Me Moussa Sarr : « Près de 90 % des points du protocole d'accord signé avec le SYTJUST et l'UNTJ ont été exécutés »
Sur l’exécution de l’accord signé le 7 août 2025 entre l’Etat, le Syndicat des travailleurs de la justice (SYTJUST), l’Union nationale des travailleurs de la justice (UNTJ), un seul point reste en discussion. Il s’agit des modalités de reclassement, selon le Garde des sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr.
Prenant la parole au cours du point de presse organisé par le gouvernement, ce lundi, au Building administratif Mamadou Dia, à Dakar, il a indiqué que « quasiment 90 % des points du protocole signé ont été exécutés ».
« De décembre 2025 à mai 2026, conformément aux dispositions du protocole, les 546 agents ou travailleurs de la justice concernés ont suivi une formation de six mois au Centre de formation judiciaire (CFJ). À l’issue de cette formation, des évaluations ont été organisées. Tous les participants ont pris part aux évaluations et obtenu leur diplôme. Les attestations ont également été signées. Par la suite, une première réunion de suivi du protocole s’est tenue le 12 juin 2026 au ministère du Travail, alors que j’avais été nommé le 1er juin », a-t-il tenu à rappeler
« Je me suis, à la limite, comporté comme un avocat pour défendre leur situation »
Ainsi, il dit qu’une réunion de cadrage a d’abord eu lieu. Une seconde réunion s’est tenue le 23 juillet 2026, à la demande des syndicats. « J’ai moi-même saisi le ministre du Travail pour l’organisation de ces rencontres et reçu la délégation des deux syndicats, en ma qualité de ministre. J’estime qu’en tant que chef de département, toutes les questions liées aux conditions de travail et de vie de mes collaborateurs m’interpellent au premier chef. C’est la raison pour laquelle je me suis, à la limite, comporté comme un avocat pour défendre leur situation, en négociant directement la tenue d’une rencontre dans les meilleurs délais. Mon collègue a immédiatement réagi et la rencontre a eu lieu », a-t-il souligné.
Me Moussa Sarr de détailler : « Nous avons profité de cette rencontre pour discuter du reclassement. Je la considère comme fructueuse. En effet, non seulement la formation et la diplomation ont été actées, mais le ministère du Travail a également accepté, pour des raisons d’efficacité, de mettre en place un guichet unique. Au lieu de demander à chaque travailleur de la justice de déposer individuellement son dossier de reclassement, il a été convenu de regrouper tous les dossiers afin de procéder à un reclassement global et de gagner du temps ».
« (…) cette option n’était pas possible, au motif qu’elle créerait un précédent susceptible d’amener d’autres fonctionnaires à … »
Il avance : « Deuxièmement, le ministère a accepté de régulariser l’avancement de tous les travailleurs de la justice qui n’avaient pas bénéficié d’une évolution, que ce soit à l’ancienneté ou à titre automatique. L’État, par le biais du ministère du Travail, a ainsi accepté de régulariser leur avancement jusqu’en 2026. Tous les travailleurs ont avancé, soit automatiquement, soit au choix. C’est une concession majeure ».
Des simulations ont fait apparaître une réévaluation significative des rémunérations après reclassement, dont le montant le plus faible est de 200 000 francs CFA.
« Il restait toutefois un point à régler concernant le reclassement. Conformément à la loi et à la pratique administrative, le ministère du Travail a proposé un reclassement sur la base de l’indice égal ou immédiatement supérieur. Les travailleurs de la justice, notamment les greffiers, ont formulé une contre-proposition en demandant à être reclassés tout en conservant leur grade. Le ministère du Travail a indiqué que cette option n’était pas possible, au motif qu’elle créerait un précédent susceptible d’amener d’autres fonctionnaires à formuler la même demande, d’autant plus qu’elle ne disposerait pas, selon lui, de fondement légal », dit-il.
« Nous pensons que, dans les semaines à venir, nous parviendrons à dépasser ce point d’achoppement »
Le Garde des sceaux de souligner que, dans le cadre de l’exécution de ce protocole, « nous avons toujours fait preuve d’ouverture ». « Le dialogue a été permanent puisque, entre juin et aujourd’hui, nous nous sommes rencontrés à trois reprises. Je reçois également les syndicats chaque fois que cela est nécessaire », déclare-t-il. Avant de poursuivre : « Des avancées notables ont donc été enregistrées, même s’il reste ce point à résoudre. J’espère que nous parviendrons à un accord, d’autant plus que nous demeurons ouverts au dialogue et à la discussion ».
Il a salué « le climat apaisé qui prévaut dans le milieu judiciaire » : les travailleurs ne sont pas partis en grève et les négociations se poursuivent. « Nous pensons que, dans les semaines à venir, nous parviendrons à dépasser ce point d’achoppement et à achever définitivement l’exécution intégrale du protocole d’accord », a-t-il conclu.
Ce protocole s’inscrit dans le prolongement du décret n° 2019-575 du 5 février 2019 portant réorganisation des corps et des carrières des travailleurs de la justice. Selon le ministre, ce décret n’avait fait l’objet d’aucune mesure d’application avant la signature de l’accord.
Commentaires (2)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.