Prise en charge à l’hôpital Thierno Mouhamadou Mansour Barro de Mbour : Un collectif citoyen dénonce un "mouroir" et lance un ultimatum à l'État
Le collectif And Saytu Sunnu Wergu Yaram hausse le ton face à la dégradation des conditions de prise en charge à l'hôpital Thierno Mouhamadou Mansour Barro de Mbour. Lors d'un point de presse tenu ce week-end, ses membres ont dressé un tableau alarmant du fonctionnement de l'établissement et formulé sept revendications qu'ils jugent indispensables pour garantir le droit à la santé des populations du département.
Selon Cheikh Anta Goudiaby, membre du collectif, la mobilisation vise à fédérer toutes les forces vives de Mbour autour d'un combat citoyen, loin de toute considération politique ou syndicale.
"Nous voulons que tous les Mbourois prennent ce problème à bras-le-corps afin de trouver des solutions pérennes et durables", a-t-il déclaré, rappelant que plusieurs initiatives avaient déjà été entreprises par leurs prédécesseurs, sans aboutir aux résultats escomptés.
Le collectif estime que les dysfonctionnements actuels mettent directement des vies en danger. "On ne peut pas comprendre qu'un hôpital situé dans une ville carrefour comme Mbour fonctionne avec autant de défaillances pouvant entraîner des décès. Des patients peinent à accéder aux soins et sont souvent contraints de se tourner vers des cliniques privées où les coûts sont très élevés", a dénoncé Cheikh Anta Goudiaby.
Insistant sur le caractère apolitique de leur démarche, il affirme que leur objectif est uniquement d'alerter les autorités et d'obtenir des réponses concrètes.
"Nous en avons assez des promesses. Nous réclamons simplement l'accès aux soins, qui est un droit fondamental pour chaque Mbourois. Nous demandons au chef de l'État de se pencher sur cette question et de mettre en place un plan d'action avec un mécanisme de suivi et d'évaluation associant toutes les parties prenantes", a-t-il ajouté.
Sept revendications prioritaires
Le collectif demande notamment : le renforcement immédiat des ressources humaines et de la qualité des soins dans les structures publiques de santé ; la garantie de la continuité des soins pour tous les patients ; la mise en place de solutions provisoires en attendant le rétablissement complet des services ; le renforcement durable du plateau technique des établissements sanitaires de Mbour ; l'érection de l'hôpital Thierno Mouhamadou Mansour Barro en établissement de niveau 3 ; le recrutement et la disponibilité permanente de personnels de santé qualifiés ; la présentation d'un plan d'action détaillé, assorti d'un calendrier de mise en œuvre et d'un dispositif de suivi transparent. Le collectif se dit prêt à participer à toute initiative de dialogue visant à améliorer durablement l'accès aux soins dans le département.
"Cet hôpital est un mouroir"
Prenant la parole, Oumar Sarr, habitant de Sandiara, a livré un témoignage particulièrement sévère sur la situation : "Cet hôpital est un mouroir. Les autorités sénégalaises ne se soignent pas dans nos hôpitaux ; lorsqu'elles sont malades, elles vont à l'étranger."
Il rappelle que l'établissement dessert plus d'un million d'habitants répartis dans les seize communes du département de Mbour.
Selon lui, les patients sont régulièrement orientés vers des structures privées quelques minutes seulement après leur arrivée. "On vous dit que l'ambulance est en panne ou qu'il n'y a pas de carburant. C'est comme s'il existait une complicité entre le public et le privé", a-t-il dénoncé, appelant le chef de l'Etat Diomaye Faye et le président de l'Assemblée nationale Ousmane Sonko à mettre de côté les querelles politiques pour se concentrer sur les préoccupations des populations.
Des alertes ignorées depuis plus de dix ans
De son côté, Alphonse Diop affirme que les alertes se multiplient depuis 2015 sans réponse satisfaisante. Il déplore notamment l'absence de scanner et de service de radiologie, le manque criant de lits obligeant parfois deux femmes venant d'accoucher à partager le même lit, ainsi que des patients pris en charge aux urgences couchés à même le sol faute de places disponibles.
Pour le collectif, ces insuffisances traduisent une urgence sanitaire qui nécessite une intervention rapide de l'État afin de garantir aux populations de Mbour un accès digne et équitable aux soins.
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