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Délestage en Afrique de l’Ouest: Le WAPP révèle les vraies raisons derrière les coupures d’électricité

Auteur: Laïka NZANGUILA BA

Délestage en Afrique de l’Ouest: Le WAPP révèle les vraies raisons derrière les coupures d’électricité

Délestage en Afrique de l’Ouest: Le WAPP révèle les vraies raisons derrière les coupures d’électricité

Face à la multiplication des coupures d’électricité dans plusieurs pays ouest-africains, le West African Power Pool (WAPP) est sorti de son silence. Dans un communiqué publié le 10 juin à Calavi, au Bénin, l’organisation régionale indique que ces perturbations sont liées à une combinaison de facteurs affectant simultanément plusieurs réseaux électriques de la sous-région.

Selon le WAPP, la situation résulte notamment d’une forte demande en électricité, de l’indisponibilité de certaines importantes unités de production ainsi que de facteurs saisonniers impactant la production hydraulique. Ces contraintes ont conduit plusieurs États membres à mettre en place des programmes de délestage afin de préserver la stabilité de leurs réseaux.

Pour limiter les conséquences de cette crise énergétique, les gestionnaires des réseaux de transport et les sociétés nationales d’électricité ont engagé des mesures exceptionnelles destinées à maintenir l’équilibre des systèmes électriques et à réduire l’impact des interruptions sur les populations et les activités économiques.

Malgré ces difficultés, le WAPP souligne que les interconnexions électriques régionales continuent de jouer un rôle crucial. L’organisation affirme que les échanges transfrontaliers d’électricité ont permis, dans plusieurs cas, de réduire l’ampleur des coupures et de renforcer la résilience des réseaux nationaux.

Elle révèle, par ailleurs, qu’une demande record de plus de 16 000 MW a récemment été enregistrée à l’échelle du réseau régional.

Cette situation met en lumière les défis auxquels fait face l’Afrique de l’Ouest en matière d’approvisionnement énergétique. Pour le WAPP, elle démontre surtout l’urgence d’accélérer les investissements dans les infrastructures de production, de transport et d’interconnexion afin de renforcer la sécurité énergétique de la région et d’accompagner l’intégration croissante des énergies renouvelables.

L’organisation assure enfin rester mobilisée aux côtés de ses États membres pour garantir, à terme, un approvisionnement électrique « plus fiable, durable et résilient » au bénéfice des populations ouest-africaines.

Auteur: Laïka NZANGUILA BA
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Commentaires (3)

