Avortement médicalisé : Poids religieux et mouvements anti-droits, les freins à l'application du Protocole de Maputo
"Le Sénégal a ratifié la convention de Maputo, mais ici au Sénégal, cette convention au niveau national pose problème par rapport à son application", a-t-elle déclaré, la juriste et membre de la Task Force Madjiguéne Sarr, au cours de l’atelier organisé par l'Association des journalistes en Santé, Population et Développement (AJSPD) en collaboration avec MSI Reproductive Choices Sénégal.
La Task Force, a-t-elle rappelé, est un comité de plaidoyer pour l'accès à l'avortement médicalisé en cas de viol et d'inceste. Elle mène un plaidoyer "depuis plus de dix ans, pour aujourd'hui arriver à l'harmonisation de notre cadre juridique interne avec les conventions au niveau international, mais aussi au niveau national".
"Le Sénégal est partie prenante à la convention internationale pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, de même que le protocole de Maputo et la convention internationale sur les droits de l'enfant et la charte africaine aussi sur les droits de l'enfant", a dit la juriste.
A propos des freins à cette harmonisation, elle a parlé de « la montée de certains mouvements anti-droits, beaucoup d'ignorance par rapport à ces questions, ainsi que le poids religieux et les réalités socio-culturelles ».
La Task Force, qui regroupe des organisations de juristes, des organisations de la société civile, des médias, du personnel médical et des organisations féminines et féministes, milite pour "apporter l'information aux populations et éviter le cercle de feu, à savoir la prison pour ces femmes et filles victimes de viol et d'inceste, l'handicap à vie, mais aussi le décès pour ces dernières".
Coordonnateur du Réseau imam et population (RIP) du Moussé Fall est revenu sur les positions de l’Islam sur ce sujet. S’exprimant sur l'avortement provoqué avant les 120 jours de gestation pour des raisons valables, il renseigne : « les savants musulmans considèrent unanimement que, passé la limite de quatre (04) mois (120 jours), l'avortement est strictement interdit. Avorter dans un tel cas de figure est considéré comme étant un acte d'infanticide et est assimilé à un crime en Islam sauf au cas où la vie de la mère s'avère menacée ». Avant de laisser entendre : « Par ailleurs, pour des raisons connues et certifiées (menace de la vie de la mère, viol, inceste) l'avortement peut s'appliquer jusqu'au quatrième mois ».
Commentaires (4)
Le Cri silencieux "The Silent Scream Bernard Nathanson" FR
Pour comprendre l'embellissement du plus ignoble des crimes.
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