News Feed
Mardi 3 novembre 2026
à Dakar
Close icon
Se connecter

De limogé de la Justice à patron des Sages : La revanche d'Ousmane Diagne !

Auteur: Aminata SARR

De limogé de la Justice à patron des Sages : La revanche d'Ousmane Diagne !

De limogé de la Justice à patron des Sages : La revanche d'Ousmane Diagne !

🎧 Écouter l'article
0:00
--:--
62 écoutes

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a nommé, par décret n° 2026-1318 du 13 juillet 2026, Ousmane Diagne président du Conseil constitutionnel, en remplacement de feu Mamadou Badio Camara. Cette nomination marque le retour au premier plan de l'ancien ministre de la Justice, plusieurs mois après son départ du gouvernement.

​Ousmane Diagne avait été remplacé le 6 septembre 2025 à la tête du ministère de la Justice lors d'un remaniement ministériel. Le décret présidentiel avait alors acté son départ au profit de Yassine Fall, membre du Pastef et proche d’Ousmane Sonko, Premier ministre d’alors, qui avait été nommée garde des Sceaux. Ce remaniement avait également entraîné la sortie du gouvernement de plusieurs autres ministres, dont le général Jean-Baptiste Tine à l'Intérieur, tandis que Cheikh Niang prenait les rênes du ministère des Affaires étrangères.

​Le refus des pressions face à l'aile politique

​« Je n’ai jamais accepté qu’on fasse pression sur moi, surtout dans un sens déterminé. Qu’on ne compte pas sur moi pour exercer la moindre pression sur les magistrats du siège. » Ce 2 avril 2025, devant les députés, le ministre sénégalais de la Justice, Ousmane Diagne, plaidait le respect des règles de procédure, refusant toute forme de précipitation face aux supposées lenteurs que beaucoup de membres de Pastef lui reprochaient. Aujourd’hui, il occupe l’une des stations les plus privilégiées de la magistrature.

​Cette rigueur procédurale avait d'ailleurs cristallisé des tensions au sommet. En mi-novembre 2024, en pleine campagne électorale en perspective des législatives anticipées, le leader de Pastef et chef du gouvernement avait fait une sortie au vitriol, indexant nommément les ministres de l’Intérieur et de la Justice.

​« Je suis le Premier ministre du Sénégal. J’ai le droit de donner des ordres au ministre de l’Intérieur et à celui de la Justice. Ce dernier est une autorité politique, ce n’est pas une autorité judiciaire. Des gens disent qu’il a une indépendance, qu’on ne peut lui donner des injonctions. Si je lui dis de poursuivre Déthié, il n’a pas le droit de ne pas appeler le procureur général », avait notamment lancé Ousmane Sonko, reprochant un manque de réactivité face à des violences signalées durant la campagne.

​Un profil de technicien au sommet des lois

​Magistrat de carrière, Ousmane Diagne compte plus de trente années d'expérience dans la magistrature sénégalaise. Au cours de son riche parcours, il a notamment occupé les fonctions de procureur général près la Cour d'appel de Dakar, de premier avocat général près la Cour suprême, après avoir été procureur et doyen des juges d'instruction. Nommé ministre de la Justice en avril 2024, il s'était illustré avant son départ par la saisine du parquet en vue de la réouverture du dossier relatif aux décès enregistrés lors des violences politiques survenues entre 2021 et 2024.

​Après son remplacement au ministère de la Justice, sa réintégration à la Cour suprême avait pourtant connu de longs retards. L'acte ayant permis son affectation au parquet général de la haute juridiction étant devenu caduc, sa situation dépendait d'une réunion du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qui ne s'était plus réuni depuis le 26 juin 2025. Avec cette nomination au Conseil constitutionnel, le magistrat signe un retour retentissant au cœur de l'architecture institutionnelle du pays.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Ousmane Diagne a été nommé président du Conseil constitutionnel par décret du 13 juillet 2026, en remplacement de Mamadou Badio Camara. - Il avait été limogé du ministère de la Justice le 6 septembre 2025 lors d'un remaniement, remplacé par Yassine Fall. - Magistrat de carrière avec plus de 30 ans d'expérience, il avait refusé des pressions politiques, notamment d'Ousmane Sonko, sur les magistrats.
Auteur: Aminata SARR
Publié le:

Commentaires (7)

Trier par :
Seuls les membres inscrits ayant reçu des 👍 apparaissent dans ce classement. Se connecter pour y figurer
  • avatar
    Bro ⭐ Top commentaire il y a 3 mois
    Trés bien il reste le Général KANDE il le faire revenir on a besoin de lui
  • avatar
    Culture de magistrat il y a 3 mois
    Quelle revanche? Disons que le président compte en faire son bras séculier dans sa rivalité contre Sonko. Les magistrats sont des gens dociles et prêts à servir tout pouvoir en place. Ils ont une culture de l’obéissance.
  • avatar
    Ignorance il y a 3 mois
    Voilà sept personnes qui parlent de droit constitutionnel alors qu’ils ont cessé de l’apprendre depuis leur première année de faculté

Participer à la Discussion

Règles de la communauté
  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.

Emoji