Crise ouverte au Parti socialiste : Les frondeurs de « Dundal PS » menacent d'un « casus belli » face à la direction
Les initiateurs du Manifeste « Dundal PS – Faire revivre le PS » durcissent le ton. Dans une déclaration rendue publique, ils dénoncent l’absence de mise en œuvre des engagements pris à l’issue d’une rencontre avec la Secrétaire générale du Parti socialiste, organisée à la suite de démarches de médiation entreprises par plusieurs personnalités préoccupées par l’avenir de la formation politique.
« Depuis la publication du Manifeste “Dundal PS – Faire revivre le PS” et des textes subséquents, des personnalités préoccupées par l'avenir de notre formation politique ont bien voulu intercéder auprès de la Secrétaire générale, afin de la convier à exercer sa charge dans l'esprit qui devrait la fonder : celui du rassemblement, de l’unité et de la cohésion », lit-on dans le communiqué.
Les initiateurs de « Dundal PS » disent avoir accueilli ces bons offices avec toute la considération qu'ils méritent. Soucieux de donner à cette démarche toutes ses chances, ils affirment qu'ils ont suspendu leurs activités et leurs prises de parole publiques et ont accepté la rencontre proposée.
« C’est ainsi qu’une délégation des initiateurs du Manifeste a consenti à se rendre à la résidence de la Secrétaire générale, à l'invitation des facilitateurs et en leur présence. Force est de constater qu'aucun des engagements pris à cette occasion n'a reçu le moindre commencement d'exécution. Au contraire, prisonnière d’un entourage qui préfère l'épreuve de force à la réponse à l’exigence de reconstruction du Parti, la direction persévère dans les pratiques que nous n'avons cessé de dénoncer », déplorent-ils.
Cinq faits récents sont notamment mis en avant par les initiateurs de « Dundal PS ». Le premier concerne la constitution du Réseau des femmes socialistes du Sénégal, accompagnée à Dakar à la mi-juillet 2026 par la Global Progress Foundation. Les initiateurs de « Dundal PS » estiment que cette démarche s’est déroulée dans un « cercle restreint » et dénoncent l’exclusion des femmes proches du Manifeste.
Ils évoquent ensuite les cérémonies commémorant le septième anniversaire du décès d’Ousmane Tanor Dieng. Selon eux, des manœuvres ont été entreprises pour écarter de la conduite des cérémonies le Secrétaire général légitime du PS dans le département de Dakar.
Troisième grief : la convocation du Bureau politique. Les initiateurs du Manifeste contestent désormais le processus de décision, affirmant que la réunion ne serait plus convoquée sur la base des délibérations du Secrétariat exécutif national, mais à l’issue d’une réunion tenue dans la résidence de la Secrétaire générale. Ils critiquent également les dates successivement retenues, notamment le 8 puis le 22 août 2026, ainsi que l’absence de mise à disposition préalable du rapport de la Commission de relance.
Les initiateurs de « Dundal PS » dénoncent également la réunion tenue le 6 août, toujours à la résidence de la Secrétaire générale, au cours de laquelle, selon eux, a été maintenu le projet de sanction visant les initiateurs du Manifeste. Une commission de discipline a même été instituée et ses membres désignés.
Enfin, ils protestent contre l’opposition de la Secrétaire générale à la présence de certains initiateurs du Manifeste au sein du Comité national d’organisation mis en place pour la célébration, à Dakar, des 50 ans de présence de l’Internationale socialiste en Afrique.
Le ton se fait particulièrement ferme sur la question des éventuelles sanctions disciplinaires. « La convocation d’un seul initiateur ou signataire du Manifeste “Dundal PS” devant cette commission illégitime sera considérée comme un casus belli », avertissent les signataires, qui promettent d’y répondre « à la mesure de l’irresponsabilité qui la sous-tend ».
Malgré cette mise en garde, les initiateurs affirment ne pas fermer la porte au dialogue. Ils assurent vouloir continuer à œuvrer à la reconstruction du Parti socialiste, notamment en « ranimant les structures régulières », en allant à la rencontre des militants dans leurs terroirs et en portant publiquement « une parole d’espérance et de renouveau du PS ».
Pour eux, « Dundal PS » ne constitue ni une faction ni une tentative de fracture du parti, mais plutôt une démarche destinée à empêcher l’effondrement de l’organisation héritée de Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf et Ousmane Tanor Dieng.
Ils fustigent par ailleurs « la stratégie de l’usure du temps » et l’immobilisme de la direction, au moment où les autres formations politiques investissent le terrain à l’approche d’échéances électorales majeures.
« Pour le Parti socialiste, pour son histoire et pour ses militants, la voie du dialogue franc et sincère demeure possible. Notre résignation, elle, ne le sera jamais », concluent les initiateurs de « Dundal PS – Faire revivre le PS ».
Commentaires (3)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.