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    Wane Mamadou il y a 4 mois
    _L’Afrique n’a pas un déficit de soleil, elle a un déficit de souveraineté._ *Délestage en Afrique de l’Ouest : quand l’abondance produit la pénurie* Réponse à l’article de Laïka NZANGUILA BA, publié le vendredi 12 juin 2026. SENEWEB. J’ai lu avec attention le communiqué du WAPP publié le 10 juin à Calavi, au Bénin. L’organisation régionale attribue les coupures à une forte demande, à l’indisponibilité de certaines unités de production et à des facteurs saisonniers qui pèsent sur l’hydraulique. Le diagnostic est clair, la méthode est technique. Mais après avoir lu cet article, je me suis posé beaucoup de questions. Des questions simples, brutales, que le citoyen africain se pose chaque soir à la bougie : *Quels sont les problèmes réels liés à l’autonomisation de l’Afrique en matière d’énergie ?* *Le problème électrique et énergétique africain est-il structurel, conjoncturel ou le fruit de l’impuissance à faire face aux multiples exigences des organisations mondiales qui pilotent la gestion énergétique du monde ?* Posons les faits avant de juger. Nous savons tous que l’Afrique est le continent le plus ensoleillé au monde. L’Afrique regorge d’espaces hydrauliques, d’océans, et dispose de ressources humaines de qualité. Le sol du continent africain emmagasine toutes les composantes, toutes les matières et tous les matériaux pour produire de l’électricité. L’Afrique est un continent qui ne souffre d’aucun manque de mouvement de l’air et du vent, capable de produire de l’électricité. Avec toutes les ressources que l’Afrique a, elle se trouve pourtant à l’arrière-plan de l’échelle de l’autonomisation, de la sécurité et de la souveraineté électrique et énergétique à l’échelle du continent. Il y a donc une dissonance. Le WAPP nous parle de _délestage pour préserver la stabilité_. Moi, je veux comprendre pourquoi l’abondance se transforme en coupure. *1. Le problème est d’abord structurel : c’est le lit du fleuve, pas la crue* Le conjoncturel allume la panne. Le structurel l’explique. Un réseau africain, c’est 54 systèmes qui se parlent peu. Le WAPP est une ambition, pas encore un maillage. On ne peut pas mutualiser le soleil du Sahel avec l’hydro du bassin du Congo si la ligne manque. Ensuite, nous produisons mais nous ne recouvrons pas. Entre les pertes techniques, les fraudes et les impayés, 25 à 40% de l’électricité produite disparaît avant d’être facturée. Une société nationale en faillite technique ne peut pas investir. Enfin, nous n’avons pas d’industrie. Nous importons le panneau, la turbine, le transformateur. Tout se paie en devises, tout coûte plus cher, tout dépend. On n’a pas bâti la chaîne de valeur. On s’est contenté de la prise. *2. Le conjoncturel est le révélateur : la saison sèche met le système à nu* Le WAPP a raison sur ce point : la demande record de plus de 16 000 MW, la baisse des débits hydrauliques, la panne d’une centrale lourde, suffisent à faire tomber un réseau sans marge. Mais un système robuste encaisse le choc. Le nôtre chancelle parce qu’il n’a pas de réserve, pas de stockage, pas de mix équilibré. La saisonnalité n’est pas une excuse. C’est un paramètre que tout ingénieur connaît avant de dessiner le réseau. *3. L’impuissance existe : elle est financière et technologique, pas naturelle* Ce n’est pas un complot. C’est une règle du jeu. Le même mégawatt coûte deux fois plus cher à financer en Afrique qu’en Europe. La prime de risque, les taux à 8 ou 12% contre 2 ou 3% ailleurs, condamnent nos projets avant même la première pelletée. Pendant des décennies, les financements internationaux ont privilégié le thermique centralisé et les gros IPP. Le solaire décentralisé, le mini-réseau, la maintenance locale ont été laissés pour compte. Résultat : nous achetons, nous n’intégrons pas. Nous dépendons. Et quand la panne arrive, nous attendons l’expert étranger. *Alors, que peut-on espérer si rien ne change ?* Nous resterons dans la logique que dénonce le WAPP lui-même : _gérer la pénurie au lieu de partager l’abondance_. Tant que nous vendons notre uranium, notre gaz, notre cobalt à l’état brut pour racheter le kilowattheure transformé, nous resterons spectateurs de notre propre énergie. *Pour inverser la tendance, il faut 3 chantiers, sans discours :* 1. _Industrialiser l’énergie_ : Exiger la transformation locale, le contenu local, les usines de câbles, de panneaux, de batteries. La souveraineté énergétique commence dans l’usine, pas dans la centrale. 2. _Mailler pour mutualiser_ : Accélérer les vraies interconnexions du WAPP. Que le soleil, le vent, l’hydro et le gaz se compensent entre États. Un réseau africain doit être un seul réseau, pas 54 îlots. 3. _Financer autrement_ : Créer des véhicules de financement africains, à coût abordable. On ne bâtit pas la souveraineté avec une dette qui étouffe. On la bâtit avec de l’épargne longue, des garanties régionales, des règles claires. Non, l’Afrique ne manque pas de soleil, d’eau, de vent ni d’intelligence. L’Afrique manque de choix politique, de temps long et de maîtrise. Le communiqué du WAPP est utile. Il décrit la fièvre. Ma question à l’Afrique, à ses États, à ses peuples, est simple : _Quand décidons-nous de traiter la maladie au lieu de gérer la température ?_ Wane Mamadou Alpha / Thiewnguel. Observateur de la vie politique.
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    Niomre il y a 4 mois
    Je défends cette vision depuis plus de trente ans. Je me souviens notamment d'un débat lors d'une conférence au Cap en 2003, où un éminent professeur sud-africain s'était opposé à mon plaidoyer en faveur d'un véritable marché africain de l'énergie, reposant sur de grandes interconnexions électriques capables de relier et d'équilibrer les ressources du continent. À l'époque, cette idée paraissait ambitieuse, voire irréaliste pour certains. Plus de vingt ans plus tard, les défis décrits dans cet article confirment pourtant que l'intégration énergétique africaine n'est pas un luxe mais une nécessité stratégique. Très belle analyse M, Wane , notamment dans sa conclusion sur les deux grands blocages que sont le gouffre technologique et le déficit de financement. Mais il manque à mon sens un troisième pilier, peut-être le plus important : le capital humain. Aucune centrale, aucune interconnexion régionale, aucun mécanisme de financement innovant ne pourra réussir durablement sans une masse critique d'ingénieurs, de techniciens, de financiers et de gestionnaires de très haut niveau. L'Afrique ne manque pas de ressources naturelles ; elle manque encore trop souvent des compétences en nombre suffisant pour les transformer en prospérité. Et il faut avoir le courage de le dire : la corruption, l'incompétence et les défaillances de gouvernance ont un coût considérable qui finit toujours par être payé par les populations à travers le prix de l'électricité et la qualité du service. L'Afrique possède pourtant les talents nécessaires. L'un des plus grands spécialistes mondiaux de l'électronique de puissance est un Sénégalais. Son génie n'est pas né ailleurs ; il a simplement pu s'épanouir dans l'environnement de recherche, d'innovation et d'excellence qu'une grande multinationale lui a offert. Ce type de réussite ne devrait pas être l'exception mais la règle. Pour construire la souveraineté énergétique du continent, il nous faudra non pas quelques dizaines, mais des centaines de milliers d'ingénieurs, de chercheurs, d'experts financiers et de dirigeants intègres capables de concevoir, financer, exploiter et maintenir les infrastructures de demain. Les réseaux électriques se construisent avec de l'acier et du cuivre, mais les nations énergétiques se construisent avant tout avec des femmes et des hommes d'exception.

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