Thiès : Un différend de 7 000 F CFA vire au drame, un docker risque 10 ans de réclusion criminelle
La Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès a examiné une affaire de meurtre opposant le sieur C.I. Ndiaye à son ami C. Diaw. Initialement poursuivi pour assassinat, l'accusé est soupçonné d'avoir mortellement poignardé la victime à l'issue d'une violente altercation survenue dans la nuit du 6 septembre 2022, à Thiès.
Selon les éléments de l'enquête, les deux hommes, qui travaillaient comme dockers, avaient effectué ensemble un déchargement de conteneur. Un différend est ensuite né autour du partage de leur rémunération. C. I. Ndiaye réclamait à son ami la somme de 7 000 F CFA qu'il estimait lui être due. Lassé de ces réclamations répétées, C. Diaw lui aurait demandé de ne plus lui réclamer cet argent, déclenchant une bagarre entre les deux amis.
Au cours de l'altercation, C. I. Ndiaye a poignardé au couteau C. Diaw, qui a succombé à une importante perte de sang. Interpellé, il a été placé sous mandat de dépôt avant d'être renvoyé devant la chambre criminelle.
À la barre, le prévenu a reconnu s'être battu avec la victime et l'avoir blessée, tout en niant avoir eu l'intention de la tuer. « J'étais sur mon chemin lorsque C. Diaw m'a attaqué par-derrière. Il m'avait dominé pendant la bagarre. J'étais épuisé et, pour me dégager, je l'ai poignardé. Je ne sais pas d'où venait le couteau, je l'ai ramassé sur place. Je n'étais pas armé », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur les liens d'amitié qui l'unissaient à la victime, rappelant que leurs deux familles se connaissaient bien. Les proches du défunt ont confirmé cette relation. Son frère, O. Diaw et son épouse ont indiqué que C.I. Ndiaye fréquentait régulièrement leur domicile.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a estimé que la préméditation, élément constitutif de l'assassinat, n'était pas établie. Il a relevé que l'accusé était resté sur les lieux après les faits, manifestant des regrets.
En revanche, le ministère public a considéré que l'intention homicide était caractérisée, soulignant que le coup avait été porté avec un couteau sur une partie vitale du corps de la victime.
Le parquet a ainsi demandé la requalification des faits d'assassinat en meurtre, avant de requérir dix ans de réclusion criminelle.
La défense, assurée par Me Sy, a soutenu que rien ne permettait de retenir une quelconque préméditation. L'avocat a également contesté l'intention de tuer, rappelant que son client était demeuré sur les lieux en répétant « Je ne voulais pas te poignarder, je ne voulais pas te tuer. »
Estimant que ces éléments traduisaient l'absence d'intention homicide, la défense a plaidé la requalification des faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. À défaut, elle a sollicité une application bienveillante de la loi.
Délibéré le 7 septembre 2026.
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