Éducation et métiers : les garçons en retrait et les filles en progression. Le Sénégal face à un nouveau déséquilibre de genre , ( Par .Ibrahima Dieng)
Dans les décennies à venir, il est possible que le débat sur l’égalité de genre prenne une tournure inattendue. On parlera peut-être de cette égalité en faisant référence à l’homme.
Le discours évolue déjà. Ce que l’on appelait autrefois le « sexe faible » pourrait, dans certains domaines, désigner l’homme, si les tendances actuelles se confirment.
Comme le dit l’adage : << le savoir gouverne>>. Or, aujourd’hui, force est de constater que dans les espaces d’apprentissage et de formation, les femmes prennent une avance significative. Dans les écoles et universités, elles sont non seulement de plus en plus nombreuses, mais souvent aussi les plus performantes.
Ce constat ne s’arrête pas au système éducatif. Dans plusieurs secteurs professionnels, notamment les métiers artisanaux comme la couture, la transformation agroalimentaire ou certains services, les femmes s’imposent progressivement comme les actrices principales. Dans des ateliers de couture, par exemple, il devient de plus en plus rare de trouver des garçons en apprentissage. Les filles y sont largement majoritaires, motivées, rigoureuses et persévérantes.
Pendant ce temps, beaucoup de jeunes garçons, faute d’encadrement, de perspectives ou parfois de discipline, s’orientent vers des activités informelles à faible valeur ajoutée, comme la conduite de motos-taxis (Jakarta), souvent perçue comme une solution rapide mais peu structurante sur le long terme.
Il ne s’agit pas ici d’opposer les sexes, encore moins de minimiser les combats historiques pour les droits des femmes. Mais plutôt de tirer la sonnette d’alarme sur un déséquilibre naissant.
Si rien n’est fait pour réengager les garçons dans l’éducation, la formation professionnelle et l’effort productif, nous risquons, dans quelques décennies, de faire face à une inversion des vulnérabilités : un monde où les femmes dominent les sphères du savoir et de l’économie, tandis qu’une partie importante des hommes reste en marge.
L’enjeu est donc clair : rétablir l’équilibre. Cela passe par une politique éducative inclusive, un accompagnement renforcé des jeunes garçons, une valorisation du travail, de la discipline et du mérite, quel que soit le genre.
Car au final, une société ne progresse durablement que lorsque hommes et femmes avancent ensemble, avec les mêmes chances de réussir et la même exigence d’excellence.
Ibrahima Dieng, Fondateur de Jeg Jam Groupe, Responsable Pastef commune keur Baka.
Commentaires (24)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.