Sandwichs emballés dans du papier journal : « Ça peut être extrêmement dangereux pour la santé », alerte le Dr Mamadou Ndiaye
À la gare routière des Baux Maraîchers, les sandwichs se vendent à longueur de journée. Mais leur emballage attire l’attention. Lors d’une immersion organisée ce mardi 22 septembre par l’AJSPD, avec la FAO et des acteurs de la santé, l’utilisation de papier journal pour conditionner certains aliments a été pointée du doigt.
Le Dr Mamadou Ndiaye, consultant international en sécurité sanitaire des aliments au bureau sous-régional de la FAO au Sénégal, alerte sur cette pratique.
« L’essentiel ici, c’est des papiers usagés. Ce sont des journaux qui sont utilisés pour le conditionnement des produits. Il faut savoir que le papier journal, c’est de l’encre qui contient des métaux lourds et ça peut être extrêmement dangereux pour la santé », alerte le Dr Ndiaye.
Mais au-delà de cette pratique, c’est toute la chaîne de préparation, de conservation et de service des aliments qui pose question.
Le spécialiste insiste d’abord sur l’état des espaces de restauration.
« Le principe même d’avoir des espaces dédiés à la consommation est extrêmement important. Maintenant, le problème se pose en termes d’entretien des locaux. Vous voyez bien qu’on a encore des efforts à faire sur ces aspects-là. »
Au-delà de l’état des locaux, les pratiques individuelles constituent également un enjeu.
« Chaque restaurateur a une clientèle et un produit qu’il met sur le marché. À chacun, un certain nombre de dispositions doivent être applicables. »
Les « 5M » derrière chaque plat
Le risque sanitaire ne se limite pas à l’emballage. Il se joue à plusieurs niveaux, résumés par la règle des « 5M » : Matière première, Matériel, Milieu, Main-d’œuvre et Méthode.
La matière première doit être de qualité. La viande doit notamment provenir d’abattoirs et être inspectée, tandis que les produits de la pêche doivent être frais.
Le matériel utilisé pour préparer et conditionner les aliments doit être propre, entretenu et ne pas devenir une source de contamination.
Le milieu, c’est-à-dire le local, doit être aménagé pour limiter notamment l’exposition à la poussière et aux intempéries.
La main-d’œuvre doit être en bonne santé et formée aux bonnes pratiques.
Enfin, la méthode concerne la préparation et la conservation des aliments, avec notamment une attention particulière portée aux températures.
« Les produits chauds doivent être également maintenus à température relativement élevée, autour de 60 à 70 degrés, jusqu’à la consommation. »
Pour l'expert, cette situation montre l’importance de sensibiliser durablement les professionnels. Une campagne a déjà été menée à travers des relais de la sécurité sanitaire des aliments, avec notamment des formations de formateurs auprès de certains professionnels.
« L’objectif, c’est la pérennisation des activités de vulgarisation de l’information. »
« On ne peut pas se permettre de vendre des aliments là où il y a l’insalubrité »
Présente lors de l’immersion, Aminata Diallo, adjointe au maire de Guinaw Rail Sud et actrice du développement, rappelle que la responsabilité ne repose pas uniquement sur les vendeurs.
« C’est une obligation pour toutes les commerçantes qui vendent dans des milieux publics de prendre toutes les dispositions sécuritaires pour la santé de la population. »
Pour elle, collectivités, services de santé et acteurs communautaires doivent également prendre leur part dans la prévention.
« On ne peut pas se permettre de vendre des aliments là où il y a l’insalubrité. »
Elle souligne notamment le rôle des Bajenu Gox, des relais communautaires, des imams et des délégués de quartier dans les actions de sensibilisation, malgré des moyens limités.
Au bout de la chaîne, il y a pourtant un même acteur : le voyageur. Celui qui achète un sandwich ou un plat chaud avant de monter dans un bus ne connaît pas forcément les conditions dans lesquelles son repas a été préparé, emballé ou conservé.
D’un papier journal à une assiette, d’une matière première à un plat chaud, la sécurité alimentaire se joue à chaque étape.
Et pour le voyageur, la question est moins de savoir s’il peut faire confiance que de savoir si toute la chaîne mérite cette confiance. Car derrière chaque plat vendu, il y a une responsabilité : celle de servir un aliment qui nourrit sans mettre en danger celui qui le consomme.


Commentaires (7)
Dakkoy gueuneu saffal.
Not funny...ikr
iL faut l interdire formellement. Surtout devant les écoles, dans les marchés, les garages ou gare-routières. Pas de Dibi. ( viande grillée sur du Papier de sac de Ciment) pas d arachides grillées sur ces papiers. Ce n est pas étonnant si les Gens meurent à 50 ans. Des oeufs sont plusieurs fois chauffés, des restes de viandes, des intestins de boeufs, moutons, chèvres...( appelés LAXASS..) sont vendus dans des recipients salles et chauffés chaque jour....😢😢😢😢😢😢😢😢
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