News Feed
Lundi 2 novembre 2026
à Dakar
Close icon
Se connecter

Casamance : le secteur touristique plombé par l’enclavement et les promesses non tenues

Auteur: Max Euclide KANFANY Correspondant à Ziguinchor.

Casamance : le secteur touristique plombé par l’enclavement et les promesses non tenues

Casamance : le secteur touristique plombé par l’enclavement et les promesses non tenues

🎧 Écouter l'article
0:00
--:--
53 écoutes

​Malgré des plages idylliques, des mangroves luxuriantes et un patrimoine mémoriel d'une richesse exceptionnelle, la Casamance peine toujours à s’imposer comme la destination touristique majeure qu'elle devrait être. À l'occasion de la Journée internationale du tourisme, les acteurs du secteur ont vivement dénoncé un enclavement persistant, des infrastructures défaillantes et une suite de promesses ministérielles restées sans effet.

​Interpellant directement le ministre Alpha Thiam présent sur place, les professionnels régionaux ont dressé un bilan alarmant de leurs conditions de travail. « Il est temps qu’on mette fin à la récréation avec Air Sénégal », a martelé Alain Fiacre Badji, président du syndicat d’initiative de Ziguinchor, fustigeant la cherté excessive des billets d’avion et le manque de fiabilité des compagnies desservant le Sud. Selon lui, rallier le Cap Skirring s'avère aujourd'hui financièrement plus dissuasif que de s'envoler vers des destinations internationales concurrentes, un frein majeur pour la clientèle étrangère comme nationale.

​Crise des transports maritimes et abandon des infrastructures routières

​L’enclavement aérien se double d'une dégradation marquée des dessertes maritimes et routières. « Aujourd’hui, un seul navire assure la liaison entre Dakar et Ziguinchor, contre trois auparavant », rappelle Alain Fiacre Badji. Sur le réseau terrestre, la vétusté des axes routiers, en particulier le tronçon stratégique Ziguinchor–Kafountine, transforme les déplacements en véritables épreuves logistiques.

​À ce tableau s'ajoute la fermeture prolongée d’établissements hôteliers emblématiques, à l'instar du Royal ou de l’hôtel de Kabrousse, laissés à l'abandon alors que la demande globale reste forte. Une situation incompréhensible pour les acteurs locaux, au vu du potentiel unique de la région qui combine tourisme balnéaire, écotourisme, tourisme culturel et mémoriel.

​Le Cap Skirring face au différentiel de compétitivité avec la Gambie

​Directeur de l’hôtel La Marsu, Antoine Diatta exprime le ras-le-bol général des professionnels face à l'inaction publique : « Chaque année, le ministre vient, prononce des discours et repart sans que rien ne bouge. » Pour cet hôtelier, la priorité absolue réside dans la mise en place de liaisons aériennes régulières, abordables et connectées aux vols internationaux.

​Il pointe du doigt le manque de compétitivité tarifaire des infrastructures locales face à la concurrence voisine. « Pourquoi l’aéroport de Cap Skirring applique-t-il des redevances plus élevées que celui de la Gambie, située dans la même zone géographique ? », s'interroge-t-il. En conséquence de ces distorsions de coûts, près de 90 % de la clientèle privilégie les flux passant par le territoire gambien, plus accessible financièrement.

​Un plan d'action d'urgence réclamé par la profession

​Face à ce constat de crise, les opérateurs touristiques exigent un changement de cap radical. Ils réclament le rétablissement d'une flotte maritime adéquate entre Dakar et Ziguinchor, la réhabilitation d'urgence de la route de Kafountine, un plan de relance pour la réouverture des réceptifs fermés et une politique incitative en faveur du tourisme interne.

​Pour la profession, l'heure n'est plus aux déclarations d'intention mais à la mise en œuvre d'un plan d'urgence concret, condition préalable pour sauver les emplois du secteur et refaire de la Casamance le véritable moteur touristique du Sénégal.

⚡ Résumé express généré par IA, vérifié par la rédaction
- Les acteurs du tourisme en Casamance dénoncent un enclavement persistant, des infrastructures défaillantes et des promesses ministérielles non tenues. - Un seul navire assure la liaison Dakar-Ziguinchor contre trois auparavant, et la route Ziguinchor-Kafountine est vétuste. - Près de 90 % de la clientèle privilégie les flux passant par la Gambie, plus accessible financièrement.
Auteur: Max Euclide KANFANY Correspondant à Ziguinchor.
Publié le:
Mis à jour le:

Commentaires (2)

Trier par :
📈 En hausse : Zookeeper (3 👍)
Seuls les membres inscrits ayant reçu des 👍 apparaissent dans ce classement. Se connecter pour y figurer
  • avatar
    Seneweb.com il y a 1 mois
    Pourquoi autant d'articles sur la Casamance?
    Pourquoi dans ce cas ne pas revenir sur les réalisations de Sonko en Casamance? Non il n'en existe pas!
    Au contraire, il vole l'argent de la Casamance pour des voitures et des bureaux luxueux!
    Nous voulons la paix, foutez nous la paix!
  • avatar
    un observateur il y a 1 mois
    Demandez des comptes à votre leader, et arrêtez de nous saouler. D'ailleurs, où en est-il avec la monnaie casamançaise qu'il vous avait promis ?

Participer à la Discussion

Règles de la communauté
  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.

Emoji