Licenciements : Mamadou Lamine Dianté révèle le « vrai » chiffre et écarte les 30 000 annoncés
Le débat sur l’ampleur des licenciements au Sénégal connaît un nouveau tournant. En plénière, ce mardi, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a livré les chiffres issus des vérifications engagées par son département. Selon lui, le nombre de licenciements recensés est de 351, très loin des dizaines de milliers parfois avancées dans le débat public. « Quand nous avons fait les décomptes, on était à 351 licenciements », a déclaré Mamadou Lamine Dianté devant les députés.
Le ministre a expliqué que son département avait réuni les différentes structures concernées ainsi que les organisations syndicales afin de confronter les chiffres et d’établir une situation plus précise. Le cas du Port autonome de Dakar illustre les divergences entre les données avancées par les parties. Les travailleurs évoquaient 224 licenciements, tandis que l’administration du Port en recensait 181. Le gouvernement a finalement retenu le chiffre de 224 avancé par les travailleurs, sous réserve de vérification des dossiers. Cette démarche vise notamment à distinguer les véritables licenciements des autres formes de rupture ou de fin de relation de travail. En juillet, le ministre avait déjà indiqué que les situations dénoncées par les syndicats feraient l’objet d’un examen dossier par dossier.
« Soit vous les réintégrez tous, soit vous négociez un plan social »
Au-delà de la bataille des chiffres, le gouvernement entend apporter une réponse concrète aux travailleurs concernés. Mamadou Lamine Dianté a affiché une position qu’il veut sans ambiguïté : la priorité doit être donnée à la réintégration ou, lorsque celle-ci n’est pas possible, au paiement intégral des droits. « Soit vous les réintégrez tous, ou alors vous négociez avec eux un plan social pour leur permettre de rentrer dans leurs droits », a-t-il affirmé.
Le ministre a assuré que la Direction générale du travail est chargée de poursuivre le travail de vérification et de traitement des dossiers. Il a également indiqué que plusieurs travailleurs ont déjà été réintégrés, notamment au Port autonome de Dakar. En juillet, le gouvernement faisait état de 75 réintégrations et de 15 autres prévues.
Une bataille de chiffres qui persiste
Le chiffre de 351 ne met toutefois pas fin à la controverse. Les organisations syndicales continuent de dénoncer une situation sociale beaucoup plus large, en intégrant notamment certains non-renouvellements de contrats dans leur appréciation des suppressions d’emplois. Le gouvernement, lui, entend désormais s’appuyer sur des dossiers individuels vérifiés plutôt que sur des estimations globales. Une méthode qui pourrait permettre de clarifier, structure par structure, la réalité des ruptures de contrats et les droits des travailleurs. Le débat sur les licenciements reste ainsi l’un des principaux points de tension entre l’Exécutif et les organisations syndicales, alors que les discussions autour du nouveau Code du travail et du Code de la sécurité sociale se poursuivent.
Commentaires (3)
Rien que le secteur du BTP depasse largement ce chiffre .
Des gens sont licencies et des familles brisées à cause des mensonges d'un Imposteur incompetent doublé d'une mechanté sans equivoque
y en a pas eu 5 fois plus en 2023, c'est sur.)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.