Idrissa Samb sur l’emploi des jeunes : « L’avenir, ce n’est pas l’État »
« L’avenir, ce n’est pas l’État ». C’est une déclaration du ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle et technique. Idrissa Samb appelle les jeunes Sénégalais à ne plus faire de l’emploi salarié leur seule perspective.
Invité du « Grand Jury » ce dimanche 4 octobre 2026, M. Samb a invité les jeunes à plus miser sur leurs compétences pour créer leurs propres activités et, à leur tour, générer de l’emploi. « Tous les jeunes ne doivent pas toujours attendre d’être employés dans l’État ou en tout cas avoir un emploi salarié. Pour moi l’avenir c’est l’auto-emploi », a-t-il dit non sans reconnaître que les jeunes font face à des « charges » et à des « obligations familiales ».
40 jeunes annoncés en France
Dans le même temps, le gouvernement entend développer des formes de mobilité professionnelle encadrée. Le ministre a annoncé le départ prochain d’une cohorte de 40 jeunes formés au Sénégal vers la France. « La semaine prochaine, je procéderai à l’accompagnement d’une cohorte de 40 jeunes qui ont été formés ici au Sénégal et qui iront en Europe travailler avec des contrats à durée indéterminée avec un salaire de plus de 2 000 € », a-t-il annoncé. Ces jeunes travailleront dans le secteur du BTP.
Selon le ministre, leur dispositif prévoit également la prise en compte de l’hébergement et de l’assurance. Pour lui, cette mobilité professionnelle constitue une alternative à l’émigration irrégulière. « Donc aux jeunes d’aller se former et d’attendre. Des initiatives sont là, on va les accompagner », a-t-il déclaré.
La formation duale présentée comme « l’avenir »
Pour le ministre, la formation duale doit occuper une place centrale dans la politique d’insertion. Le dispositif repose notamment sur une collaboration avec les entreprises, qui expriment leurs besoins en compétences et accueillent les apprenants.
Ces derniers bénéficient notamment d’une allocation mensuelle de 40 000 F CFA et signent un contrat de travail devant l’inspection du travail, selon les explications fournies au cours de l’entretien.
Les filières de l’agrobusiness, de l’industrie et du BTP figurent parmi celles que le ministre présente comme les plus porteuses en matière d’emploi. « La formation duale est l’avenir même de la jeunesse », a-t-il déclaré, plaidant pour un renforcement des capacités du PF2E afin de répondre à l’importance de la demande.
7 251 jeunes enrôlés dans le PF2E
Par ailleurs, le ministre a défendu les résultats du Programme de formation école-entreprise (PF2E), qui compte, depuis sa création, 7 251 jeunes enrôlés dans 11 régions. Parmi eux, 1 778 sont certifiés, pour un taux d’insertion annoncé de 61 %.
Le programme ambitionne d’étendre son maillage aux 14 régions du Sénégal. Mais la demande reste largement supérieure aux capacités actuelles. « Chaque année le nombre d’apprenants à enrôler est de 1 500 alors que la demande est de 20 000 chaque année », a-t-il relevé.
Le ministre estime que le dispositif doit donc être renforcé. Son budget tourne, selon lui, autour de 2 milliards F CFA et est alimenté par la Contribution forfaitaire à la charge de l’employeur (CFCE), dont le taux est de 3 %.
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