou Ba, membre de la délégation d’Aar Sunu Moomeel, lance un appel solennel aux pouvoirs publics : « Nous lançons une alerte à l’État. Dans ces villages, les populations vivent exclusivement de l’agriculture. Cette tournée nous a permis de voir une réalité du terrain qui contraste avec les bilans théoriques. Si rien n'est fait rapidement, les difficultés agricoles vont se transformer en une grave crise alimentaire et sociale. »
Face à cette détresse généralisée, les producteurs de Malem-Hodar et Koungheul attendent désormais un plan d'urgence national pour soutenir les familles sinistrées et préserver la soudure à venir.
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