Révision constitutionnelle : derrière la bataille institutionnelle, le bras de fer entre le Président Bassirou Diomaye Faye et l’ex Premier ministre Ousmane Sonko (Par Ibrahima Baba SALL)
La décision du Bureau de l’Assemblée nationale de déclarer recevable la proposition de loi portant révision de la Constitution révèle une réalité politique que beaucoup observent désormais : au-delà du débat juridique, c’est un véritable bras de fer institutionnel qui semble s’installer au sommet de l’État entre Ousmane Sonko et le Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Alors que le chef de l’État avait déjà engagé une démarche de réforme constitutionnelle à travers un avant-projet soumis aux institutions compétentes, l’initiative portée par la majorité parlementaire apparaît comme une volonté de prendre l’initiative politique et de placer l’Exécutif devant le fait accompli. Cette démarche alimente davantage la rupture de confiance consommée entre les deux hommes qui ont pourtant porté ensemble le projet politique de Pastef.
Ousmane Sonko, ancien Premier ministre devenu illégalement président de l’Assemblée nationale, est aujourd’hui au centre de cette nouvelle confrontation. Sa position lui donne une influence considérable sur l’appareil parlementaire. Mais cette cette position soulève une question essentielle : ne cherche-t-il à imposer une orientation parallèle, voire opposée à celle du chef de l’État ?
Le problème n’est plus seulement institutionnel. Il devient alors politique. Car lorsqu’un président de l’Assemblée nationale, issu du même camp que le président de la République, semble engager une dynamique autonome sur des sujets aussi fondamentaux que la Constitution, cela traduit une fracture profonde dans la manière de concevoir l’exercice du pouvoir.
Le Président Bassirou Diomaye Faye, élu à la tête de l’État, est le garant du fonctionnement régulier des institutions. Il ne peut être réduit à un simple exécutant d’une orientation définie ailleurs. La République sénégalaise repose sur un principe clair : le Président de la République incarne l’autorité de l’État et doit pouvoir exercer pleinement les prérogatives que lui confère la Constitution.
La situation actuelle pose donc une question de fond : assiste-t-on à une divergence de visions entre le Président Diomaye Faye et Ousmane Sonko sur la conduite du pouvoir ? Le premier est attendu sur sa capacité à préserver l’équilibre institutionnel et la stabilité nationale ; le second doit démontrer qu’il peut exercer des responsabilités républicaines sans transformer son poids politique en instrument de pression sur les autres institutions.
Pastef est aujourd’hui face à ses responsabilités. Les Sénégalais n’ont pas donné mandat pour une guerre permanente au sommet de l’État. Ils attendent des solutions concrètes : baisse du coût de la vie, création d’emplois, relance économique, amélioration des services publics et attractivité du pays.
Après avoir dénoncé pendant des années les dérives du pouvoir, les nouveaux dirigeants sont désormais jugés sur leur capacité à respecter les règles qu’ils réclamaient hier. La rupture attendue par les Sénégalais ne peut être une rupture avec la séparation des pouvoirs ni avec l’esprit républicain.
Le Président Bassirou Diomaye Faye doit donc prendre toute la mesure de la situation. Son silence ou son effacement face à une montée des tensions institutionnelles pourrait être interprété comme un abandon de son rôle de garant de la République.
Le Sénégal a besoin d’un président pleinement aux commandes, d’une Assemblée nationale respectueuse de ses limites et d’un gouvernement concentré sur les urgences nationales. Aucun acteur politique, quelle que soit sa popularité ou son influence, ne peut être au-dessus des institutions.
La stabilité du Sénégal ne doit pas être sacrifiée sur l’autel des rivalités internes. Le moment est venu de rappeler une vérité simple : les institutions appartiennent à la République, pas aux ambitions personnelles.
Le Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar FAYE lui l’a bien compris avec le déblocage de plusieurs projets bloqués jadis par l’ancien Premier Ministre Ousmane Sonko, preuve irréfutable qu’il constituait un frein à la bonne marche des affaires et de la diplomatie sénégalaise.
Nous prendrons comme exemples :
- ce 12 juin 2026 à Dakar, l’Accord relatif à la Maison des Nations Unies à Dakar (MONUD), marquant l’aboutissement d’un projet historique et l’ouverture d’une nouvelle étape dans la coopération entre le Sénégal et l’Organisation des Nations Unies. Cette concrétisation a été rendue possible grâce à l’engagement du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui a permis de lever les derniers obstacles ayant retardé sa finalisation;
- le rétablissement du projet de construction de l’hôpital de Bakel qui devait soulager les infrastructures sanitaires de Tambacounda et de Ourossogui, mais aussi les pays frontaliers comme la Mauritanie et le Mali;
- la reprise des négociations avec les partenaires techniques et financiers.
Nous l’encourageons fortement à poursuivre dans cette voie.
Ibrahima Baba SALL
Ancien Premier Vice-président de l’Assemblée nationale
Maire de Bakel
Commentaires (5)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.