Vague de féminicides : Le silence coupable du ministère de la Famille !
Treize victimes depuis le début de l’année. Treize vies brisées, treize familles endeuillées, treize destins arrachés dans une indifférence institutionnelle qui devient, jour après jour, intolérable.
Ces derniers jours, les noms de Mame Diarra Sow (24 ans, tuée à Thiès), d’Aminata Sy (17 ans, tuée à Podor) et d’Astou Pierre (qui a succombé à ses brûlures après une attaque à l'acide) sont venus s'ajouter à une liste déjà trop longue. Derrière ces chiffres et ces noms, il y a des visages, des projets et un constat cruel : au Sénégal, être une femme continue de faire peser une menace mortelle sur sa propre existence.
Alors que l'indignation populaire grandit, que les mouvements féministes et la société civile élèvent la voix et que les citoyens demandent justice, une question s'impose à l'opinion publique : où est l'État ? Plus précisément, où se mure le ministère de la Famille et des Solidarités ?
En période de crise et face à la résurgence de violences extrêmes, le premier devoir d'une autorité de tutelle est d'incarner la puissance publique : condamner, rassurer et poser des actes. Or, face à ce massacre à huis clos, le silence du ministère de la Famille est assourdissant.
Ce mutisme n'est pas une simple faille de communication ; il est vécu par les victimes, leurs proches et la société tout entière comme une forme de mépris et de démission.
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Comment faire comprendre que la vie des femmes compte si l'institution nationale chargée de leur protection ne juge même pas nécessaire de publier une déclaration officielle, de manifester sa compassion ou d'annoncer des mesures d'urgence ?
Si l'action des forces de défense et de sécurité pour arrêter les suspects doit être saluée, la réponse à une violence systémique ne peut pas être uniquement répressive ou sécuritaire. Elle doit être éminemment politique.
Le silence des autorités ne fait que renforcer le sentiment d'impunité. Pour en finir avec la gestion au cas par cas des faits divers, le gouvernement et le ministère de tutelle doivent impérativement sortir de leur réserve et engager des actions concrètes :
Une prise de parole officielle et ferme : Le ministère de la Famille doit condamner sans équivoque ces crimes et affirmer la solidarité de la Nation envers les familles endeuillées.
La consécration pénale du féminicide : Il est urgent d'inscrire formellement le féminicide dans le Code pénal sénégalais afin d'adapter la qualification juridique à la réalité des crimes sexistes.
Un plan national de prévention et de protection : Cela passe par la création de centres d'accueil d'urgence pour les femmes menacées, le traitement prioritaire des plaintes pour violences conjugales et le renforcement des moyens d'accompagnement juridique et psychologique.
Chaque jour de silence institutionnel est un signal de faiblesse envoyé aux agresseurs. Le ministère de la Famille doit prendre ses responsabilités et assumer le rôle de rempart qu'attendent les citoyens.
Justice pour Mame Diarra, Aminata, Astou, et toutes celles que le système n'a pas su protéger.
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