Kaolack : Un âne électrocuté en pleine rue à Niofanène, le charretier frôle la mort
Drame évité de justesse dans la commune de Kaolack. Ce mercredi aux alentours de 14 heures, les habitants du quartier Niofanène, situé dans la banlieue nord de la ville, ont été les témoins d’une scène tragique et spectaculaire. Un âne, attelé à une charrette, s’est effondré mortellement après avoir été électrocuté par un câble sous tension immergé dans les eaux de pluie.
Le jeune conducteur de l’attelage a rapidement senti le danger. Grâce à sa réactivité et à l'intervention prompte de plusieurs riverains, il a pu s'extirper à temps de la marre d'eau, échappant ainsi à une décharge électrique qui aurait pu lui être fatale.
Cet accident a provoqué une vive frousse et un vent de colère parmi les habitants du quartier. Les riverains tirent la sonnette d'alarme et expriment leur vive inquiétude quant à la présence de ces fils électriques tombés d'un poteau et baignant dans les eaux stagnantes. Ils craignent un nouveau drame, plus lourd encore, alors que de nombreux enfants continuent de jouer dans les rues inondées de la localité.
Commentaires (2)
Oui. Ici, je pense qu'il faut aller vers une solution **« réseau électrique résilient à l’hivernage »**, et pas seulement remplacer les fils lorsqu'ils tombent.
Le problème est particulièrement grave parce qu'un câble tombé au sol peut rester dangereux même si les habitants pensent que le courant est coupé. La SENELEC elle-même identifie les **chutes de poteaux et de câbles pendant les pluies** comme un risque d'électrocution et recommande notamment la vérification régulière des ancrages. SENELEC+1
## ⚡ Proposition : « Zéro câble électrique au sol pendant l’hivernage »
### 1\. Faire un audit pré-hivernage de tous les réseaux à risque
Avant chaque saison des pluies, il faudrait réaliser une **opération nationale de contrôle des poteaux et câbles**, avec priorité aux zones rurales et périurbaines.
Pour chaque poteau :
- vérifier sa stabilité et son ancrage ;
- contrôler l'état des câbles ;
- vérifier les connexions ;
- identifier les poteaux inclinés ou fragilisés ;
- vérifier les distances entre câbles et habitations ;
- contrôler les arbres situés à proximité ;
- cartographier les points présentant un risque élevé.
La SENELEC dispose d'un réseau de distribution très important — plus de **46 000 km de lignes HTA et BT** en 2025 — ce qui justifie une approche de maintenance préventive et cartographiée. SENELEC
### 2\. Remplacer progressivement les installations les plus vulnérables
Dans les zones où les chutes sont répétitives, il ne faut pas simplement remettre le même type de poteau.
Il faudrait privilégier :
- des poteaux en béton correctement ancrés ;
- des supports dimensionnés pour résister aux vents et aux pluies ;
- des câbles et accessoires adaptés aux conditions locales ;
- des systèmes de fixation renforcés ;
- lorsque cela est techniquement et économiquement pertinent, des réseaux **mieux protégés ou moins exposés aux agressions extérieures**.
Des recommandations similaires apparaissent dans les études environnementales de projets électriques de la SENELEC : poteaux en béton, fixation méticuleuse des fils, sécurisation des installations et prise en compte des fortes pluies. SENELEC
### 3\. Créer une « carte rouge » des poteaux dangereux
C'est une idée que je trouve particulièrement intéressante pour Kaolack.
Chaque commune pourrait disposer d'une carte numérique indiquant :
🔴 **Danger critique** : câble proche du sol, poteau instable, électrocution déjà signalée\
🟠 **Risque élevé** : poteau dégradé, câble affaissé\
🟢 **Situation normale**
Avant l'hivernage, les équipes techniques traiteraient **100 % des points rouges**.
Cela permettrait de passer d'une logique :
> « Un câble tombe → on intervient »
à :
> **« On identifie le câble qui risque de tomber → on intervient avant l'accident. »**
## 🌧️ 4. Un système d'alerte « câble tombé »
Il faut également rendre le signalement extrêmement simple.
Une personne qui voit un câble tomber devrait pouvoir envoyer :
**📍 localisation + 📷 photo + ⚠️ signalement**
via WhatsApp, SMS ou un numéro vert.
La SENELEC communique déjà des numéros verts pour les situations mettant en danger les populations, notamment **800 00 14 14 et 800 00 00 00**. Seneweb
On pourrait aller plus loin avec un système du type :
> **« CÂBLE DANGEREUX – NE PAS APPROCHER »**
et une intervention prioritaire des équipes techniques.
### 5\. Former les habitants à un réflexe essentiel
C'est fondamental dans un cas comme celui de l'âne électrocuté.
Il faudrait enseigner dans les quartiers, écoles, marchés et villages :
> **Un fil électrique tombé au sol = fil sous tension jusqu'à preuve du contraire.**
Donc :
- ne jamais toucher le câble ;
- ne pas toucher l'animal électrocuté ;
- éloigner les enfants ;
- éloigner les animaux ;
- ne pas utiliser d'objet pour déplacer le câble ;
- prévenir immédiatement les services compétents.
