Ousmane Sonko écarte toute « crise » et défend la réforme constitutionnelle
Dans un entretien accordé, hier, à Al Jazeera English, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, est revenu sur la répartition des pouvoirs, les réformes en cours et la situation politique du pays, qu'il a décrite comme « stable et normale ».
Sur les interrogations relatives à la direction effective du pays, il a déclaré : « Non, non, je ne pense pas que la direction du pays soit remise en question. Dans un pays bien organisé doté d'institutions qui fonctionnent, la question n'est pas de savoir qui gouverne ou qui prend les décisions. Chaque institution exerce les pouvoirs que lui confère la Constitution et assume pleinement la responsabilité de son propre domaine de compétence ». Il avance que sur le plan opérationnel, le Président de la République définit la politique de la nation et en assure la mise en œuvre par l'intermédiaire du gouvernement. L'Assemblée nationale contrôle l'application de ces politiques et les évalue. Sur le plan juridique, le Chef de l’Etat prend des décrets tandis que l'Assemblée nationale vote les lois. La répartition des responsabilités est parfaitement claire. « Il n'y a pas de place pour la confusion. La confusion que certains cherchent à créer est totalement artificielle », dit-il.
« Je tiens à rassurer tout le monde et à continuer d'encourager nos partenaires à faire confiance au Sénégal et à y investir »
A propos de la loi visant à modifier la gestion constitutionnelle, adoptée par les députés puis rejetée par le gouvernement qui a souhaité un référendum, Ousmane Sonko a écarté toute notion de crise : « Non, absolument pas. Il ne faut pas employer ce terme crise, car il n'y en a pas et il n'y en aura pas. Ce que je vois, c'est un petit groupe politique au Sénégal qui a perdu presque tout son élan politique, soutenu par une fraction restreinte de ce que l'on appelle la société civile. Je vois aussi certains médias internationaux apparemment déterminés à présenter la situation comme une crise. En réalité, ce qui se passe est tout à fait normal ». Tout en ajoutant qu’il est vrai que cette situation est inédite au Sénégal et peut-être même rare en Afrique. « Certains cherchent donc à la présenter comme une crise. Or, s'il ne s'agit pas d'une crise. Le pays fonctionne normalement. Je tiens à rassurer tout le monde et à continuer d'encourager nos partenaires à faire confiance au Sénégal et à y investir ».
Toujours à Al Jazeera, le président de l’Assemblée nationale a soutenu: « La Constitution confère aux députés comme au Président de la République le droit d'initier des réformes législatives. Les députés ont exercé ce droit. Il n'y a là rien d'inhabituel. Un projet d'amendement a été proposé, adopté à une écrasante majorité par l'Assemblée nationale et soumis au Président. Je tiens à souligner que la quasi-totalité des dispositions contenues dans ce texte est parfaitement conforme au programme électoral du Président Diomaye Faye. »
« Et si ces réformes étaient soumises à un référendum aujourd'hui, je suis convaincu qu'une écrasante majorité de Sénégalais voterait en leur faveur »
Avant de poursuivre : « Ce que je veux souligner, c'est qu'il ne s'agit pas simplement d'une question de droit ou de réforme constitutionnelle, c'est une question de démocratie. Nous sommes dans une région marquée par de nombreux coups d'État et par des interrogations sur la manière dont la démocratie s'exerce pour les populations, que ce soit au Sénégal ou ailleurs en Afrique. Pourtant, alors que cette réforme prévoit de réduire les pouvoirs du Président, peut-être au profit de l’Assemblée nationale ou pour renforcer les mécanismes de contre-pouvoir. Le Chef de l’Etat qui avait souscrit à ce programme refuse aujourd'hui de valider cette réforme constitutionnelle ».
Pour finir, Ousmane Sonko a laissé entendre : « Comme le montrent clairement les faits, le peuple sénégalais souhaite ces réformes. On n'a vu aucune manifestation de masse de la population sénégalaise pour s'y opposer. Et si ces réformes étaient soumises à un référendum aujourd'hui, je suis convaincu qu'une écrasante majorité de Sénégalais voterait en leur faveur. »
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