3,2 millions FCFA remis à un faux émissaire : le premier stage de F. Niasse vire au cauchemar
Ce qui devait être une première expérience professionnelle stimulante s’est transformé en véritable mésaventure judiciaire pour F. Niasse. Poursuivie pour sa responsabilité dans la remise de plus de trois millions de francs CFA à un escroc se faisant passer pour un émissaire, l’étudiante a comparu devant le tribunal de grande instance de Mbour.
F. Niasse n’oubliera certainement jamais le goût amer de ce premier pas dans le monde du travail. À la barre du tribunal de grande instance de Mbour, statuant en matière de flagrants délits, l’étudiante est revenue sur les circonstances qui l’ont conduite en détention à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Mbour, avant d'obtenir une liberté provisoire.
Les faits se sont déroulés alors que la jeune femme achevait son stage au sein d'une entreprise locale. Alors qu'elle se trouvait seule au bureau, un individu s'est présenté en affirmant avoir été dépêché par le gérant, M. Faye, pour récupérer une importante somme d’argent.
Ne trouvant rien dans les tiroirs où son responsable conservait habituellement des espèces, F. Niasse s'est rendue dans une boutique voisine. Elle a affirmé au gérant du commerce, Pa Cissé, que son patron l’envoyait récupérer les fonds de la société qui y étaient déposés.
Prudent, le commerçant a tenté de joindre M. Faye, en vain. La stagiaire a alors rassuré Pa Cissé en prétextant que leur supérieur avait vraisemblablement basculé son téléphone en mode avion en raison d'une interview accordée à des journalistes.
Mis en confiance par ces déclarations, Pa Cissé a fini par remettre à la stagiaire la somme de 3 255 000 FCFA, un montant que lui avait préalablement confié le directeur. F. Niasse soutient avoir immédiatement remis l'intégralité des fonds au mystérieux visiteur, dont elle ignore l'identité et les coordonnées.
A la barre, la prévenue s'est empêtrée dans ses explications. Interrogée sur les modalités de remboursement de la somme volatilisée, F. Niasse a répondu avec agacement qu’elle n’avait pas profité de cet argent et refusait de payer pour une escroquerie dont elle se dit victime. Une posture vivement recadrée par le président de l'audience.
« C’est trop facile. On t’a dupée ou pas, seul Dieu sait. Mais vous n’êtes pas exempte de reproches », lui a rétorqué le magistrat, pointant une imprudence caractérisée et une faute professionnelle majeure. « Vous avez agi au-delà de votre périmètre d’exercice. Vous avez fauté. Vous ne pouvez pas vous dédouaner », a insisté le juge, rappelant que sa responsabilité civile était pleinement engagée.
Le tribunal a par ailleurs relevé que le mode opératoire de l'imposteur témoigne d'une connaissance intime des lieux et des habitudes de fonctionnement de l’entreprise. Le président a également exhorté la famille de la prévenue à se mobiliser pour désintéresser la victime, afin que le boutiquier ne soit pas le seul à supporter ce préjudice.
La double peine pour la victime
Pour ajouter au drame, le sort s'est acharné sur Pa Cissé. En quittant le palais de justice à l'issue d'une précédente audience, le commerçant a été violemment percuté par une motocyclette, lui occasionnant une double fracture. C'est lourdement handicapé et soutenu par des béquilles qu'il s'est présenté au tribunal ce mardi. Une tragique coïncidence relevée par le juge, soulignant que sans cette affaire, le boutiquier n'aurait jamais croisé la route de cet engin.
Le procureur de la République a requis l’application de la loi. F. Niasse sera fixée sur son sort le mardi 8 septembre 2026.
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