Péril plastique au Sénégal : L'ADES dresse un bilan sévère et exige les décrets d'application de la loi de 2020
Pourtant, cette nouvelle réglementation introduisait des innovations majeures vers l'économie circulaire, telles que le bannissement total des sacs de caisse, l'interdiction de divers produits à usage unique, la consignation des bouteilles et la mise en place du principe de responsabilité élargie des producteurs. Malgré ce durcissement réglementaire et le verrouillage officiel des frontières, l'ADES constate que le fléau persiste. Les sachets plastiques continuent d'obstruer les voies d'eau et de défigurer les paysages urbains, maritimes et ruraux, impactant lourdement la santé, l'agriculture et la biodiversité.
Pour expliquer cet échec, les écologistes pointent du doigt une série de manquements structurels. Ils dénoncent notamment l'absence critique de décrets d'application indispensables à l'opérationnalisation de la loi, le manque de moyens des agents de contrôle dans les régions et le développement d'unités de production clandestines. Le parti met également en avant un manque de concertation en amont avec les industriels du secteur de l'eau en sachet, ainsi qu'une carence flagrante de produits alternatifs et de mesures incitatives pour accompagner la reconversion des petites et moyennes entreprises. À cela s'ajoutent un déficit de communication institutionnelle et une faible appropriation éco-citoyenne par les populations.
Derrière ce constat empirique, les chiffres nationaux et internationaux brandis par le parti confirment l'ampleur de la crise. À l'échelle mondiale, la production de plastique a atteint 460 millions de tonnes en 2019, générant une masse critique de déchets dont moins de 10 % sont recyclés. Au niveau national, le Sénégal génère chaque année plus de 193 000 tonnes de déchets plastiques, pour un volume de recyclage dérisoire qui stagne à seulement 8 000 tonnes. La seule région de Dakar produit annuellement environ 99 700 tonnes de ces résidus, constitués à 78 % d'emballages jetables.
Estimant qu'un problème systémique requiert impérativement une solution tout aussi globale, l'ADES formule de fortes exigences à l'endroit des autorités étatiques. Le parti invite instamment le gouvernement à réaliser une évaluation exhaustive de l'efficacité de la loi de 2020 et à signer sans délai l'ensemble de ses décrets d'application. Les écologistes préconisent aussi de jeter les bases d'un dialogue constructif avec toutes les parties prenantes et de stimuler, en partenariat avec le secteur privé, une authentique industrie de valorisation des déchets.
Le communiqué exhorte parallèlement les industriels de l'eau en sachet à anticiper leur transition en investissant dès à présent dans les opportunités offertes par les emballages biodégradables. Enfin, le président Baye Salla Mar en appelle au sens des responsabilités de chaque citoyen, les invitant à adopter la culture du tri sélectif à la base, à réduire le recours aux objets jetables et à opérer un profond changement de comportement pour vivre en harmonie avec l'environnement.
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