Harcelée au travail, elle obtient 56'000 fr. de son employeur
Sa hiérarchie n’a pas réagi aux messages sexuels, vidéos porno et rumeurs dont elle était victime. La justice lui donne raison et a condamné son employeur.
Une employée d’une compagnie d’autocars valaisanne a subi des mois de harcèlement sans que sa hiérarchie intervienne. Le Tribunal cantonal sanctionne sévèrement la passivité de son employeur, condamné à lui verser 56'000 francs, selon le «Le Nouvelliste».
Tout commence à l’automne 2018. Engagée depuis quelques semaines comme accompagnatrice de voyage, une employée reçoit d’un chauffeur un premier message à caractère sexuel. D’autres suivent: remarques explicites, propositions de «plan à trois», messages vocaux et vidéos pornographiques. Elle alerte ses supérieurs, dont l’un se dit «surpris et choqué». Aucune mesure n’est pourtant prise.
La situation dégénère en véritable campagne de dénigrement. Dans l’entreprise, des collègues prétendent qu’elle aurait couché avec plusieurs chauffeurs et des clients ou proposé des faveurs sexuelles. Sa tenue, jugée «provocante» par certains, devient également un sujet. Lors d’une réunion où elle montre à sa hiérarchie un nouveau message particulièrement cru, un responsable lui rappelle que les minijupes sont interdites et qu’il ne faut pas «distraire les chauffeurs».
L’employée continue de dénoncer les comportements dont elle est victime. En octobre 2019, après de nouvelles remarques sur son maquillage et ses ongles, le responsable des ressources humaines lui demande cette fois de «se remettre en question» et de «se taire». Elle constate ensuite qu’elle est progressivement écartée de certaines courses, avec des conséquences sur ses revenus. Après avoir évoqué un possible harcèlement moral et sexuel, elle n’est finalement plus affectée à aucune course jusqu’à son licenciement en juillet 2020.
L’affaire aboutit devant la justice six ans plus tard. Le Tribunal cantonal donne largement raison à l’ancienne employée et porte un jugement particulièrement sévère sur son employeur. La magistrate décrit un climat de travail marqué par des préjugés liés au genre et «propice au harcèlement sexuel», ainsi qu’une culture d’entreprise tolérant les comportements et opinions sexistes.
La décision sanctionne donc non seulement les actes subis par la victime, mais aussi l’inaction de l’entreprise alors que sa hiérarchie avait été alertée à plusieurs reprises. L’employeur devra lui verser 56'000 francs.
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