Mbour : Un émigré espagnol manque de perdre sa villa de 100 millions après un prêt de 10 millions de FCFA
Une affaire d’usure, de faux et usage de faux et d’abus de confiance oppose Moustapha Dieng à Djiby Faye autour d’une maison située à Saly Carrefour Extension. Les deux protagonistes ont fait face aux juges du Tribunal de grande instance (TGI) de Mbour.
À l’audience des flagrants délits, ils sont revenus sur les faits. Moustapha Dieng, qui réside en Espagne, explique avoir sollicité, en novembre 2024, un prêt de 10 millions de francs CFA après avoir renoncé à vendre sa maison à 70 millions de francs CFA. Mis en relation avec Djibril Faye, il aurait obtenu la somme contre la remise des documents de son domicile en garantie, avec des intérêts initialement fixés à cinq millions de francs CFA.
Après deux reports de paiement, le montant réclamé par le créancier aurait fortement augmenté. De 15 millions de créance, Djibril Faye lui aurait réclamé 35 millions. Face à cette situation, Moustapha Dieng explique avoir introduit une opposition sur sa parcelle à la mairie de Saly avant de retourner en Espagne.
Djiby Faye soutient, de son côté, qu’il ne s’agissait pas d’un prêt, mais d’une vente de la maison pour 15 millions de francs CFA, conclue le 26 novembre 2024. Il affirme avoir versé 11 millions en espèces et remis un chèque de 4 millions.
L’enquête relève toutefois plusieurs irrégularités dans l’acte de vente, notamment l’absence d’authentification notariale et de plusieurs mentions relatives au bien immobilier. Les témoignages recueillis auprès de Bassirou Guèye et de Mame Sémou Diouf vont, eux, dans le sens de l'existence d'un prêt de 10 millions garanti par les documents de la maison.
Pour Me Élimane Amar Kane, l’objectif véritable de l’usurier n’était pas le remboursement du prêt, mais de mettre la main sur le gage.
« L’intérêt de l’usurier, ce n’est pas le remboursement. L’intérêt de l’usurier est de s’accaparer du gage », a-t-il soutenu. L’avocat estime que la maison, dont la valeur pourrait atteindre 80 à 100 millions de francs CFA, ne pouvait raisonnablement être vendue pour 15 millions.
Selon lui, la transaction était profondément déséquilibrée. Il considère l’acte de vente comme un faux, estimant qu’au moment où Moustapha Dieng aurait voulu rembourser, Djibril Faye aurait refusé avant de chercher à s’approprier la maison. L’avocat de la partie civile réclame ainsi 100 millions de francs CFA de dommages et intérêts.
Le procureur a, lui aussi, sévèrement chargé le prévenu.
« Je ne pensais pas qu’on pouvait être aussi cynique envers une personne qui avait besoin d’aide », a-t-il déclaré. Selon le parquet, Moustapha Dieng avait besoin de 10 millions de francs CFA et s’était tourné vers des connaissances pour trouver un prêteur.
Le représentant du ministère public a insisté sur le caractère réglementé du prêt d’argent au Sénégal et dans l’espace UEMOA. Pour le parquet, ces éléments caractérisent un prêt usurier et Djibril Faye doit être déclaré coupable.
Le procureur lui reproche également d’avoir commis un faux en écritures, en référence à l’acte présenté comme une vente de la maison.
De son côté, Me Oumar Sène a tenté de démontrer tant bien que mal que son client, Djibril Faye, avait bel et bien acquired la maison dans le cadre d’une vente et non d'un prêt.
Le tribunal rendra son délibéré le mardi 13 octobre 2026.
Commentaires (27)
C'est le français des journalistes sénégalais qui fait mal à la tête...
Pour la prochaine fois !!!
Que des sans foi dans ce pays.
Et il n'est pas exclu que la victime de cette ignoble usure perde son procès.
Que des voleurs, des truands, des trafiquants de devises et de drogues et de politichiens traîtres et menteurs dans le Sénégal d’aujourd’hui. C’est dans ce pays qui est un pays de croyants musulmans et chrétiens à quasiment 99,99 % qu’on a le plus grand nombre de «Dorkats » au m2 au monde. Un pays où certains « Dorkats » se réveillent le matin et vont à la recherche de victimes à gruger.
L’hypocrisie, la fumisterie, les politichiens et les «Dorkats » ont fini par détruire le pays.
Certaines banques font çà. Il y a toute une mafia entre certaines banques en relation avec des avocats et certains magistrats qui s approprient les maisons de clients sur ces bases de prêts.
J au un ami qui a failli en être victime. Il a bagarré dur après une longue procédure qui a duré des années
Sinon émigré espagnol au Sénégal ça ne veut rien dire . C'est soit un espagnol immigré au Sénégal , soit un sénégalais émigré en Espagne.
J’ai notamment lu sur un autre site, dont je préfère taire le nom, des informations selon lesquelles l’émigré aurait des problèmes liés aux jeux de hasard et emprunterait de l’argent pour jouer, ce qu’on appelle les « loukhouss » en wolof. Par ailleurs, selon les informations dont je dispose, son propre frère aurait été témoin dans l’acte de vente, avec ses pièces d’identification.
Il me semble donc important de vérifier ces éléments et de recueillir les versions de toutes les parties avant de tirer des conclusions. Dans ce genre d’affaire, personne ne devrait être jugé uniquement sur la base d’une seule version des faits. Le rôle de la presse est justement d’aller au-delà des apparences, de vérifier les informations et de permettre au public de comprendre l’ensemble du dossier.
Je vous invite donc à approfondir cette affaire afin que vos lecteurs puissent se faire une opinion éclairée sur la base de faits vérifiés.
Participer à la Discussion
Règles de la communauté
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.
Se connecter
Commentez avec votre profil, votre photo, et soyez averti des réponses.