Alimentation de rue : 866 millions de malades par an, le risque sanitaire qui se cache dans nos assiettes
À Dakar, l’alimentation de rue nourrit des milliers de personnes chaque jour. Mais derrière son accessibilité et ses prix souvent abordables se cachent des risques sanitaires encore largement banalisés. Réunis ce mardi à la Médina, journalistes, experts, consommateurs et acteurs communautaires ont appelé à mieux encadrer ces pratiques.
Un sachet de bouillie fumante, un plat servi dans une gargote, un sandwich préparé dans la rue… À Dakar, ces scènes font partie du quotidien. Rapide, accessible et souvent moins chère, l’alimentation de rue est devenue indispensable pour une grande partie de la population. Mais ce qui arrive dans nos assiettes n’est pas toujours sans danger.
Le chiffre donne froid dans le dos. Selon les nouvelles estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 866 millions de personnes tombent malades chaque année après avoir consommé des aliments contaminés et 1,52 million en meurent. Ces données, publiées en juin 2026, portent sur les maladies d’origine alimentaire dans leur ensemble, et non uniquement sur la restauration de rue.
Et l’Afrique figure parmi les régions les plus durement touchées. À l’échelle mondiale, les enfants de moins de 5 ans supportent près d’un tiers de la charge des maladies d’origine alimentaire, alors qu’ils ne représentent qu’environ 9 % de la population mondiale.
De la rue à l’assiette, une chaîne de risques
C’est précisément cette réalité que l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), en collaboration avec la FAO, a voulu mettre en lumière lors d’un forum communautaire consacré à la sécurité sanitaire des aliments, organisé ce mardi 15 septembre à Dakar.
En effet, le problème ne se limite pas seulement a la qualité intrinsèque des aliments. L’eau utilisée, le lavage des mains, la conservation à température ambiante, la manipulation des produits, la réutilisation des huiles ou encore l’exposition aux contaminations environnementales peuvent transformer un repas ordinaire en risque sanitaire.
La difficulté est d’autant plus grande que la restauration de rue constitue également un véritable filet économique pour de nombreuses familles. Gargotiers, vendeuses, jeunes travailleurs et petits restaurateurs en dépendent quotidiennement.
Le défi consiste donc à protéger le consommateur sans fragiliser davantage ceux qui vivent de cette activité.
« Les consommateurs ne peuvent pas être abandonnés »
Pour Abdoulaye Thiam Guissé, secrétaire permanent de l’Association des consommateurs du Sénégal (ASCOSEN), l’enjeu est d’abord celui de la protection du citoyen.
« Nous voulons que les consommateurs puissent choisir la meilleure nourriture pour leur alimentation », insiste-t-il, estimant que les populations doivent être davantage informées et sensibilisées sur ce qu’elles consomment.
Selon lui, le forum arrive à un moment opportun. « La majeure partie des maladies dans les hôpitaux sont liées à la mauvaise alimentation », affirme-t-il, appelant à renforcer la prévention et à permettre aux consommateurs de faire des choix mieux éclairés.
Le coût caché des aliments insalubres
Le danger n’est pas seulement humain. Il est aussi économique. L’OMS estime à 310 milliards de dollars par an les pertes de productivité et les dépenses médicales liées aux aliments insalubres dans le monde.
Autrement dit, derrière un aliment contaminé, il peut y avoir un malade, une journée de travail perdue, des dépenses médicales supplémentaires et, dans les cas les plus graves, un décès.
Pour l’AJSPD, l’enjeu est donc de faire de l’information sanitaire un véritable outil de prévention. Après un « Mercredi de l’AJSPD » consacré à la sécurité sanitaire des aliments et une caravane de presse menée à Dakar, Thiès et Kaolack sur les bonnes pratiques de restauration de rue, ce forum entend rapprocher davantage institutions, journalistes, restaurateurs, consommateurs et communautés.
Adama Sy
Commentaires (11)
La seule solution c est sortir du sous développement si ceux qu on élisent le peuvent.
Et que préconisez vous? De manger vos pesticides qui n'ont aucun risque pour la santé et laisser papa Bill Gate à privatiser les semences naturelles ??
Des gens expliquaient il y a quelques temps que la lavande est nuisible pour la santé et qu'il faudrait prendre des mesures. Qu'on sensibilise à l'hygiène et certains rosque je veux bien, mais il ne faut pas aller dans l'excès non plus.
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