Bijoutier tué à la Zac de Mbao : « Ça aurait pu être moi », retour sur les lieux du crime
Dimanche 18 octobre, Seneweb décrivait la scène d’horreur découverte la veille dans une bijouterie de la Zac de Mbao . Le samedi 17 octobre, aux environs de 21 h 28, le commissariat central de Rufisque avait été alerté de la découverte du corps sans vie de Modou Khabane Guèye, un bijoutier de 55 ans. Des policiers et des techniciens de la police scientifique s’étaient rendus sur place pour les premières constatations. Des traces de sang sur les murs laissaient supposer une violente lutte. Le corps présentait notamment une profonde blessure à la tête, ainsi que des hématomes à l’avant-bras gauche et à la cuisse droite.
Quelques jours après le drame, l’émotion reste vive dans le voisinage. Dans un reportage sur les lieux du crime, Le Soleil décrit des commerces qui ont repris leurs activités, mais où la peur demeure palpable. La bijouterie, située au rez-de-chaussée d’un immeuble entre un bâtiment en construction et une blanchisserie, reste fermée derrière ses portes métalliques. « Ça aurait pu être moi » : cette phrase revient dans les témoignages des commerçants, encore marqués par la mort de leur voisin, poignardé dans son établissement.
Pape Sylla, qui gère une boutique voisine, raconte avoir accouru avec d’autres riverains après avoir été informé du meurtre par le responsable de la blanchisserie. La porte de la bijouterie étant verrouillée, ils ne distinguaient, à travers la baie vitrée, que les pieds du défunt. Il garde le souvenir d’un homme discret, généreux et apprécié, qu’il retrouvait notamment à la mosquée chaque vendredi.
La crainte est également forte chez les commerçants qui manipulent quotidiennement d’importantes sommes d’argent. La gérante d’un point de transfert d’argent, qui préfère garder l’anonymat, confie au Soleil avoir passé une nuit blanche après le meurtre. Bien que son établissement soit équipé de caméras de surveillance, elle a fait renforcer les grilles du comptoir pour empêcher toute intrusion. Elle explique redouter les comportements de certains clients qui semblent observer l’emplacement des caméras.
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Cette inquiétude est partagée par les bijoutiers. Dans un entretien accordé au Soleil, Moussa Niang, coordonnateur du Collectif des associations des bijoutiers du Sénégal, affirme que la profession n’avait jamais connu un meurtre aussi violent sur un lieu de travail, malgré des antécédents de vols et de cambriolages. Le collectif prévoit de rencontrer les autorités, notamment le procureur de la République et le ministère de l’Intérieur, pour demander un renforcement de la sécurité.
« L’État doit jouer son rôle, notamment en intensifiant les patrouilles dans les marchés et les zones à forte concentration de bijouteries », plaide Moussa Niang. L'interlocuteur du quotidien national évoque également la mise en place de numéros d’urgence dédiés et la possibilité de faciliter l’accès au permis de port d'arme pour les professionnels.
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