Et surtout, **ne jamais essayer de sauver directement une personne ou un animal en contact avec un câble** sans intervention sécurisée du réseau.
### 6\. Protéger particulièrement les animaux
Le cas de Niofanène montre qu'il ne s'agit pas uniquement d'une question de sécurité humaine.
Dans les zones où circulent beaucoup de chevaux, ânes, bovins ou charrettes, on pourrait identifier les **points de passage à forte fréquentation** et sécuriser prioritairement les lignes qui les surplombent.
Les études de la SENELEC prennent d'ailleurs en compte les risques d'électrocution de la faune dans la conception et l'exploitation des réseaux. SENELEC
## 🌱 Et la dimension « verte » ?
On peut intégrer une vraie dimension environnementale.
### « Hivernage + électricité + végétation »
Les arbres et branches proches des lignes peuvent provoquer des courts-circuits, des arcs électriques et des incendies. Les études de la SENELEC identifient également les **inondations, l'affaiblissement des poteaux et les arbres entrant en contact avec les lignes** comme des risques. SENELEC
La solution serait donc de créer une **gestion écologique des emprises électriques** :
- planter les arbres à distance des lignes ;
- privilégier des espèces adaptées et moins problématiques autour des infrastructures ;
- élaguer préventivement avant l'hivernage ;
- éviter les plantations sous les lignes ;
- végétaliser autrement les espaces où les arbres poseraient un problème.
## 🎯 Je transformerais donc le sujet en projet national
**« Programme Sénégal Réseau Sûr – Zéro câble au sol pendant l’hivernage »**
Avec 5 piliers :
1. **🔍 Prévenir** — inspection systématique avant l'hivernage.
2. **🏗️ Renforcer** — poteaux, ancrages et câbles plus résistants.
3. **📍 Cartographier** — identifier tous les points noirs.
4. **🚨 Alerter** — signalement rapide par téléphone/WhatsApp.
5. **🌳 Protéger** — gestion écologique des arbres et des emprises.
Et je mettrais un indicateur très simple :
> **Nombre de personnes et d'animaux électrocutés par chute de câble pendant l'hivernage : objectif zéro.**
C'est un objectif beaucoup plus puissant qu'une simple campagne de sensibilisation. **La responsabilité ne doit pas reposer uniquement sur les citoyens : l'infrastructure elle-même doit être conçue, inspectée et entretenue pour résister à l'hivernage.** La SENELEC reconnaît d'ailleurs que l'approche de sécurisation des infrastructures est particulièrement importante à l'approche de la saison des pluies. Seneweb
IEC Webstore
+1
Plan en 10 mesures — priorité par priorité
🔴 Priorité 1 — Sécuriser immédiatement les zones dangereuses
Délai : heures
Créer une procédure « câble tombé + eau = danger électrique majeur »
Tout câble tombé dans une rue inondée doit être considéré comme sous tension jusqu'à preuve du contraire.
Interdiction immédiate d'accès à la zone.
Barrage physique, agents municipaux/police si nécessaire.
Aucune intervention par les habitants.
Les recommandations de sécurité face aux inondations considèrent effectivement les lignes électriques tombées comme un danger pouvant électrifier l'eau.
P
Prêt.gov
+1
Mettre en place une procédure d'intervention 24 h/24
Un numéro unique pour signaler un poteau cassé, un câble tombé ou une armoire électrique immergée.
Transmission immédiate au distributeur d'électricité.
Possibilité pour les services d'urgence de demander la coupure immédiate d'un secteur.
Intervention et remise sous tension uniquement après contrôle par du personnel habilité.
Objectif : passer de « quelqu'un constate le problème » à « le réseau est automatiquement mis en sécurité ».
🔴 Priorité 2 — Faire un audit complet des quartiers inondables
Délai : 1 à 3 mois
Cartographier les points noirs électriques
La mairie et le distributeur doivent établir une carte commune indiquant :
zones régulièrement inondées ;
postes électriques ;
transformateurs ;
poteaux et lignes aériennes ;
armoires électriques ;
câbles traversant les rues ;
écoles, marchés, centres de santé et autres lieux très fréquentés ;
points où l'eau atteint régulièrement les installations.
Chaque équipement devrait recevoir un niveau de risque : rouge / orange / vert.
Identifier et marquer physiquement tous les réseaux
Il faut disposer d'un inventaire géoréférencé : quel câble alimente quoi, par quel itinéraire et depuis quel poste ?
Cela permet notamment de couper rapidement le bon tronçon, plutôt que de chercher pendant une intervention.
🟠 Priorité 3 — Empêcher qu'un défaut reste sous tension
Délai : 3 à 12 mois
Installer ou renforcer les protections différentielles
Les dispositifs différentiels (RCD/RCCB/RCBO selon l'architecture du réseau) sont conçus notamment pour déclencher en présence d'un courant résiduel dangereux et contribuer à la protection contre les chocs électriques. L'IEC 60755 définit les exigences générales de sécurité applicables à ces dispositifs.
