Thiès : une vieille dame perd un doigt après une altercation avec un berger, le parquet requiert deux ans ferme
Le tribunal des flagrants délits de Thiès a appelé, ce vendredi une affaire de violences ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) de 60 jours survenue dans la commune Diender. Le berger Y. Sow est poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant occasionné une ITT de 60 jours au préjudice de A. Dème, une vieille dame, ainsi que pour détention illégale d'arme.
À la barre, la plaignante a raconté qu'elle se trouvait devant son domicile lorsque les bœufs du prévenu seraient venus dévorer ses oignons.
« Je lui ai demandé de récupérer ses bœufs, mais il ne m'a pas répondu. J'ai insisté, sans réaction de sa part. Je me suis dirigée vers lui et il a brandi sa machette. Il a voulu frapper mon fils. En voulant intervenir, j'ai reçu le coup à la main gauche. Mes trois doigts ont été opérés et un a dû être amputé », a-t-elle déclaré.
Le prévenu a catégoriquement contesté cette version des faits. Selon lui, ses animaux n'ont jamais dévoré l'oignon de la victime.
Il a expliqué que lorsque cette dernière lui a demandé de récupérer ses bœufs, il lui a répondu qu'ils se trouvaient sur la voie publique et qu'il n'avait donc rien à se reprocher. Il affirme ensuite que la vieille dame l'a insulté avant de s'en prendre à lui.
« Elle a saisi la machette qui se trouvait dans son fourreau. En tirant dessus, elle s'est blessée à la main. Je ne lui ai porté aucun coup. C'est elle qui s'est blessée en tirant sur la machette », a soutenu Y. Sow.
La partie civile soulève l'incompétence du tribunal
Avocat de la partie civile, Me Sy a estimé que les faits relèvent d'une qualification criminelle en raison de l'amputation subie par la victime. Il a plaidé l'incompétence du tribunal des flagrants délits et demandé le renvoi du dossier devant la juridiction compétente.
À défaut, l'avocat a sollicité la déclaration de culpabilité du prévenu et sa condamnation à la peine qui sera requise par le ministère public. Il a également réclamé 10 millions de FCFA à titre de dommages et intérêts pour sa cliente.
Le parquet requiert deux ans de prison
Le substitut du procureur s'est opposé à l'exception d'incompétence soulevée par la partie civile, estimant que le dossier devait rester sur le terrain délictuel.
Sur le fond, il a considéré que les explications du prévenu ne résistent pas à l'analyse. Selon lui, si la victime s'était réellement blessée en tirant elle-même sur la machette, elle aurait instinctivement lâché l'arme dès les premières blessures et n'aurait pas perdu son doigt.
Le représentant du ministère public a ainsi requis la déclaration de culpabilité de Y. Sow pour coups et blessures volontaires et détention illégale d'arme, ainsi qu'une peine de deux ans ferme.
La défense conteste la circonstance aggravante
Assurant la défense du prévenu, Me Sène a demandé au tribunal d'écarter la circonstance aggravante évoquée par la partie civile, faisant valoir que cette qualification n'a pas été visée dans les poursuites engagées contre son client. Il soutient que la victime s'est blessée parce qu'elle a tenu la lame de la machette pendant que le prévenu tirait. Il croit que ces blessures sont involontaires.
Le tribunal a été mis l'affaire en délibéré.
Commentaires (2)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.