Lutte contre les abus sexuels sur les enfants : la Guinée, la Gambie et la Guinée-Bissau marchent aux côtés du Sénégal
La protection des enfants contre les abus et l’exploitation sexuels dépasse les frontières. À Saly, des représentants de la Guinée, de la Gambie et de la Guinée-Bissau ont marché aux côtés des acteurs sénégalais pour sensibiliser les populations aux violences sexuelles faites aux enfants, notamment dans le contexte des voyages et du tourisme. Cette randonnée pédestre vient clôturer deux journées de formation et de partage d’expériences organisées par la Direction des droits humains du ministère de la Justice, avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, à travers le Projet d’appui à la protection des enfants victimes de violations de leurs droits (PAPEV).
La mobilisation a pris une dimension sous-régionale pour alerter les communautés sur les risques d’abus et d’exploitation sexuels des enfants, particulièrement dans les zones touristiques.
Pour la coordonnatrice du Projet, Aminata Kébé, cette mobilisation commune traduit la nécessité de dépasser les frontières nationales pour mieux protéger les enfants.
« Nous avons fait venir les acteurs de ces pays limitrophes pour partager leurs expériences dans le cadre de la protection des enfants, dans le contexte du tourisme et du voyage, mais également pour prendre de l’expérience du Sénégal et coordonner leurs actions », a-t-elle expliqué.
Elle a notamment insisté sur la porosité des frontières, qui impose une meilleure coordination entre les acteurs de la protection de l’enfance dans les quatre pays couverts par le projet.
Aminata Kébé a également tenu à rappeler que la responsabilité des abus sexuels ne saurait être imputée aux enfants.
« Un enfant n’a pas de consentement. On ne peut pas se prévaloir du consentement d’un enfant pour entretenir des relations sexuelles avec lui », a-t-elle martelé, invitant parents, communautés et institutions à renforcer les mécanismes d’alerte et de protection.
Sensibiliser sans stigmatiser le tourisme
Selon le directeur des droits humains au ministère de la Justice, Julien Ngane Ndour, cette randonnée constitue le prolongement de deux journées de réflexion ayant réuni les acteurs du tourisme, de l’hôtellerie, du transport, les forces de défense et de sécurité, les autorités locales et les organisations de la société civile.
« Le ministère de la Justice n’est pas là pour stigmatiser. Il est là tout simplement pour sensibiliser, parce que nous sommes dans une zone touristique et nous savons ce que le tourisme apporte au Sénégal sur le plan économique », a-t-il précisé.
La rencontre a également été marquée par la signature d’une charte d’engagement entre le ministère de la Justice, celui du Tourisme et les acteurs du secteur, avec la participation d’autres parties prenantes.
Pour sa part, le directeur de la réglementation touristique, Ndéné Ndao, a rappelé que les établissements hôteliers ont un devoir de vigilance et de signalement face à toute situation suspecte pouvant mettre un enfant en danger.
« Aucun enfant n’est coupable d’agressions sexuelles, aucun enfant n’est responsable d’abus », a-t-il insisté, appelant les participants à démultiplier les actions de sensibilisation au sein des communautés.
Commentaires (1)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.