I
IEC Webstore
+2
Dans les zones à risque, il faut surtout vérifier que :
les protections sont correctement dimensionnées ;
elles sont sélectives ;
elles sont régulièrement testées ;
leur fonctionnement est compatible avec le schéma de mise à la terre du réseau.
Attention : un différentiel n'est pas une solution magique à un câble haute tension tombé dans une flaque. Le réseau doit être conçu de manière globale.
Sectoriser davantage le réseau
Installer des dispositifs permettant d'isoler automatiquement ou rapidement un petit tronçon défectueux.
Exemple :
Poste électrique → secteur A → secteur B → secteur C
Si un câble tombe dans le secteur B, l'objectif est de pouvoir mettre B hors tension sans nécessairement couper A et C, et surtout sans laisser B dangereusement alimenté.
🟠 Priorité 4 — Traiter physiquement les installations
Délai : 6 à 24 mois
Remplacer progressivement les lignes aériennes les plus dangereuses
Il ne faut pas nécessairement commencer par enterrer tout le réseau.
Commencer par les endroits où trois facteurs se combinent :
inondation fréquente + forte fréquentation humaine + réseau aérien vulnérable.
Les câbles enterrés doivent évidemment être installés dans des infrastructures adaptées aux conditions locales, avec regards, jonctions et équipements conçus pour résister aux contraintes environnementales.
Surélever et protéger les équipements sensibles
Les transformateurs, coffrets, tableaux, équipements de commande et autres éléments critiques situés dans des zones inondables doivent être déplacés ou protégés lorsque cela est techniquement possible.
Pour les nouvelles installations, la règle pourrait être :
« Aucun équipement électrique critique ne doit être installé au niveau où l'eau atteint régulièrement la rue. »
L'IEC dispose désormais d'une spécification spécifique sur les systèmes d'alimentation résilients aux catastrophes, notamment les dommages liés aux inondations.
I
IEC Webstore
🟡 Priorité 5 — Organiser la maintenance et la prévention
Délai : permanent
Créer une inspection avant et après chaque saison des pluies
Avant les pluies :
inspection des poteaux ;
contrôle des câbles et fixations ;
vérification des protections ;
débroussaillage autour des lignes ;
contrôle des armoires ;
tests des dispositifs différentiels ;
vérification des systèmes de coupure.
Après une forte pluie :
inspection des secteurs inondés ;
recherche de poteaux inclinés ou endommagés ;
contrôle des équipements immergés ;
pas de remise sous tension sans vérification technique lorsque l'installation a été exposée à l'eau.
Les plans de préparation aux catastrophes recommandent justement de prévoir l'identification, la priorisation et la coordination des problèmes liés aux réseaux électriques ainsi que des inspections de sécurité avant la remise en service.
P
Prêt.gov
Lancer une campagne permanente d'information des habitants
C'est essentiel dans un quartier où les enfants circulent dans les eaux de pluie.
Message extrêmement simple :
⚠️ CÂBLE ÉLECTRIQUE TOMBÉ + EAU = DANGER DE MORT
Ne touchez pas le câble.
Ne touchez pas l'eau.
Ne traversez pas la zone.
Éloignez les enfants et les animaux.
Prévenez immédiatement les services compétents.
Il faut également apprendre aux habitants à ne pas entrer dans l'eau pour secourir une personne ou un animal potentiellement électrisé. Les recommandations de sécurité après inondation déconseillent notamment de toucher un équipement électrique mouillé ou de se tenir dans l'eau à proximité d'un équipement électrique.
P
Prêt.gov
Le programme que je mettrais en place pour Niofanène
Je résumerais l'approche ainsi :
Échéance Action Priorité
0–24 h Neutraliser le câble et sécuriser la zone 🔴 Urgent
0–7 jours Inspection de tous les câbles des zones inondées 🔴 Urgent
1 mois Cartographie des réseaux et zones inondables 🔴 Très haute
1–3 mois Audit des protections électriques 🔴 Très haute
3–6 mois Sectorisation et dispositifs de coupure 🟠 Haute
3–12 mois Renforcement/remplacement des installations vulnérables 🟠 Haute
6–24 mois Enterrement prioritaire des réseaux dangereux 🟠 Haute
Avant chaque saison des pluies Inspection systématique 🟡 Permanente
Après chaque inondation majeure Inspection avant remise sous tension 🔴 Obligatoire
En permanence Information des habitants et écoles 🟡 Permanente
Le principe fondamental
Le plus important serait de changer la logique de sécurité :
Aujourd'hui :
câble tombe → quelqu'un le constate → quelqu'un appelle → intervention → coupure.
Objectif :
câble tombe / défaut apparaît → protection déclenche → tronçon isolé → alerte → zone sécurisée → intervention.
C'est cette combinaison entre réseau mieux conçu, protections automatiques, sectorisation, maintenance et réaction rapide qui peut réellement empêcher qu'un accident comme celui de l'âne se transforme en décès humain.
Et pour un quartier où les eaux de pluie peuvent recouvrir les rues, je placerais la détection/coupure automatique et la sécurisation des réseaux existants avant même le grand programme d'enfouissement : l'enfouissement est utile, mais il ne dispense jamais d'une protection électrique correcte.
IEC Webstore
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