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Ousmane Sonko et la tentation de la crise permanente : quand une ambition politique menace l’équilibre républicain (Par Ibrahima Baba SALL)

Auteur: Ibrahima Baba SALL

Ousmane Sonko et la tentation de la crise permanente : quand une ambition politique menace l’équilibre républicain (Par Ibrahima Baba SALL)

Ousmane Sonko et la tentation de la crise permanente : quand une ambition politique menace l’équilibre républicain (Par Ibrahima Baba SALL)

Le communiqué de la Conférence des Présidents de l’Assemblée nationale du samedi 20 juin 2026, annonçant la réception de l’avis du Président de la République sur la proposition de réforme constitutionnelle, confirme une réalité devenue difficile à masquer : le Sénégal est confronté à une tension institutionnelle dont l’origine se trouve largement dans la volonté d’un homme, Ousmane Sonko, de vouloir imposer un rapport de force permanent au sommet de l’État.

Une question simple demeure : quel est le contenu réel de l’avis du Président de la République ? Est-il favorable ? Défavorable ? Introduit-il des amendements ? Le silence entretenu autour de cette réponse alimente toutes les interrogations et renforce le sentiment d’une crise institutionnelle organisée.

Si cet avis est favorable, cela démontrerait que la pression exercée sur l’Exécutif, premier initiateur du projet, a porté ses fruits et confirmerait une dérive inquiétante : celle d’un Président de l’Assemblée nationale illégal qui ne se contente plus de son rôle institutionnel, mais cherche à imposer une orientation politique à l’ensemble de l’État. Une telle situation serait une remise en cause de l’équilibre des pouvoirs et une atteinte à l’esprit même des institutions républicaines.

Si l’avis est défavorable, alors le Sénégal serait face à une situation encore plus grave : celle d’un conflit ouvert entre deux centres de pouvoir, conséquence directe d’une gouvernance fondée non pas sur la complémentarité institutionnelle mais sur la confrontation.

Au centre de cette situation se trouve Ousmane Sonko, dont la trajectoire politique révèle une contradiction profonde. Celui qui s’était présenté comme le défenseur de la refondation de l’État semble aujourd’hui être celui qui contribue à fragiliser ses équilibres. Celui qui dénonçait hier les excès du pouvoir semble vouloir aujourd’hui concentrer entre ses mains une influence incompatible avec la séparation des fonctions.

Le problème n’est plus seulement une divergence politique. Il s’agit d’une conception du pouvoir. La République ne peut fonctionner selon la logique d’un homme contre les institutions, d’un parti contre l’État, ou d’une ambition personnelle contre les équilibres démocratiques.

Depuis son accession aux responsabilités, Ousmane Sonko semble multiplier les situations de confrontation : confrontation avec les institutions, confrontation avec les acteurs politiques, confrontation avec ceux qui ne partagent pas sa vision. Une stratégie permanente de tension ne peut constituer un projet de gouvernement durable. Un pays ne se construit pas dans la suspicion, la division et la désignation permanente d’adversaires.

Le plus préoccupant est que celui qui accusait l’ancien régime de vouloir affaiblir les institutions donne aujourd’hui le sentiment de vouloir les remodeler selon ses propres intérêts politiques. Celui qui dénonçait hier une concentration excessive du pouvoir semble aujourd’hui vouloir installer une forme de primauté politique personnelle.

Le Sénégal mérite mieux qu’un affrontement continu au sommet de l’État. Il mérite des dirigeants capables de respecter les limites de leurs fonctions, de préserver la stabilité nationale et de placer l’intérêt général au-dessus des ambitions individuelles.

Aujourd’hui, la responsabilité des forces républicaines, à sa tête le Président de la République, est de défendre l’État de droit, non pour protéger un camp politique, mais pour empêcher qu’une seule volonté puisse prendre en otage l’équilibre institutionnel du pays.

Nous voulons rappeler fermement à Ousmane Sonko que la République est plus grande que les hommes qui la dirigent et qu’aucun destin politique, aussi puissant soit-il, ne doit être placé au-dessus de ses règles.

