Droits des femmes : Me Moussa Sarr favorable à une infraction spécifique pour le féminicide
Le féminicide pourrait-il bientôt faire l’objet d’une incrimination spécifique au Sénégal ? La question a été au cœur des échanges, ce lundi 7 septembre 2026, entre le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, et une délégation d’organisations féminines et féministes engagées dans la défense des droits des femmes et des filles. L’annonce a été faite sur sa page Facebook, plateforme Me Moussa Sarr.
Selon le compte rendu, lors de la rencontre, les représentantes ont plaidé pour la reconnaissance du féminicide comme une infraction autonome. Une revendication à laquelle le Garde des Sceaux s’est montré, à première vue, favorable. Me Moussa Sarr a indiqué être à priori favorable à une consécration spécifique du féminicide, ouvrant ainsi la voie à une réflexion sur son éventuelle inscription dans l’arsenal juridique sénégalais.
La question s’inscrit dans un contexte marqué par les violences faites aux femmes et aux filles, également évoquées au cours de l’audience. Les organisations féministes ont insisté sur la nécessité de renforcer la réponse judiciaire, mais aussi la prévention, la protection des victimes et la formation des forces de sécurité.
La délégation a également soulevé plusieurs autres dossiers sensibles : la refonte du Code de la famille, l’avortement médicalisé dans les cas de viol et d’inceste, la situation des femmes détenues, les violences faites aux femmes et aux enfants ainsi que le harcèlement, notamment sur les plateformes numériques.
Sur les violences faites aux femmes et aux filles, le ministre a assuré que cette problématique sera prise en compte dans le cadre de la prochaine circulaire de politique pénale générale. Une orientation qui devrait permettre de préciser les priorités de l’action du parquet en matière de lutte contre ces violences.
Concernant la refonte du Code de la famille et l’avortement médicalisé en cas de viol ou d’inceste, Me Moussa Sarr a appelé à poursuivre la réflexion. Il a insisté sur le caractère particulièrement sensible de ces questions et sur la nécessité de rechercher des « compromis dynamiques » tenant compte des différentes sensibilités de la société sénégalaise.
Les organisations ont, par ailleurs, plaidé pour une meilleure prise en charge des victimes et un renforcement des capacités des forces de sécurité. Elles ont salué le travail des Maisons de Justice, tout en demandant davantage de moyens pour ces structures.
La rencontre a également permis d’évoquer les assises nationales envisagées sur les droits des femmes et des filles. Les organisations ont proposé l’instauration d’un cadre permanent de dialogue avec l’État.
Me Moussa Sarr a, pour sa part, réaffirmé que les organisations de défense des droits humains constituent des partenaires privilégiés de l’État. Il a annoncé la mise en place prochaine d’un cadre de concertation et de dialogue devant réunir, au moins une fois par an, les différentes organisations pour faire le point sur la situation des droits humains au Sénégal.
La création d’un comité ad hoc chargé de préparer une stratégie nationale en matière de droits humains est également à l’étude.
Avec la position exprimée par le Garde des Sceaux sur le féminicide, la rencontre ouvre ainsi une nouvelle séquence de réflexion sur le renforcement de la réponse pénale face aux violences faites aux femmes au Sénégal.
Doudou DIOP
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