Raffinerie : La grande offensive de Dangote qui met la pression sur la SAR
Depuis quelque temps, la branche raffinerie de l’empire Dangote connaît une montée en puissance fulgurante à l’échelle continentale. Un dynamisme qui ne laisse pas indifférent dans le secteur. Au Sénégal, la Société africaine de raffinage (SAR) prête une attention particulière à cette nouvelle configuration, surtout que Dangote compte avancer ses positions dans le voisinage.
« Au niveau sous-régional, la SAR fait face à une concurrence. Vous avez certainement vu les différentes actions offensives de Dangote qui va investir bientôt 2 milliards de dollars en Gambie. Dangote va investir également au niveau de la Guinée et c'est pour construire des dépôts », a signalé, hier jeudi, le Directeur général de la Société.
Pour Abib Diop, qui s'exprimait lors de la conférence de presse du ministère de l'Energie et du Pétrole, l’objectif de la raffinerie du milliardaire, « c'est d'inonder le marché sous-régional ». Ce, au moment où la raffinerie sénégalaise, elle aussi, « ambitionne d'approvisionner le marché sous-régional ».
Cette nouvelle configuration de la concurrence impose donc à la SAR de se moderniser et de rehausser ses capacités. Son Directeur général signale que le Sénégal est obligé d’y « aller avec toute la célérité qu'il faut, et de lever tous les verrous et goulots d'étranglement ».
Abib Diop indique que la SAR s’est même résolue à faire évoluer ses missions, qui se résumaient, jusqu’ici, à l'approvisionnement du marché national en produits pétroliers. Sa nouvelle mission s’articule maintenant autour de la valorisation des ressources pétrolières et gazières, de nature à assurer l'approvisionnement du pays et de la sous-région en produits pétrochimiques et en produits raffinés conformes.
Si la SAR a pris une telle décision, c’est aussi parce qu’elle fait face à d’autres pressions, dont l’une est liée à la transition écologique. Par exemple, le secteur des transports s’ouvre de plus en plus à l’électrique. De plus, Senelec, l’un de ses plus fidèles clients, veut évoluer vers le gaz, au détriment du fioul qu'elle lui fournit.
« Cela veut dire que la SAR doit se réinventer », souligne M. Diop. Et le processus est déjà lancé, puisque le projet SAR2 est mis en route. Le 23 septembre dernier, la SAR a signé un protocole d'accord avec la compagnie turque Yamata pour construire une deuxième raffinerie au Sénégal et moderniser les sites actuels.
Commentaires (13)
Soyez objectifs et justes dans vos appréciations
Notre pays n'avait pas besoin d'attendre la découverte du pétrole et du gaz sur nos côtes pour développer ses capacités de raffinage. Une grand partie du pétrole utilisé par Dangote est importé des USA ou d'autres pays.
Vu la position ultra stratégique du port de Dakar, ont aurait pu réaliser de grandes choses.
Dangote a posé la première pierre de sa raffinerie il y a 10 ans, mais comme d'habitude dans ce pays, on attend de cogner le mur pour se réveiller.
Vous savez très bien qu'avec l'extension des capacités de raffinage en cours, qui lui permettra de passer de 700 000 bpj à 1 400 000 bpj d'ici 2030, Dangote risque même d'alimenter le Mali.
+ de prospective, + d'action, - de discours.
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