Exposition « Empreinte 100 » : Le soft power sénégalais au cœur des Olympiades culturelles des JOJ 2026
L’art et le sport comme vecteurs de paix, de dialogue et de rapprochement entre les peuples : c’est le message porté par l’exposition « Empreinte 100 ans, la paix par le sport et l’art », inaugurée à quelques jours du coup d'envoi des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Porté par Jingshi Feng, président-fondateur d’Empreinte 100, et placé sous le commissariat artistique de Khalidou Kassé, le projet met en lumière 14 artistes représentant symboliquement les 14 régions du Sénégal. Après une première édition organisée à Paris en 2024 dans le cadre des Olympiades culturelles, l’initiative entend prolonger son ambition au Sénégal et s'inscrire dans une perspective internationale durable jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
Une exposition pour célébrer la diversité du Sénégal
Installée au Musée des Civilisations noires, l’exposition rassemble des œuvres de 14 artistes sénégalais représentant symboliquement les 14 régions du pays. À travers des sensibilités et des expressions artistiques diverses, les créateurs abordent notamment les enjeux majeurs de l’environnement, de l’énergie, de la jeunesse et de l’avenir.
Pour Jingshi Feng, cette deuxième édition constitue une occasion privilégiée de valoriser la richesse artistique et culturelle du Sénégal, tout en favorisant le dialogue entre les territoires et les générations. Le projet ambitionne également de mettre en évidence le rôle cardinal du sport et de la culture dans le rayonnement international du pays à travers le soft power. « C'est à la suite de l'exposition de Paris 2024, lors des 33ᵉ Olympiades culturelles, que nous organisons cette deuxième édition à Dakar pour mettre en valeur le dialogue entre les 14 régions du Sénégal, les savoirs, le soft power et réunir les artistes », a expliqué Jingshi Feng.
Au-delà de la diversité des œuvres exposées, l’initiative entend faire de l’art un espace de transmission, d’éducation et de rencontre. Elle s’inscrit dans une dynamique destinée à promouvoir les savoir-faire sénégalais et à offrir une tribune d'expression aux créateurs de différentes générations.
L’héritage de Pierre de Coubertin face aux conflits actuels
La présence d’Alexandra de Navacelle de Coubertin, descendante à la quatrième génération de Pierre de Coubertin, fondateur du mouvement olympique moderne, a donné une dimension symbolique toute particulière à l’événement.
Pour sa première visite à Dakar, elle a salué une exposition qui exprime selon elle « une énergie du Sénégal » et permet de découvrir des artistes porteurs d’idées fortes autour de l’écologie et de la jeunesse. « C'est vraiment un plaisir et une belle surprise de venir à Dakar. C'est une très belle exposition qui reflète vraiment l'énergie du Sénégal, avec la thématique de l'environnement et de la jeunesse. Je vois beaucoup d'expressions d'espoir, des couleurs, des idées, de la technologie : c'est très complet », a-t-elle confié.
Au-delà de sa dimension culturelle, l’exposition fait écho à l’idéal de paix consubstantiel à l’olympisme. Alexandra de Navacelle de Coubertin a rappelé que son aïeul avait conçu le sport comme un moyen universel de rapprocher les peuples et de favoriser la compréhension mutuelle. « Pierre de Coubertin est né à une période marquée par un fort nationalisme et des guerres. Il s'est dit qu'il fallait créer un espace de dialogue et trouver une langue commune, le sport, pour réunir l'humanité », a expliqué Alexandra de Navacelle de Coubertin.
Selon elle, dans un contexte international contemporain émaillé de tensions et de conflits, cet héritage conserve toute sa pertinence. L’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar constitue une occasion historique de faire vivre cet idéal sur le continent africain. Son message à la jeunesse sénégalaise et africaine est sans équivoque : les jeunes sont les acteurs majeurs du monde de demain et doivent occuper toute leur place dans la société, notamment par le sport, la création artistique et l’engagement citoyen. « La jeunesse est l’avenir. Le sport est un moyen de réunir et l'art est un moyen de communiquer », a-t-elle martelé.
Le sport et la culture : deux leviers essentiels de rayonnement international
Représentant le ministre de la Communication, Habibou Dia a, pour sa part, insisté sur la portée diplomatique de l’événement. Il a rappelé que le sport et la culture constituent deux leviers essentiels de l'influence internationale et contribuent à porter la voix du Sénégal sur la scène globale. « Nous croyons fortement que le sport et la culture sont deux leviers essentiels de soft power, et notre rôle est de faire rayonner et de repositionner diplomatiquement le Sénégal sur la scène internationale », a-t-il affirmé.
Il a notamment souligné que le Sénégal, par l'intermédiaire de son ambassadeur auprès de l'Unesco, a déposé une résolution en faveur d'une trêve olympique durant les JOJ. « Cela rejoint parfaitement l'esprit des Jeux : la paix, la culture et le sport au service de la cohésion mondiale. » Le directeur de la Communication a également salué la présence d’Alexandra de Navacelle de Coubertin, estimant que ce type de rencontre renforce la visibilité du pays et soutient une dynamique bénéfique à l’ensemble du continent. « Dakar organise, mais nous organisons pour toute l'Afrique, et cette exposition symbolise la contribution de l'ensemble des 14 régions du Sénégal », a conclu Habibou Dia.
Prévue jusqu’au 15 novembre au Musée des Civilisations noires, l’exposition constitue une invitation à découvrir la création contemporaine sénégalaise et à méditer sur le rôle de l’art et du sport dans la construction d’un monde plus solidaire.


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