Cancers du sein, de l’utérus, du vagin… : Pourquoi notre féminité ressemble-t-elle à un cadeau empoisonné ? (Par Fatima Diop Ba)
C'est la question que se pose chaque femme dans la salle d'attente. Pourquoi ce sein qui a — ou n’a pas encore — nourri mon enfant ? Pourquoi cet utérus qui a porté la vie ? Pourquoi ce qui fait de moi une femme est-il aussi ce qui peut m'emporter ? On a l'impression que Dieu nous a fait un cadeau magnifique, mais qu'une douleur y a été cachée à l'intérieur.
Mais si l'on regarde bien, ce n'est pas un cadeau empoisonné. C'est d’ailleurs le présent le plus puissant qui ait jamais été confié à un être humain.
Pourquoi Dieu a-t-il créé la femme avec ces atouts ?
Il aurait pu faire autrement. Mais Il a créé la femme avec des seins pour une raison : être la première source d'amour et de nourriture sur Terre. Aucun lait au monde ne remplacera jamais celui d'une mère.
Il a créé l'utérus pour qu’il soit le premier berceau de l'humanité, la seule porte par laquelle la vie se perpétue.
Il a créé les ovaires pour être la réserve de la vie, là où tout commence, avec des milliers d'ovules dès la naissance.
Un homme construit une maison ; une femme construit un peuple, le monde.
C'est pour cela que c'est sacré.
Et c'est justement parce que c'est sacré que nous devons le protéger. Le problème ne vient pas de notre féminité, mais du silence dans lequel nous l'avons enfermée. On nous a enseigné la pudeur, et c'est une fierté, la plus belle des valeurs. Mais nous avons confondu pudeur et silence. On n'ose pas palper ce qui est sacré, on n'ose pas parler de nos douleurs intimes, de nos saignements, jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Le cancer ne tue pas parce qu'il est plus fort que la femme ; il tue parce qu'on l'a laissé progresser en silence. Pourtant, plus il est détecté tôt, mieux il se guérit.
Aujourd'hui, ce corps sacré est attaqué par 5 cancers qui ne disent pas leur nom
D'abord, le cancer du sein, le plus fréquent, ne concerne pas uniquement les femmes de plus de 50 ans : il touche aussi les jeunes femmes de moins de 30 ans et peut se manifester par une masse indolore, un écoulement du mamelon ou une modification de la peau, telle un aspect de peau d'orange.
Ensuite, le cancer du col de l'utérus, causé par le papillomavirus, est le seul cancer que l'on peut quasiment éradiquer grâce à la vaccination et à un frottis régulier tous les trois ans.
Il y a aussi le cancer de l'endomètre, qui atteint le corps de l'utérus et se signale surtout par des règles anormalement abondantes ou par tout saignement survenant après la ménopause — un signe qui n'est jamais anodin.
Puis vient le cancer des ovaires, le plus sournois de tous, surnommé le « tueur silencieux » parce qu'il évolue sans douleur au début, avec pour seuls symptômes un ventre qui reste gonflé, des douleurs abdominales persistantes, une envie fréquente d'uriner ou une sensation de satiété précoce.
Enfin, les cancers de la vulve et du vagin, dont on ne parle jamais par pudeur, peuvent se révéler par une démangeaison persistante, une lésion qui ne cicatrise pas ou un saignement en dehors des règles.
Notre féminité n'est pas empoisonnée
Aujourd'hui, en plein Octobre Rose, réconcilions-nous avec ce corps. Ces organes sacrés ne méritent pas notre peur : ils méritent notre attention. Se palper, ce n'est pas manquer de pudeur. Parler de ses inquiétudes n’est pas impudique. C'est protéger le corps que Dieu nous a confié.
Le combat ne s'arrête pas au 31 octobre.
Fatima Diop Ba
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