Ibrahima Baba SALL

Ancien Premier Vice-président de l’Assemblée nationale

Maire de Bakel

Auteur: Ibrahima Baba SALL
Publié le:

Commentaires (13)

Trier par :
  • avatar
    Booofff ⭐ Top commentaire il y a 4 mois
    Mr Sall, you're out, et c'est Sonko que les sénégalais ont choisi à la présidentielle dès le 1er tour mais aussi aux législatives avec une écrasante majorité. Votre mafieux chef Macky a été dégagé et forcé à l'exil et il ne reviendra plus jamais dans ce pays. Et dites lui qu'un parti politique ne se dirige pas avec WhatsApp. L'APR est mort, dead et c'est terminé pour ce parti qui a pillé et saccagé notre économie avec plus de 25000 milliards de dette et jamais il ne reviendra au pouvoir, alors arrêtez de nous fatiguer !
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    Lune il y a 4 mois
    Tu as raison mais laissez les parler, crier, écrire, pleurer, gambader car il ne leur reste que ça pour s'opposer.
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    Oussou il y a 4 mois
    ce couti de neddo ko bandum, kagn lay nopi ?
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    Sant il y a 4 mois
    Ces temps-ci il y a plus de crisologues au Sénégal que de gynécologues. Crise ! Crise ! Crise ! Tempête dans un verre d'eau matin, midi, soir. Or, l'exécutif gouverne, le parlement légifère, la justice juge, la presse manipule et goorgorlu se débrouille ! Que veulent les crisologues ?
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    MOUSTAPHA il y a 4 mois
    Les stratégies des patriotes relèvent du haut vol. Les petits esprits n'y voient que du feu.
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    Deug il y a 4 mois
    Neddo ko bandit tais toi tokk mouy dokh gassi ya Allah okouma liguey
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    Laye il y a 4 mois
    Ndeyssane ! C’est l’effet de l’arrêt brutal de Tok mouye dokh!! Les institutions fonctionnent à merveille. C’est la première fois dans notre histoire politique que chaque institution fonctionne de façon strictement indépendante. C’est ça la vraie démocratie. Chacune joue parfaitement son rôle. 🙏🙏🙏🙏Et le peuple applaudit.
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    Okay il y a 4 mois
    Crise,crise, crise!!!La crise n existe que dans la tête des sonkophobes.Les aéroports sont ouverts,les autoroutes et les routes ne sont pas fermés.Les soldats sont dans les casernes,Il n'y a pas de fumées lacrymogènes dans l air,les cours et tribunaux,les écoles, hôpitaux etc...tout marche dans ce pays.Les salaires sont payés,l eau et l électricité fonctionnent.Mais où est la crise mon Dieu.Ce que vous n'appréhendez pas encore c'est la séparation nette des pouvoirs qu on est entrain de vivre.Quand Yacine Fall se plaint de la justice qu elle meme dirigeait,quand le président peut être frappé par une motion de censure nous les sénégalais non partisans nous sommes heureux de vivre cette évolution majeure de notre démocratie.
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    Anonyme il y a 4 mois
    Nous assistons à une crise politique inédite marquée par un bras de fer direct et une reconfiguration des pouvoirs entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye (Exécutif) et l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, désormais président de l'Assemblée nationale (Législatif). Le nouveau PM et son nouveau gouvernement, depuis leur avènement, on ne les entend pas et on ne le voit pas. La situation du pays s’est transformée en une forme de cohabitation conflictuelle au sein même du parti majoritaire, le PASTEF. L’Assemblée se veut seule omnipotente et omniprésente au service d’une ambition tendue, en ressort sans retour, se démarquant d’une orthodoxie républicaine institutionnelle jusque-là rigoureusement respectée depuis notre accession à l’indépendance. L’économie, peuple et tout le champ politique souffrent de cette tension aggravante. Sachons adhérer sans conteste à la vérité et l'évidence quand on les entend.
  • avatar
    Xeme il y a 4 mois
    Apprenti constructeur de phrases.

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