Décision du Conseil constitutionnel : la victoire de l’État de droit sur l’agitation politique (par Ibrahima Baba SALL)
La décision n° 6/C/2026 du Conseil constitutionnel en date du 09 juillet 2026 déclarant non conforme à la Constitution la proposition de révision constitutionnelle portée par des députés de Pastef est bien plus qu’une simple décision juridique. C’est une victoire éclatante de l’État de droit et un rappel solennel que, dans une République, nul n’est au-dessus de la Constitution.
Je salue la démarche du Président de la République qui, fidèle à son engagement républicain, a choisi la voie du droit plutôt que celle de la confrontation politique. Dans un calme olympien, il a saisi le Conseil constitutionnel, démontrant une fois de plus que les institutions existent précisément pour trancher les différends dans le respect des règles de notre démocratie.
Par cet acte, le Chef de l’État a rappelé un principe essentiel : la séparation des pouvoirs n’est ni un slogan ni une option. Elle est le socle de notre République. Ceux qui pensent qu’une majorité parlementaire peut tout se permettre viennent d’apprendre que la volonté politique ne saurait se substituer à la Constitution.
Cette décision est également un rappel adressé à ceux qui se sont habitués aux invectives, aux intimidations et aux attaques personnelles. Le Président de la République n’est pas un citoyen ordinaire que l’on interpelle avec désinvolture. Il incarne la continuité de l’État, garantit le fonctionnement régulier des institutions et veille au respect de la Constitution. La dignité de cette fonction impose le respect.
Le Sénégal a bâti sa réputation sur des institutions solides, une justice constitutionnelle indépendante et une culture démocratique enviée sur le continent. Le Président de la République s’inscrit dans cette tradition qui a fait la grandeur de notre pays et qui doit demeurer notre boussole.
Les difficultés rencontrées par la proposition de révision révèlent également les limites d’une gouvernance qui, depuis deux ans, donne souvent le sentiment de privilégier la communication au détriment des résultats. Entre la polémique sur la dette dite cachée, les accusations de haute trahison contre l’ancien Président Macky Sall, les rumeurs de détournement visant certains ministres et directeurs généraux, ainsi que cette proposition finalement censurée par le Conseil constitutionnel, beaucoup de Sénégalais s’interrogent sur les priorités réelles et le patriotisme dont se vautrent le Président de l’Assemblée et les membres de son camp.
Un parti politique ne se construit pas uniquement sur les réseaux sociaux. TikTok, YouTube, WhatsApp et les directs Facebook peuvent mobiliser des sympathisants, mais ils ne remplacent ni l’expertise, ni la compétence, ni la maîtrise des institutions. Gouverner un État exige une vision, de la rigueur, une connaissance approfondie du droit et un sens élevé de l’intérêt général.
Lors de votre rencontre avec la presse, vous avez d’ailleurs expliqué comment Pastef avait été structuré autour d’une stratégie de massification visant près de 590 000 adhérents sans atteindre cet objectif. Aujourd’hui, le parti affiche l’illusion et l’ambition irréaliste d’enrôler un million de militants. Mais une démocratie ne se mesure pas au nombre d’abonnés, de vues ou de partages sur les plateformes numériques. Elle se construit par le respect des institutions, la qualité des politiques publiques et les résultats obtenus pour les citoyens.
Je félicite le Conseil constitutionnel pour son courage, son indépendance et sa fidélité à sa mission. Dans un contexte où les pressions politiques peuvent être fortes, il a démontré que la Constitution demeure la norme suprême de notre République.
Excellence,
Les Sénégalais attendent désormais autre chose que des querelles politiques permanentes. Ils veulent des emplois, des écoles performantes, des hôpitaux modernes, une justice efficace, une sécurité renforcée et une économie créatrice d’opportunités.
Votre sens des responsabilités, votre éducation et votre attachement aux valeurs républicaines vous placent aujourd’hui devant une responsabilité historique : rassembler les Sénégalais, pacifier durablement l’espace politique et remettre l’action publique au service exclusif du développement économique et social.
Les annonces concernant le déblocage de projets structurants, notamment les hôpitaux de Bakel, la levée progressive du gel des travaux fonciers à Dakar, Rufisque et Thiès, constituent des signaux encourageants qui doivent maintenant se traduire rapidement en réalisations concrètes.
Grâce aux prières de nos guides religieux, de nos érudits et de nos parents, notre pays continuera, je l’espère, à rejeter la violence comme mode d’expression politique. Le Sénégal demeurera cette terre de dialogue, de tolérance et de paix qui fait sa fierté depuis l’indépendance.
Continuez à renforcer le rayonnement international de notre pays, à restaurer la confiance dans les institutions et à faire de l’unité nationale le principal moteur du développement.
Le Sénégal mérite un État fort, des institutions respectées et une gouvernance tournée vers les préoccupations quotidiennes des citoyens.
Avec vous, l’espoir renaît. Avec vous, beaucoup de Sénégalais souhaitent voir s’ouvrir une nouvelle étape fondée sur la stabilité, le respect des institutions et le développement.
Ibrahima Baba SALL
Ancien Premier vice-président de l’Assemblée nationale
Maire de Bakel
Commentaires (4)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.