Revenus pétroliers : « Notre pétrole est encore loin d’être de l’or », estime Mamoudou Ibra Kane
Le Sénégal pourrait percevoir environ 90 milliards de francs CFA de revenus pétroliers en 2026, selon une projection de Mamoudou Ibra Kane à partir des chiffres communiqués sur la production du champ de Sangomar. Un montant qui, s’il se confirme, serait largement inférieur aux 700 milliards de francs CFA annuels escomptés pour la quote-part du Sénégal dans l’exploitation de ses ressources pétrolières et gazières, sans toutefois prendre en compte les dividendes de Petrosen, ni les impôts et taxes.
Dans une publication faite ce mercredi 5 août 2026, l’ancien directeur du groupe E media souligne que ces quelque 90 milliards de francs CFA projetés pour 2026 ne couvriraient même pas la masse salariale mensuelle de la Fonction publique, qu’il situe à 125,2 milliards de francs CFA pour 191 000 salariés. Pour lui, « notre pétrole, en dépit des fantasmes, est encore loin d’être de l’or ! En tous cas, pas pour nous pour l’instant » résume-t-il.
Par ailleurs, pour Mamoudou Ibra Kane, l’enjeu ne se limite pas au niveau des recettes directement encaissées par l’État. Il estime que le Sénégal doit surtout parvenir à transformer ses ressources pétrolières et gazières en retombées économiques concrètes. Il plaide ainsi pour la mise en œuvre « résolue et concrète » de la stratégie du « Gas to power », destinée à renforcer l’accès à l’électricité, et du « Gas to industry », visant à soutenir l’industrialisation. L’objectif, selon lui, est notamment de faire des hydrocarbures un levier de transformation de l’économie sénégalaise, plutôt qu’une simple source de revenus budgétaires.
Mamoudou Ibra Kane rappelle que les subventions à l’énergie auraient déjà atteint 729 milliards de francs CFA et pourraient dépasser les 1 000 milliards de francs CFA, en citant une déclaration du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, devant l’Assemblée nationale le 22 mai 2026.
Commentaires (7)
Un journaliste ou un analyste sérieux sait qu'un projet pétrolier se juge sur son cycle de vie, ses recettes cumulées, ses retombées fiscales, les dividendes de Petrosen, les investissements induits et l'impact sur l'économie nationale. Passer tout cela sous silence pour lancer un « notre pétrole est loin d'être de l'or » est une formule choc, pas une démonstration.
À force de privilégier les punchlines aux faits, on finit par entretenir les frustrations plutôt que d'éclairer les Sénégalais. Le débat sur le pétrole mérite mieux que des comparaisons approximatives destinées à faire le buzz. Les chiffres exigent de la rigueur, pas du sensationnalisme.
T'as intérêt.
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