Décédé suite à un accident : Dr Ibrahima Sow, itinéraire d'un chirurgien dévoué à l’hôpital public
Directeur de l’hôpital régional de Matam depuis mai 2025, le chirurgien Ibrahima Sow laisse derrière lui un parcours marqué par le dévouement, la rigueur et l’engagement au service de la santé publique. De Dakar à Matam, en passant par Tambacounda, Louga et l’hôpital Abass Ndao, il aura consacré sa carrière aux soins, à la défense de ses confrères et à l’amélioration de la gouvernance hospitalière.
La nouvelle de sa disparition a le goût amer des départs que l’on n’imagine jamais. Le Dr Ibrahima Sow est décédé accidentellement ce samedi 10 octobre laissant derrière lui un parcours professionnel d'une grande richesse et le souvenir d’un praticien qui avait fait du service au patient le fil conducteur de son existence. Sa disparition brutale vient interrompre l’itinéraire d’un médecin engagé, dont les responsabilités successives témoignaient d’une ambition constante : contribuer à une médecine plus humaine et à un hôpital public performant.
De Dakar aux hôpitaux régionaux, le parcours d’un homme de devoir
Originaire de Dakar, Ibrahima Sow a grandi entre Rebeuss, Centenaire, Colobane et les HLM. Il y effectue son parcours scolaire, du primaire à Colobane 3 jusqu’au lycée Blaise Diagne, où il obtient son baccalauréat en 1994. Inspiré par son père diplomate, qui nourrissait une profonde admiration pour les professionnels de santé, il choisit la médecine. En 1995, il intègre la faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
Sept années d’études exigeantes le conduisent à l’obtention de son doctorat d’État en 2002. Son goût pour l’action et la précision du geste l’oriente vers la chirurgie générale, spécialité dans laquelle il se perfectionne entre 2003 et 2007.
Très tôt, il manifeste un intérêt marqué pour les questions collectives. Secrétaire du Collectif des médecins en spécialisation (COMES), il s’investit ensuite activement dans le mouvement syndical. À Louga, puis à l’hôpital Abass Ndao, il défend les intérêts de ses collègues et contribue aux réflexions sur les conditions de travail et le fonctionnement des structures sanitaires.
Il devient secrétaire général de la section du Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES) à Abass Ndao, puis membre du bureau national. Chez lui, l’engagement professionnel ne se limitait pas au bloc opératoire : il s’étendait à la défense d’un système de santé capable de mieux répondre aux attentes des patients comme des soignants.
Du bloc opératoire à la direction hospitalière
Le parcours du Dr Ibrahima Sow est jalonné de responsabilités croissantes. Chirurgien à l’hôpital régional de Tambacounda de 2007 à 2008, il prend ensuite la tête du service de chirurgie de l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga jusqu’en 2015. Il rejoint par la suite l’hôpital Abass Ndao de Dakar, où il dirige le bloc opératoire pendant dix ans avant d’être nommé président de la Commission médicale d’établissement (PCME) en novembre 2023.
Le 22 mai 2025, il prend les commandes de l’hôpital régional de Matam. À ce poste, il ambitionnait de poursuivre la mise en œuvre du projet d’établissement 2021-2026 et de hisser la structure au rang de pôle d’excellence, grâce à l’amélioration de l’accueil, de la qualité des soins et de la gouvernance.
Pour accompagner ces responsabilités, il avait enrichi son cursus de plusieurs formations, notamment en chirurgie de guerre avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en chirurgie mini-invasive à Caceres (Espagne) et en management des établissements de santé. Son intérêt pour la chirurgie de guerre révélait une conception exigeante de la médecine : intervenir dans les situations les plus complexes, soigner les blessés et porter assistance aux populations isolées. Une vocation née notamment des souvenirs de son oncle, infirmier diplômé d’État à Kaolack, qu’il accompagnait lors de tournées médicales pendant ses vacances d'enfance.
L’humain au cœur de la médecine
Au-delà des titres et des fonctions, le Dr Ibrahima Sow défendait une philosophie fondée sur le don de soi. Les contraintes matérielles, même lorsqu’elles compliquent le quotidien des soignants, ne devaient pas faire oublier l’essentiel : le patient. L’humilité, l’écoute et l’empathie constituaient à ses yeux des exigences fondamentales de la pratique médicale. Aux jeunes médecins, il recommandait la patience, la rigueur de l’examen clinique avant toute prescription, le respect des aînés et la disponibilité à servir partout au Sénégal.
Sa disparition accidentelle donne aujourd’hui une résonance particulière à cet itinéraire exemplaire. De Dakar à Tambacounda, de Louga à Abass Ndao, puis à Matam, son parcours aura traversé plusieurs territoires et structures de santé. À chaque étape, il aura œuvré avec la volonté constante de moderniser le service public hospitalier.
La mort l’aura arraché brutalement à sa mission. Mais le souvenir de son engagement, de son expertise et de sa vision profondément humaine du métier demeure gravé dans les mémoires. Dans les établissements où il a exercé, auprès de ses confrères et des patients qu’il a soignés, son départ laisse un vide immense. Adieu, Docteur.
Commentaires (28)
Tu voyages la.nuit des fois sur les routes nationales tu tombes sur un goudron noir sans marquage au sol on se debrouille vraiment pour s en sortir.
Responsibilite de l etat est engage.
On connait pas nos priorite dans ce pays.
KOU GNOU FAL ESCORTE YI COMMENCER MOI FATE LIKO TAKHA FALOU.
TRES EGOISTE
Un moment de rappeler aux docteur qu ils ont un metier tres nobles. Ce beau metier est entrain d etre detruit par la recherche de l argent facile. Ce qu Allah swt vous reserve est mille fois mieux que le cfa le dollar ou l euro. Ne laissez pas les gens mourrir par manque de moyens default de prise en charge. Faites de vos mieux pour aider
J ai eu un cas y a meme pas deux jours dans mon coin.quelqu un qui tombe en malaise seul en pleine rue na pas le temps d attendre sa famille pour une prise en charge vous etes sa famille aider le.
S Il y a lieu d aller en greve pour que l Etat vous soutienne dans cette mission il faut le faire
La vie est tres sacree et y en a qui n ont meme pas quoi mange et merite de vivre.
Tout le peuple senegalais doit vous soutenir pour changer cette situation qui rend nos hopitaux des mourroirs.
Et si quelqu un doit etre bien payer pour servir cest vous et on a besoin de medecin experimentes pour accompagner ces jeunes docteurs dans les hopitaux.
Des hommes de cette trempe devaient etre les mieux lotis dans ce pays mais malheureusement dans ce pays on valorise la duperie le mensonge le pillage et kes contre valeurs
Qu'Allah lui ouvre les portes du Paradis
Qu’Allah SWT lui pardonne ses péchés, lui accorde Sa miséricorde infinie et l’accueille dans Son plus haut Paradis, Jannatoul Firdaous. Amine Ya Rabb 🙏🙏🤲
Qu’Allah SWT lui pardonne ses péchés, lui accorde Sa miséricorde infinie et l’accueille dans Son plus haut Paradis, Jannatoul Firdaous. Amine Ya Rabb 🙏🙏🤲
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