Affaire Softcare : Les explications du ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop
Prenant la parole lors de l’examen du rapport de la mission d’information parlementaire relative à la commercialisation des produits de marque Softcare au Sénégal, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop a répondu aux interpellations de quelques députés.
D’emblée, il a fait savoir que son département dispose de plusieurs structures de contrôle, notamment le Laboratoire national d’analyse et de contrôle (ANAC). Selon lui, aucun produit alimentaire n’entre au Sénégal sans certificat d’analyse délivré par ce laboratoire. « L’ANAC, c’est le laboratoire national de contrôle. Par contre, l’ANAC aujourd’hui n’est pas équipée pour les produits non alimentaires et Softcare en fait partie », a-t-il précisé.
Toutefois, Serigne Guèye Diop a annoncé le renforcement du dispositif de contrôle des produits non alimentaires. « Nous avons bien retenu vos propositions, c’est de renforcer le côté non alimentaire de l’ANAC », a-t-il déclaré.
« Il faut contrôler, mais aussi favoriser l’investissement »
Revenant sur les contrôles effectués sur le site de Softcare, le ministre a confirmé la présence d’agents assermentés de son département, en collaboration avec le ministère de la Santé. Il a indiqué que ces agents avaient constaté « des défaillances dans le système alimentaire, dans le système de qualité et dans le système de gestion des produits ». « Toutes les conclusions du rapport, nous les avons donc retenues », a-t-il assuré.
Dans la foulée, le ministre a proposé la mise en place d’une commission interministérielle associant notamment les ministères du Commerce, de la Santé et de l’Environnement afin d’assurer un meilleur suivi de ces questions.
Serigne Guèye Diop de déclarer qu’il est nécessaire de trouver un équilibre entre le contrôle des entreprises et la promotion de l’investissement. « Notre pays doit s’industrialiser. Le secteur industriel représente entre 22 et 25 % du PIB. Le gouvernement ambitionne de développer des zones industrielles dans les 45 départements du pays, avec pour objectif notamment de lutter contre le chômage. Il faut à la fois contrôler et réprimer les entreprises, mais une fois que ce contrôle est fait, nous devons encourager les investissements nationaux, régionaux et internationaux », a-t-il affirmé.
« Je vous demanderais, si c’est possible, de ne pas continuer cette commission d’enquête »
Le ministre a mis en garde contre le risque de voir le Sénégal perdre son attractivité pour les investisseurs si le pays était perçu uniquement comme un espace de répression des entreprises.
Abordant directement l’avenir de Softcare, Serigne Guèye Diop a estimé que l’entreprise devrait pouvoir bénéficier d’un « second souffle » après les mesures prises à son encontre. « Le Sénégal n’a aucun intérêt à fermer les entreprises. Une fois les contrôles effectués et les sanctions appliquées, l’entreprise doit pouvoir corriger ses manquements et poursuivre ses activités. Je vous demanderais, si c’est possible, c’est à vous d’apprécier, de ne pas continuer cette commission d’enquête qui va encore mettre la marque à terre », a-t-il lancé.
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