Casamance : À la découverte du centre Kullimaaroo, refuge de jeunes filles victimes de violences
Au cœur de Ziguinchor, le centre Kullimaaroo (arc-en-ciel) s’impose comme un espace de protection et de reconstruction pour les jeunes filles victimes de violences. Créé en 2015 par la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance, avec l’appui d’ONU-Femmes, ce centre est devenu un symbole de dignité retrouvée et de réinsertion sociale, scolaire et économique.
Un espace d’accueil et de reconstruction
Le centre Kullimaaroo n’est pas un simple lieu d’hébergement. C’est un refuge où les victimes retrouvent confiance et espoir. « Kullimaaroo est un centre d’accueil, un espace d’accompagnement des victimes de violences », explique sa directrice, Sira Corréa.
Les pensionnaires y arrivent par référencement : structures locales comme l’AEMO, acteurs communautaires, femmes médiatrices formées au signalement précoce. Certaines anciennes bénéficiaires, sorties de la vulnérabilité, deviennent elles-mêmes des relais, orientant de nouvelles victimes vers le centre.
Un accompagnement global et durable
Le parcours proposé par Kullimaaroo va bien au-delà de l’urgence. Les jeunes filles sont accompagnées jusqu’à leur réinsertion scolaire, professionnelle et économique. Le centre finance la reprise des études, propose des formations et initie des activités génératrices de revenus pour celles qui souhaitent bâtir un avenir autonome.
Cette approche holistique est rendue possible grâce au soutien d’ONU-Femmes, qui appuie le centre depuis près de dix ans en matériel, en financement et en expertise. L’organisation onusienne contribue aux frais de fonctionnement et renforce les initiatives de réinsertion, consolidant ainsi le rôle de Kullimaaroo comme pilier de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.
Des défis persistants
Malgré ces avancées, les difficultés demeurent. Le centre dépend largement des bailleurs et aspire à une autonomisation financière pour pérenniser ses activités. « Lors de la réinsertion économique, certaines femmes demandent des fonds pour démarrer des activités, mais nous n’avons pas les moyens de répondre à toutes ces demandes », regrette la directrice.
Son appel est clair : que les partenaires et les bailleurs investissent davantage dans la réinsertion économique, afin que les survivantes puissent bâtir une vie durable et indépendante.
Un symbole de résilience féminine en Casamance
Au-delà de l’accueil, Kullimaaroo incarne une vision : celle d’une Casamance où les femmes, longtemps victimes, deviennent actrices de paix et de développement. Chaque jeune fille réinsérée est une victoire contre la marginalisation et une pierre posée dans l’édifice de la cohésion sociale.
Le centre Kullimaaroo n’est pas seulement un refuge : il est une école de résilience, un lieu où la douleur se transforme en force et où la dignité des jeunes filles est préservée pour construire une société plus juste et solidaire, a rappelé fortement la directrice.


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