Russie, énergie: Macron informe les candidats à sa succession sur les risques géopolitiques
Face à une "dégradation rapide" de la situation géopolitique et des prix du carburant "devenus insupportables", le président français Emmanuel Macron a eu vendredi une réunion confidentielle avec les principaux candidats à la présidentielle de 2027 ou leur représentant.
Au menu, les risques qui pèsent sur la France, notamment en raison de l'invasion russe de l'Ukraine.
Emmanuel Macron, qui a pris la parole à l'issue de la réunion, a prévenu que la "nature de l'agressivité russe et des menaces en Europe change".
La Russie, soupçonnée de vouloir tester les Occidentaux, est accusée de mener des opérations hybrides en Europe.
Le président a dit avoir demandé la préparation d'un "plan de protection de nos infrastructures critiques" face à ces attaques ayant déjà touché plusieurs pays.
"La volonté qu'il y a derrière (ces attaques), c'est nous intimider et c'est casser l'effort de soutien aux Ukrainiens. La conséquence sera le contraire", a assuré le président français. "Nous ne sommes pas intimidés parce que nous savons que se joue en Ukraine notre sécurité d'aujourd'hui et de demain", a-t-il ajouté.
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat de centre droit à la présidentielle, a indiqué à sa sortie de la réunion qu'Emmanuel Macron avait été "très clair sur la nécessité de continuer à faire passer des messages à la Russie" sans pour autant "entrer dans une belligérance".
Marine Tondelier, la candidate écologiste, a elle estimé qu'il y avait "des raisons d'être très inquiet" concernant les "entreprises de déstabilisation" de Moscou.
Le président et les services de renseignement "nous disent en substance que le scénario d'un règlement rapide des conflits" en Ukraine et au Moyen-Orient "n'existe plus, et que ces conflits risquent de s'enliser et que donc la crise risque de durer", avait auparavant déclaré le candidat communiste Fabien Roussel à sa sortie.
Il avait rapporté avoir demandé à Emmanuel Macron et au gouvernement "d'agir" pour "baisser les taxes" sur l'énergie.
La même demande avait été formulée à son arrivée par le président du Rassemblement national (extrême droite) Jordan Bardella, représentant la candidate Marine Le Pen: "accepter une baisse des taxes sur les carburants" pour répondre aux "souffrances" de "la France qui travaille".
Emmanuel Macron a par la suite annoncé que la France allait convoquer une réunion du G7 consacrée aux "sujets énergétiques", qui se tiendra "dans les prochaines semaines", afin notamment d'"avancer sur une meilleure coordination sur les niveaux de stocks".
Le candidat de La France insoumise (gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon, s'était également fait représenter.
Les autres principaux candidats présents étaient : Gabriel Attal (centre droit), Bruno Retailleau (droite), Raphaël Glucksmann et Olivier Faure (gauche).
L'Elysée a justifié la réunion par "la dégradation rapide ces derniers jours de la situation internationale", afin d'évoquer "les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine et leurs conséquences en France sur la sécurité et l'énergie".
Le président Macron était accompagné des chefs du renseignement, des autorités militaires et du directeur général de l'énergie.
Au sommet de l'Etat, on surveille en effet avec une certaine appréhension la colère sociale face à cette inflation énergétique, et les appels à la mobilisation pour le mois d'octobre, en essayant de scruter les possibles ressemblances avec le mouvement des "gilets jaunes" qui avait terni, en 2018, le début de la présidence Macron.
Commentaires (2)
Quel africain n'a pas encore compris ce qu'est l'information juste, la liberté de presse et toutim ?
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