Tribunal de Thiès : Poursuivi pour viol, il crée la confusion à la barre, le parquet requiert 20 ans de réclusion criminelle
La Chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès avait évoqué, le mardi 24 février 2026, l'affaire opposant le cultivateur I. Seydi, âgé de plus de 50 ans, à une adolescente de 12 ans, pour viol, pédophilie et détournement de mineure. C'était en 2023 à Fass Boye, dans le département de Tivaouane.
À la barre, en l'absence de la victime, le prévenu avait reconnu avoir eu des rapports sexuels avec une fille qu'il a désignée sous le nom d'Yvonne Mané, tout en affirmant ne pas connaître la victime présentée dans le dossier sous le nom de Fatou Mané. Il avait précisé que la jeune fille était consentante et avait justifié ses actes en évoquant une relation amoureuse.
« J'étais amoureux de cette fille. Nos maisons sont côte à côte. J'avais décidé de l'épouser. Quand j'en ai parlé à son père, il a dit qu'il allait d'abord en parler à la mère. La fille venait ensuite chez moi pour me préparer du thé. C'est lors de ces moments que nous avons entretenu des rapports sexuels à plusieurs reprises. Je ne l'ai jamais forcée. Je profitais de l'absence de ma femme pour coucher avec elle», avait expliqué le prévenu.
Selon l'enquête, lorsque l'adolescente est tombée enceinte, l'accusé lui aurait donné des médicaments pour provoquer un avortement.
Le père de la victime avait précisé qu’il s’agit de la même personne et qu’Yvonne Mané est également appelée Fatou Mané. « Quand j’ai remarqué un changement morphologique chez ma fille, je lui ai demandé si I. Seydi couchait avec elle et elle a répondu non. Quelques jours plus tard, j’ai constaté qu’elle prenait du poids. J’ai alors alerté la mère, qui l’a conduite à l’hôpital. L’examen médical a révélé qu’elle était enceinte. Interrogée sur l’auteur, elle a cité I. Seydi », avait déclaré le père.
Le prévenu, cependant, continuait d’affirmer qu’il n’a jamais connu la nommée Fatou Mané, créant ainsi une confusion dans l’affaire. La défense avait ainsi sollicité le renvoi du dossier pour permettre la comparution de la victime. Le juge a accédé à la demande et a renvoyé l’affaire au 9 juin 2026 afin d’entendre Fatou Mané, actuellement en Casamance.
À la barre, ce lundi 27 juillet, en l'absence encore de la partie civile, le prévenu I. Seydi a continué à contester l'identité de la victime et a persisté n'avoir connu que la nommé Yvonne Mané. Il a annoncé que ses parents ont utilisé un faux acte de naissance pour le poursuivre en justice. Le juge lui a alors rappelé que les parents de la victime disent n'avoir qu'une seule fille nommée Fatou Mané.
Le prévenu a encore avoué avoir entretenu des rapports sexuels non protégés avec Yvonne Mané à plusieurs reprises et a précisé que celle-ci était consentante.
Mais à l'enquête préliminaire, Fatou Mané avait déclaré que le prévenu lui avait donné des médicaments pour avorter. Elle avait expliqué qu'elle considérait le prévenu comme son père. Mais quand ils se retrouvaient seuls chez lui, l'homme lui invitait dans sa chambre et l'a forçait à entretenir des rapports sexuels.
Le procureur de la République a souligné que le prévenu n'avait jamais évoqué le nom d'Yvonne Mané à l'enquête préliminaire et que ces dénégations sont non fondées. Le parquet croit qu'I. Seydi veut profiter de l'absence de la prévenue pour créer la confusion. Selon le procureur, la culpabilité du prévenu ne souffre d'aucune contestation. Il a requis 20 ans de réclusion criminelle.
Délibéré le 7 septembre 2026.
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